DE NUE
globules rouges, dont la résistance est affaiblie. Puis l’hémoglobine,mise en liberté dans le plasma,passe en partie dans les urines. Si la dissolution globulaire est fort abondante, une partie de l'hémoglobine transsudée pénètre dans les lacunes lymphatiques où elle se transforme et donne lieu à la teinte ictérique des téguments. Enfin ,quelquefois on en trouve des traces dans le contenu de l’intestin comme cela arrive chez l'animal,quand on lui a injecté une forte dose d’hémoglobine.
M. Lépine a été un des plus ardents défenseurs de cette manière de voir,et a bien développé la pathogénie de l'affection ainsi comprise. Avec Kuessner et beaucoup d’autres,il admet l'hémoglobinhémie,et l'expérience d’Erlich lui démontre la nécessité de l'action du froid pour produire ce phénomène. L’hémoglobinhémie explique tous les symptômes, le frisson suivi de fièvre, l'augmentation de volume et la sensibilité anormale du foie et de la rate, l'ictère. Et il s'appuie comme Lichtheim sur des expériences;l’injection dans les veines d’un animal,de sang dont les globules ont été préalablement dissous par la congélation, fait apparaitre bientôt l’hémoglobinurie. Il faut s'adresser non pas à un lapin qui meurt trop tôt, mais à un chien, et injecter seulement 1/60 de la quantité d'hémoglobine que l'animal possède lui-même (Ponfick). Si d'autre partoninjecte une quantité plus faible, il n'y a pas hémoglobinurie mais polycholie,et souvent ictère. Dans ce cas,le foie a suffi à débarrasser le sang de l’hémoglobine en excès.Chez l'homme, Kobler et Obermayer, chez un malade de la clinique de Nothnagel, ont constaté une diminution de 1/20 de l'hémoglobine dans deux altaques successives,
SEP pa
quantité qui se rapproche de celle nécessaire pour produire Phémoglobinurie chez le chien. Enfin, M. Lépine conclut que le symptôme le plus important est l’'hémoglobinhémie, car dans certains accès l’hémoglobinurie peut manquer, quoique l'accès soit typique, c’est que dans ce cas le foie a été suffisant pour arrêter l’hémoglobine dissoute.
Pour beaucoup d’autres auteurs au contraire, le froid agit simplement en mettant en branle un reflexe, c’est bien plutôt le refroidissement qui agit que le froid. Cette manière de voir est ancienne. Bartels,de Kiel,et Botkin,de Saint-Pétershbourg,pensèrent que sous l’action du froid la peau devenait anémique, et que par compensation il se formait une hypérémie active du côté des reins. Pour Botkin,cette anémie serait favorisée par un état parétique des centres vaso-moteurs.
Plus récemment Salle soutint une théorie analogue ; pour lui,il s’agit d’une névrose vaso-motrice, d’origine et de nature hématopoiétique, ayant pour caractère d’être constante et de présenter des exacerbations paroxystiques sous l'influence de causes extérieures, agissant sur la peau, comme un refroidissement brusque. Le sang toujours hémoglobinhémique, agit constamment sur la sen: sibilité de l'endocarde en excitant le nerf dépresseur de la circulation de Cyon ; d’où congestion des viscères par vaso-dilatation et par vaso-constriction des téguments. Pour M. A. Robin le froid agit en provoquant une congestion rénale aigue, qui aboutit à l’hémoglobinurie par suite d’une altération du sang, relevant d’un trouble général de la nutrition.
Pour M. Hayem le froid agit vraisemblablement par l’intermédiaire d’un reflexe.
Cette manière de voir nous paraît plus conforme aux idées actuelles sur l’hémoglobinurie. En effet, depuis les recherches de Hayem,la théorie de l'hémoglobinhémie ne peut plus être soutenue et on doit donc admettre que le froid agit indirectement en provoquant un reflexe vasomoteur. D'ailleurs cette idée explique bien pourquoi c'est le refroidissement qui agit. et non le froid. Enfin, si l’on étudie les autres causes beaucoup plus rares il est vrai des accès, on voit quil s'agit aussi d'excitations soit périphériques, soit centrales, provoquant un reflexe. C'est ainsi qu'agissent les pointes de feu le long de la colonne vertébrale, et aussi les contrariétés, les frayeurs ; enfin la marche doit agir de même. M. Gallois a bien émis l’idée que les brûlures, la fatigue donnaient naissance à des subtances toxiques qui détermineraient l’accès ; mais les pointes de feu forment des brûlures bien peu étendues, et dans certaines observations où la marche est regardée
comme la cause provocatrice des accès, on trouve à noter ce fait,que d’autresexercices musculaires,même longtemps prolongés, ne provoquaient pas d'accès. Il s’agit donc bien toujours de la mise en jeu d’un reflexe, dont le point de départ est, dans la majorité des cas, un refroidissement périphérique, plus rarement d’autres excitations nerveuses.
Mais l’aboutissant de ce reflexe n’est pas seulement l'hypérémie rénale ; le froid a mis en branle le système nerveux, qui répond par une série de phénomènes.
Tous les symptômes observés pendant l’accès sont d'ordre névropathique, le frisson, la pesanteur des lombes,