‹ Contribution à l'Étude de l'HémogénieChapitre 20 sur 24 · PR TE SET NN RP ER EN · texte numérisé non relu

PR TE SET NN RP ER EN

Bb un autre côté, si nous reprenons nos observations et en considérant les résultats heureux que nous avons pu obtenir dans certains cas, nous conseillerons la méthode suivante :

Traitement des accidents hémorragiques immédiats. — Au point de vue local, nous employons de préférence comme hémostatique le sérum anti-diphtérique en tamponnements. Il est sur tout actif dans les épistaxis et les gingivorragies ou les plaies par avulsion dentaire.- |

La cautérisation est un moyen dont il faut se méfier, soit ignée, soit médicamenteuse, car elle crée au niveau de la plaie une surface sphacélée, croûteuse qui s’écorche au moindre frottement et de plus elle diminue la vitalité des tissus et retarde la cicatri. sation. -

Dans toutes les formes des hémorragies, on peut employer les hémostatiques habituels, adrénaline, rétropituitrine, ergotine, ete. dont les actions sont d’ailleurs inconstantes.

Le sérum citraté de Normet, dans un cas (observation IX) semble avoir donné un résultat satisfaisant. :

D'ordinaire, dans nos cas, nous avons employé l’Anthéma ou

l’hémostyl en injections à la dose de'r0 à 20 cm3 par jour, mais tout ceci ne représente qu'un traitement palliatif.

La transfusion. — D'abord, éliminons tout de suite la grande transfusion de 3 à 500 cm3. En général, les résultats sont mauvais, parfois désastreux. Dans motre observation VI, notre malade, traitée à Béziers, aurait fait des accidents à type hémoclasique très violents. Bien que toutes les précautions soient prises au point de vue groupe sanguin, c'est un fait signalé par les auteurs, les hémogéniques sont dans un tel état d’instabilité sanguine que souvent des transfusions de 0 à 4o cm3 seulement déclanchent un choc très prononcé et risquent d'amener des accidents graves ; donc la transfusion n’est pas à recommander.

Injections intra-musculaires. — Au contraire, nous sommes très partisans de l’injection intra-musculaire de sang.

Elle nous donne d’excellents résultats.

Nous commençons par faire une série d’injections de 20 à ‘ho-cm3 selon les cas de sang intra-musculaire à » ou 3 jours d’intervalle. En même temps, nous administrons 10 centigrammes

d'extrait hépatique en injection de préférence, à défaut sous forme

d'extrait sec ou, à défaut de tout cela, nous faisons absorber du foie frais hâché à notre malade. Au bout de 8 à ro jours de ce traitement, nous instituons le traitement radiothérapique.

Traitement radiothérapique. — Wolf et Merklen, qui se sont le plus occupés de cette question, prétendent que les effets heu-

reux de ce traitement sur les hémorragies dépassent rarement une semaine après quoi les accidents reprennent. PAGNIEZ irradiait un territoire vasculaire quelconque, la paume de la maim par exemple alors que les auteurs précédents faisaient de l’irradiation splénique. Quant à ISCH WALL, il prétend m'avoir pas rencontré de résultats satisfaisonts et qu’au contraire la radiothérapie splénique à parfois augmenté les hémorragies et en a même créé de nouvelles. -

Contrairement à ces auteurs, la radiothérapie splénique et l'’irradiation de la moelle des os nous a donné dans trois cas des résultats indiscutables et presque immédiats ; l’une (observation I) fillette de 5 ans, amenée à la consultation en 1927, saignait quotidiennement (épistaxis et gingivorragie), traitées par injections intra-musculaires de sang et radiothérapie, les hémorragies cessent et durant deux ans elle n’a qu’une seule hémorragie à la suite d’une plaie de la lèvre avec rapparition de purpura. Deux séances de radiothérapie enrayent immédiatement à nouveau tous les phénomènes et durant plus de ro mois, l’enfant fut en excellente santé. Nous la croyions guérie quand, brusquement, le 26 Juin 1930, on nous l’a ramenée à l'hôpital .atteinte de rougeole, ayant une épistaxis et des phénomènes d’hémorragie intestinale. Elle est actuellement en traitement.

