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«en imposer à ces observateurs si compétents. Dans « les cas communs, la part du système sanguin com- « prend surtout les dilatations et les ruptures vascu- « Jaires, d'où les différents aspects cliniques et histolo- « giques, sur lesquels nous avons suffisamment insisté. « Somme toute, la part du système sanguin est cons- « tante mais accessoire dans la constitution de cette ma- « ladie, qui est essentiellement d'origine lymphatique.
Le Ilÿymphangiome circonscrit est-il uniquement formé aux dépens des éléments prééxistants du tissu envahi où y a-t-1il néoformation d'éléments ? En un mot, le lymphangiome circonscrit doit-il être nettement séparé des lymphangiectasres vraies ?
Certains auteurs pensaient qu'au moins théoriquement il convenait de séparer les Iymphangiectasies — varices lymphatiques — des lymphangiomes — néoplasmes lymphatiques. — Mais, disait Besnier, « le terme Iymi- « phangiome n’a pas de signification anatomique absolue; « il ne peut être dissocié que théoriquement et didacti- « quement du terme de lymphangiectasie ». [ei encore Brocq répondit à la question. Il exposa les trois ordres d'arguments qui, selon lui, militent en faveur de la nature néoplasique de la lésion. On trouvera dans son mémoire les caractères cliniques et étiologiques ainsi que les caractères histologiques qui lui ont permis de différencier les varices lymphatiques de l’hémo-lymphangiome.
Pour‘nous, l'examen attentif et minutieux des coupes histologiques, nous ont suggéré sur l’étiologie et la pathogénie des conceptions nouvelles, qui sont exposées en même temps que le résultat de nos constatations mi-
croscopiques dont voici le détail :
Les lésions de l’hémo-lymphangiome de la langue ne diffèrent que par quelques points de celles des hémolymphangiomes cutanés. Les lésions sont marquées au niveau de la couche de Malpighi, et au niveau de la couche superficielle du derme, c’est-à-dire à la couche sous-papillaire. La couche superficielle de l'épithélium ne semble pas altérée : elle ne présente ni phénomènes de kératose et d’épaississement, ni de parakératose. Si dans l'hémo-lymphangiome cutanée, le corps muqueux de Malpighi est souvent diminué, aminci par distension, et les bourgeons interpapillaires souvent disparus, on observe toujours dans l’hémo-lymphangiome de la langue un épaississement considérable de ce corps muqueux, et une hyperacanthose toujours très marquée. Il semble que la compression exercée par les vésicules lymphatiques ait obligé les cellules de Malpighi à se glisser sous forme de languettes plus ou moins volumineuses dans les-points où le tissu lymphatique laissait quelques intervalles. Ces formations de tissu composé de cellules de Malpighi, plus ou moins informes, acquièrent une très grande épaisseur, et c'est dans la couche superficielle elle-même que siègent les vésicules les plus volumineuses et les pus nombreuses.
Ces dilatations souvent considérables, mais de dimensions variables, sont généralement des sortes de petits kystes, à paroi très mince, mais où on peut presque toujours constater des cellules endothéliales plates, révélées en coupe seulement par leurs noyaux, alors même que le contenu du kyste est plus ou moins cons-
ütué par du sang. M. le Professeur Favre nous a mon-
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tré ces cellules qu'il a pu imprégner à l'argent, et a constaté qu'il s'agissait bien de cellules de l’endothélium lymphatique. La lésion, au reste, semble bien être à peu près entièrement constituée par ces dilatations. Le contenu de ces cavités est constitué soit par une matière amorphe, colorée en rose par l'érythrosine, soit par des globules rouges et blancs : soit enfin par les deux ensemble ; mais dans ce cas, les deux ne sont pas mélangés, mais emplissent deux parties distinctes du kyste, bien qu'on ne puisse observer aucune espèce de membrane entre les deux. Il s’agit vraisemblablement d’hémorragies dans les dilatations lymphatiques, par rupture de capillaires ; car, nous l'avons dit, partout l’endothélium lymphatique semble tapisser les cavités.
Dans les cas examinés, nous n'avons pas rencontré de cellules géantes, signalées par Tôrôk dans certains cas d'hémo-lymphangiomes cutanés.
La couche sous-papillaire présente également des cavités kystiques lymphatiques, tapissées de cellules endothéliales, mais de dimensions bien moins considérables ; elles sont assez irrégulières, et constituent évidemment le début du processus pathologique : on en trouve de toutes dimensions, parfois de simples dilatations lymphatiques à peine marquées. On doit signaler toutefois l'abondance de ces vaisseaux Iymphatiques, qui est beaucoup plus considérable que normalement, si on examine les points profonds de la lésion.
Si on examine les vaisseaux sanguins, on voit qu'ils parlcipent à ce processus de dilatation, mais dans des proportions infimes, par rapport aux vaisseaux Iymphatiques. En quelques points, ils présentent des lésions inflammatoires.