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être : l'hyperplasie du tissu lymphatique est toujours constatée par les auteurs ; cette hypothèse est probable ; mais quel est le rôle de l'inflammation citée par la plupart des auteurs, qui semble à peu près constante, sans qu'on lui ait attribué un rôle de quelque importance semble-t-11 ? IL doit venir à l'esprit que cette inflammation discrète, à peu près toujours constatée, dans les points où la lésion est la plus active, n’est pas sans avoir une certaine importance ; et c'est l'opinion de M. le Professeur Favre. S'agit-il là d'un processus inflammatoire chronique analogue à celui qu'on peut constater dans les lésions chroniques de la peau (lupus des membres... etc.) qui engendre souvent des varices lymphatiques bien spéciales, et parfois groupées ? Il ne s’agit évidemment pas ici de lupus ou d’autres lésions chroniques à spécificité connue ; néanmoins les cellules géantes observées par Tôrôk, l'hyperplasie conjonctive qu'il signale, et l'inflammation si constante ne semblent pas être des accidents d'infection occasionnelle venue de la surface. Les poussées successives signalées également dans l’hémo-lymphangiome, ces alternatives de lurgescence et d'affaissement, sur lesquelles insistent Brocq et Bernard, le développement du tissu fibreux sous la tumeur que les mêmes auteurs décrivent, tous ces faits ne sont pas sans attirer l'attention sur le processus inflammatoire qui est probablement leur cause ; peut être ne lui a-t-on pas accordé jusqu'ici dans les recherches pathogéniques une importance suffisante.
M. le Professeur Favre, au moment où nous terminions notre travail, observait un cas d'hémo-lymphangiome de-la joue intéressant par un ensemble de parli-
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cularités. Sans entrer dans le détail de la description, notre maître nous a fait remarquer la très grande étendue des lésions en profondeur. Les cavités kystiques se voient très profondément dans l'épaisseur du nodule que formait cette affection de la Joue. Ces cavilés sont très irrégulières, les unes petiles en simples fentes, d'autres beaucoup plus larges affectant un caractère de lacunes creusées au sein d’un tissu fibreux si dense qu'il offre en nombre de points un aspect tendiniforme. On voit cependant en maints endroits de ce tissu fibreux des nodules inflammatoires tantôt disposés le long de petits capillaires, tantôt groupés en amas au voisinage des lacunes lymphatiques. Les nerfs sont englobés par un {issu fibreux dense, les glandes de la joue présentent de profondes altérations : épaississement de leur trame conjonclive, infiltration de cellules inflammatoires, dilatation des canaux d'excrétion. Dans ce cas, la réaction fibreuse revêt une intensité extrême qu'il n’est pas habituel d'observer à ce degré. L'extension en profondeur des dilatations lymphatiques est un fait également remarquable dans celle pièce, mais il n'est pas exceplionnel. M. Favre nous disait que, d’après les faits qu'il a observés, les modifications des voies Ilymphatiques s'étendent souvent beaucoup plus profondément que ne le laisserait supposer le simple exairen clinique. L'intensité de la sclérose, le développement du tissu fibreux autour des nerfs, l'existence de nodules inflammaltoires en activité, les signes d'inflammation interstitielle des glandes sont dans cette pièce extrêmement accusés et montrent que les phénomènes sont beaucoup plus complexes que ne le laisserait supposer la formule qui ferait de l'hémo-lymphangiome une simple dilatation des voies lymphatiques.