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la sensation de constriction épigastrique, la cyanose et le refroidissement des extrèmités, etil n'est pas besoin de l'hémoglobinhémie pour les expliquer. Tous ces phénomènes au contraire indiquent bien un trouble dans le fonctionnement du système nerveux, etce trouble peut être localisé dans la sphère du grand sympathique.
On peut rapprocher ces phénomènes de ceux observés dans certains cas d’albuminurie intermittente ou eyelique, comme l'ont déjà fait Ralfe et Van Noorden. Il y a en effet de grandes analogies entre cette affection et l’hémoglobinurie paroxystique. Elle est caractérisée, comme le dit M. Marie dans une de ses leçons cliniques de l Hôtel-Dieu, par « une albuminurie survenant chez des sujets sains en apparence, suivant un mode intermittent, soumis à certaines influences » et ces influences sont le refroidissement, et aussi particulièrement l’action des bains froids, que nous trouvons comme cause de l’accès d’hémoglobinurie dans l’observation de Martel de Saint-Malo, (Soc. Méd. hop. 24 fév. 88, observation IV),et la position debout avec ou sans travail musculaire concomittant, tandis que les autres exercices ne provoquent pas l'accès. On ne peut s'empêcher de rapprocher cette action de celle de la marche prolongée. Enfin on trouve encore comme cause déterminante, une vive contrariété et l'influence des orages.
L'accès lui-même ressemble passablement à celui de l'hémoglobinurie, il suffit de lire la facon dont le malade de M. Marie raconte sa crise pour êfre frappé.«Ge malade, « dit l’auteur, est très intelligent et on peut avoir une «entière confiance dans ses dires, car il à cherché à
Pr rTiree
« analyser aussi exactement qu’il lui a été possible des «sensations très complexes ». Or il éprouve d’abord des battements dans la région rénale, puis une sensation d’oppression remontant à la base du thorax vers la partie supérieure, une gêne de la respiration pouvant durer plusieurs heures,et,pour M. Marie,« ces sensations seraient « selon toute vraisemblance sous l'influence d’un trouble « survenu dans le fonctionnement du nerf viscéral par «excellence, c’est-à-dire du grand sympathique. » Ce malade présentait de plus d’autres phénomènes relevant encore d’une façon évidente du grand sympathique ; c'est ainsi qu'il présentait, sous l'influence d’aliments acides vinaigrés, ou quand on le plongeait dans un bain à 40% 0c., de la vaso dilatation et de la sudation, sur toute la moitié gauche de la face. Et pour M. Marie, si la nature exclusivement nerveuse et sympathique de ces manifestations morbides n’est pas démontrée, il y a tout au moins une grande probabilité en faveur de cette manière de voir. Or,il y a très peu de différence entre cet accès d’albuminurie intermittente et les faux accès d'hémoglobinurie paroxystique où l’hémoglobine manque et où l’albumine existe seule. Ralfe avait déjà fait ce rapprochement. Pour lui, dans l’accès d’albuminurie intermittente, le foié et la rate suffisent à détruire de la matière colorante, et l’albumine seule est éliminée par le rein, c'est-à-dire que c’est une hémoglobinurie avortée.
Il resterait à démontrer pourquoi ce trouble dans le fonctionnement du grand sympathique aboutit chez ces malades à l'élimination de l’hémoglobine par l'urine, que l'hypérémie rénale est insuffisante à expliquer. Car c’est