CHAPITRE VI
TRATTEMENT
Sur les vingt-et-un cas d'hémo-lymphangiome de !a langue que nous publions, douze sont rapportés san: renseignement relatif au traitement. Les neuf autres cas ont été traités de façons différentes : l'éxérèse a été pratiquée par les uns, les moyens physiothérapiques onl été employés par les autres. Nous exposerons ici, sans prendre position, les thérapeutiques mises en œuvre et qui paraissent avoir été couronnées de succès, et celles qui ont abouti à des échecs.
C'est Samter (Observation VI) qui le premier a pratiqué l’ablation chirurgicale de la tumeur. Il a été suivi dans cette voie par Voituriez (Observation X1), Brocq (Observation XII), Camus (Observation XV), Worms (Observation XVIT) et Pautrier et Bernard (Observation XVIII). Aucun de ces auteurs ne mentionnent l'apparition de complications au cours ou à la suite de css
opérations. Pas d'hémorragies, pas de cicatrices gênan-
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les où choquantes, pas de récidive. La cicatrisation par première intention s'est toujours faite normalement. Camus, dans ses conclusions, est catégorique : « Le traitement de choix, dit-il, est l'ablation ». Worms se dit encouragé à intervenir chirurgicalement à la suite d'essais infructueux de radiothérapie. Brocq, après dixsept séances d'électrolyse négative, en est réduit à enlever la tumeur par morceaux. Il est à déplorer que Pautrier et Bernard, qui avaient l'intention d’abraser la tumeur et de faire ensuite agir le radium sur les éléments aberrants, n'aient point fait connaître les résullats qu'ils avaient ainsi obtenus.
M. le Professeur Nicolas, ayant observé, par la radiothérapie, la disparition totale d’un hémo-lymphangiome cutané de la région dorsale (voir l'Observation XIX), et envisagé les difficultés que présentait une intervention sur la langue, surtout quand la tumeur a son siège, comme dans le cas rapporté par l'Observation XX, à la partie postérieure de l'organe, a mis en œuvre toutes les ressources que lui offrait la physiothérapie. Voici les résultats obtenus :
Le malade, dont l'histoire est rapportée dans l'Observalion XIX, a été traité par les rayons X. Son état était très amélioré quand il a quitté le service. Si la tumeur n'avait pas complètement disparu, du moins avait-elle subi une régression appréciable. Trois ans après, maloré nos recherches, ce malade est resté introuvable : impossibilité donc de conclure définitivement sur des résultats immédiats.
P... Antoinette, fillette de 14 ans (Observation XX) a subi de nombreux traitements: successivement la neige
carbonique, la diathermie et l'électro-coagulation ont été employées pour la débarrasser de sa tumeur, Aucune amélioration ne se produisit. Aussi fut-elle adressée à M. le Professeur Bérard qui la soigna par la radiumpuncture (6 aiguilles de radium de 10 micro-curies laissées en place pendant 5 jours — du 5 au 10 février 1927 — et ayant détruit 7,2 millicuries). Elle sortit le 11 février de la salle Andrée Lumière « avec une amé- « horation déjà très nelle », écrivait M. le Professeur Bérard. Huit mois après ce traitement, nous écrivimes à la petite malade pour lui demander des renseignements sur son état. Il nous fut répondu, à la date du 9 octobre 1927, textuellement ceci : « à mon retour de « Lyon la tumeur avait presque disparu, maintenant ça « revient. Je trouve qu'à mesure que je grandis, le « mal grandit aussi ».
L'étudiant bulgare (Observation XXI) a été exclusivement traité par la radiothérapie (mars 1927): la tumeur semblait disparaître. Au mois d'octobre dernier, il revenait consulter M. le Docteur Lebœuf : l’hémolymphangiome de sa langue récidivait.
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