OBSERVATION XVI
M. DANLOS. — Lymphangiome circonscrit de la langue. Annales de Dermatologie et de Syphiligraphie. Paris, 1904 Page 1013.
Il s’agit d’une jeune femme d’ailleurs bien portante, sans tare héréditaire, sans antécédents morbides personnels. L'affection remonte ou plutôt a été remarquée à l’âge de 7 ans Depuis elle s’est peu modifiée, subissant simplement à époques éloignées de plusieurs mois, sans périodicité, sans cause appréciable, quelquefois après traitement intempestif, une poussée temporaire caractérisée par un peu de douleur et de tuméfaction passagères. Quand la malade s’est présentée à nous pour la première fois, elle était précisément atteinte d'une poussée inflammatoire due à des badigeonnages avec une solution de permanganate potassique à titre inconnu. Des émoillients en ont vite triomphé et la langue a repris son eta' habituel.
La lésion occupe la moitié antérieure environ de la face dorsale. Ses limites sont nettes et un peu saillantes. Dans toute l'étendue malade, l'organe se montre hérissé de grosses
saillies cohérentes dont le volume varie depuis celui d’un grain
de millet à celui d'un grain de chènevis environ. Ces grains saillants sont de trois sortes : 1° vasculaires, variqueux rouges ; 2° transparents clairs analogues à des gouttes de rosée ou mieux à des grains de tapioca cuit ; 3° transparents avec axe vasculaire central. Ils sont irrégulièrement entremêlés avec prédominance des grains clairs. L'état morbide se limite au dos de la langue, cependant une traînée de granulations transparentes se montre à la face inférieure dans le sillon qui sépare les veines ranines. La langue n'est pour ainsi dire pas tuméfiée. Il n’y a pas de douleur spontanée et l'alimentation n’est pas douloureuse ; les liqueurs et les condiments déterminent seuls un peu de sensibilité. Aucun trouble digestif, santé générale bonne, sauf un peu de nervosité. Pas de naevi vasculaires sur le corps (au dire de la malade qui s’est refusée à tout examen). Quelques naevi pigmentaires et pileux sur la figure. Sauf cette absence de naevi vasculaires, ce cas est identique à ceux publiés par Brocq, Tenneson, etc. Le défaut d'évolution et le début dans l’enfance sinon la congénitalité, font rentrer cette lésion dans la classe des naevi.