OBSERVATION II
Recueillie dans le service de M. Lannelongue.
V... Lucien, relieur, âgé de 14 ans, entre à l'Hôpital - des Enfants-Malades, Salle Giraldès n° 20, le 24 novembre 1899.
Antécédents Héréditaires. — La mère du petit malade est d’une très bonne santé ; le pèrede celle-ci fut atteint dès son enfance, d’épistaxis rebelles qui s’atténuèrent avec l’âge ; Il mourut, loin de sa famille à 92 ans, d'accidents mal déterminés. Le peu que l’on sait est qu’il mourut subitement à la suite d’une chute très légère.
Le petit malade a un frère qui jusqu’à l’âge de 20 ans fut atteint de la même infirmité que lui ; ses salgnements de nez très fréquents n’ont finit qu’à l’époque de son service militaire qu’il achève actuellement. Un autre frère, et une sœur sont en bonne santé et n’ont jamais présenté de tendance spéciale aux hémorrhagies.
Antécédents personnels. — Jusqu'à l’âge de 10 ans, il ne présenta lui-même, rien d’anormal ; il eutune rougeole légère, qui évolua sans complications, vers l’âge de 5 ou 6 ans. Cependant, il était sujet à des
ce
épistaxis répétées mais ne présentant pas de gravité.
A l’âge de 16 ans, apparaissent des hémorrhagies inquiétantes ; à certains moments, les épistaxis se renouvellent quotidiennementet plusieurs fois par jour, s’'accompagnant de maux de tête variables dans leur intensité. Le moindre coup qu’il se donne, le moindre froissement qu'il subit, sont l’origme de suffusions sanquines étendues,
Le 20 juin 1899. il entre une première fois aux Enfants Malades, Salle Baffos, pour une tumeur siégeant à la partie postéro-interne de la cuisse gauche; cette tumeur est volumineuse, dure, tendre, fluctuante. Malgré la présence des épistaxis, le diagnostic posé fut celui d’abcès froid, et l’on décida de ponctionner cette tumeur. La nature sanguine du liquide fut alors reconnue et le diagnostic fut modifié : hématome chez un hémophile. Il sortit quéri le 20 juillet. Pendant ce premier séjour à l’Hôpital, l’évolution avait été apyrétique.
Le 24 novembre 1899, il se présente de nouveau à l'Hôpital; son facies dénote l’anémie la plus profonde. Les muqueuses sontdécolorées, les lèvres légèrement violacées: les téguments ont la couleur de la cire jaune ; le pouls est fréquent, la respiration est courte; tout dénote un état général grave, et la figure anxieuse du malade ne fait que confirmer cette opinion. Si l’on découvre l'enfant, on est d’abord frappé par des ecchymoses multiples, sur le tronc à plusieurs points, à droite
sur la face interne de la cuisse, sur la crête du tibia
en deux ou trois endroits, Ces ecchymoses de forme variable, ont des teintes diverses variant du jaune au noir.
Sa cuisse gauche est énorme; les mensurations comparées des deux cuisses donnent :
Côté sain Côté malade Contre le pérméé … ::.. 88 cent. 52 cent.
Au milieu de la cuisse. . 36 cent. 49 cent.
Contre le Genoa 228 cent, 34 cent.
Le membre semble renfermer une tumeur appartenant à la région externe, ce qui lui donne un axe curviligne, convexe en dehors, et ferait penser à une fracture du fémur sous-jacente à la tumeur, si lPintégrité du squelette n’était constatée parles mouvements qu’on peut imprimer à la cuisse. Cet énorme manchon qui en enveloppe la moitié externe est de coloralion noire, plutôt verdâtre que violacée, avec une teinte rouge sombre vers sa partie centrale.
La tumeur est diffuse, sans limite précises, se perdaut en haut dans la fesse, en bas dans le mollet Le pli de l’aine et le creux poplité sont comblés et ont disparu ; toute cette masse paraît très tendue, la peau est luisante. La fluctuation y est nette à sa partie moyenne, moins précise sur Jes bords, où elle est diffuse.
La jambe traduit par un œdèrwe considérable la gêne de la circulation en retour. Etle malade souffre même au repos ; la pression sur la tumeur réveille une vive sensibilité, le moindre mouvement imprimé au membre
inférieur fait naître la douleur.
mi
Pendant cet examen, l'enfant se plaint d’essoufflement ; l’auscultation du cœur révèle un bruit de souffle au niveau de l'artère pulmonaire. T. 39°,2.
Cet ensemble symptomatique grave, tant au point de vue général qu’au point de vue local, ne remonte qu’à quelques jours. L'enfant prétend bien avoir reçu un coup de pied à la cuisse, mais ni lui ni ses parents ne semblent y attacher beaucoup d'importance ; et d’ailleurs la tumeur ne s’est développée que 2 ou 3 jours après, et elle ne s’est accrue que lentement et progressivement ; alors des lypothimies, des vertiges, de la céphalée ont apparu pendant que la cuisse prenait de jour en jour un volume effrayant. Les parents alors w’ont plus hésité à le conduire dans le service.
Le membre malade est mis dans une qouttière et on fait une légère compression avec une bande de toile.
Le 26. — La température monte à 40°,2.
Le 27. — La température est à 38°,2. La cuisse est moins volumineuse, la peau moins tendue, moins lisse, moins colorée. Le malade est moins abattu ; il ne souffre plus. Mais les veines de la jambe sont dilatées, et dans le pli de laine ont sent facilement des qanglions engorgés.
Le 29. — La cuisse a encore diminué de volume ; la fièvre est tombée. Les ecchymoses qu’il présentait un peu partout sur le corps ont disparu.
Le 4 décembre la coloration de sa cuisse est redevenue normale.
Les 24 et 25 décembre, le malade à des épistaxis
peu abondantes que l’on arrête sans difficulté,
TT rie
Au moment de son départ pour la Roche Guyon, le 22 janvier 1900, sa cuisse n’a pas encore recouvré sa grosseur normale.
Nous avons revu ce jeune malade le 19 mai 1900. Pendant son séjour à la Roche Guyon, il nous dit avoir eu des épistaxis abondantes, et assez répétées qui étaient arrêtées par l'absorption de quinine. Ces épistaxis élaient accompagnées de violents maux de tête.
La cuisse a repris son volume normal, les ganglions inguinaux ont disparu et le jeune malade travaille de puis une quinzaine dans un magasin de reliure, Il y à quelques jours, ses deux coudes ont subi un gonflement, accompagné de douleurs; la peau était rouye et il n’a pu travailler de 4 jours. Ses épistaxis seraient, depuis son retour de la Roche Guyon, moins fréquentes
et moins abondantes,
ba à > pr, j 42 4 v" «+ A Ne, = = ei 4 ; E a NES s É ):
| AE % SE : Le & L " SONDE LATE : : LÉ LE 5 e
ee ER Pas avi nat ne srahsitnse
ORAN. DUT LS CU ace ane fé & 5 | NE des a ar ic ñ rt jun DA Tes +5 tion ‘ 2. Se ENTIET Fa an dt sbnipi pe ETES Pt NEA
vieu ia ani ne e ne
signe
re re ka du: At: sertie bi renal Hg si D l. : -aÿgesuites ar slash 4 à to DE nr Euro ne
= ne ’ r Rs 5: À