Dans ce cas, si la guérison ne semble pas avoir été définitive, du moins pendant près de 2 ans +, la radiothérapie a, par deux fois, enrayé immédiatement des hémorragies menaçantes et n’aurait-on eu que ce résultat, ce serait déjà une action appréciable. Quant aux phénomènes actuels, il est juste de penser qu’ils sont sous l'influence de la rougeole ; des cas de purpura consécutifs à la rougeole sont connus et cela chez des sujets non entachés d’hémogénie. Aussi, il m'y a rien d'étonnant à ce qu’une enfant qui a eu des accidents hémorragiques et qui présente donc de ce fait un terrain malgré tout instable, fasse à ce moment une nouvelle poussée hémogénique, probablement par un fléchissement passager de sa fonction sanguine hépatique. Nous nous proposons d’instituer une nouvelle série de séances radiothérapiques dont nous publierons ultérieurement les résultats.

Dans l'observation II, garçon de 16 ans, il a reçu aussi six séances de rayons et m'a plus saigné depuis, ni présenté d’écchymoses ; il paraît complètement guéri.

Observation ITI, garçon de 13 ans. À reçu dix séances de radiothérapie, les hémorragies ont cessé immédiatement et ne se sont plus reproduites.

Technique. — Nous pratiquons la radiothérapie de la façon suivante :

PT

= mi

Filtre 6, distance 30 centimètres, irradiation de la rate — H, en 10 minutes. On renouvelle cette irradiation toutes les semaines ; de plus, deux fois par semaine, on fait une irradiation d’une articulation, genou, coude, poignet, en alternant avec une distance de 29 centimètres avec le même filtre, > H. chaque fois (14 minutes). En général, dès les premières séances, les hémorragies ant cessé.

En ce qui concérne la splénectomie, il est possible qu'elle ait donné quelques résultats, mais le seul cas que nous possédons n'est pas encourageant (observation VI). D'abord. l'intervention, quoi qu'en dise ses partisans, est loin d’être aussi anodine qu'ils veulent bien l’affirmer car, outre les risques opératoires habituels, n'oublions pas que chez les hémogéniques, par le seul fait de l’in-

cision elle-même, nous risquons une hémorragie qui peut être fatale.

C'est ce qui a failli arriver à Mme G... (observation VD et à Mme Ch. (observation IX).

De plus, dans le cas que nous possédons, l'arrêt des hémor-

ragies n’a été que passager et, actuellement, quand cette femme est

venue nous trouver, elle saignait autant qu'avant son intervention. Actuellement, émettant l'hypothèse de la présence d’une rate accessoire peut-être, nous avons institué un traitement radiothérapique encore #rop récent pour que nous puissions tirer des conclusions. Donc, en résumé, nous appuyant sur les déductions pathogéniques que nous avons pu tirer et qui prennent comme cause de l’hémogénie un trouble dans la fonction hémalo-poiétique des organe hépato-spléno-médullaire, de plus, surtout devant les résultats indiscutables obtenus, nous instituons le traitement consistant :

1° Lutte contre les hémôrragies par les hémostatiques habituels ;

2° Injections intra-musculaires de sang à petite dose et répétées ; en même temps médication opothérapique hépatique ;

3° Enfin, traitement radiothérapique par irradiation de la rate et de lamoelle des os longs, traitement qui semble agir d’autant mieux qu'il est précédé d’injections sanguines.

Nous n’avons pas la prétention d'obtenir des résultats thérapeutiques définitifs peut-être, mais il est un fait, © est que Île traitement radiothérapique, associé au traitement médical, tel que nous le concevons, traitement peut-être symptomatique et empirique n’en arrête pas moins les hémorragies sans grand risque et c’est au fond tout ce que réclame le malade,

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