AO TUE
certains régimes alimentaires pouvaient avoir une influence déterminante sur l’évolution des oxyures, et partant, si lors du traitement d’une Helminthiase, l'application d’un tel régime pouvait contribuer à la guérison. Dans cette question très controversée, nous avons tantôt vu préconiser des régimes lacto-végétariens ou des régimes plus carnés. On a souvent cherché à assurer une alimentation qui diminuerait l’acidité stomacale, pensant ainsi défavoriser l’évolution de la larve qui, comme on le sait, a besoin à un certain stade de sa transformation, d’un milieu acide. Beaucoup d’auteurs ont souligné qu’en pays à grande consommation de légumes, l’oxyure était très répandue. Nous pensons que la cause de cet état de choses est le plus grand nombre de possibilités de souillures qu’offrent les légumes consommés crus assez fréquemment, plutôt que la viande pour laquelle la cuisson a raison des éléments parasitaires.
Nous n’avons, quant à nous, pu observer réellement qu’une seule influence, celle de la consommation des sucres, dont nous avons parlé dans nos commentaires relatifs aux statistiques. Il conviendra de tenir compte de cette influence et de limiter l’ingestion de bonbons, friandises, chocolat et autres articles de pâtisserie. Ce serait cependant une grave erreur que bannir tout sucre de l’alimentation, des enfants surtout ; on aboutirait rapidement à des régimes carencés et à des résultats inverses de la régression des différents symptômes.
Certains auteurs allemands en particulier, ont étudié l’action de la consommation du pain dans les régimes alimentaires du porteur d’oxyures. WiEGAND semble avoir mis cette question au point en expliquant que le pain agissait, non point comme substance plus ou moins favorable à l’évolution des oxyures, mais comme agent vecteur des œufs de parasites. Cette action se limite à certaines grandes villes où le pain est fabriqué dans des centrales, puis souillé lors de son transport dans les différentes boulangeries où s’approvisionne le consommateur. Il conviendra donc d'éclairer les porteurs d’oxyures sur le choix de leur boulanger, afin qu’ils s’assurent que le pain passe dans le moins de mains possible.