III. — Du cas où les deux parents
sont diabétiques
C’est là une éventualité assez rare. Elle se présente pourtant quelquefois, et Pinctus et White rapportent aïnsi plusieurs cas. À la première génération, sur l’ensemble de ces cas, un seul enfant fut atteint d’un diabête grave, et mourut en bas âge. Les 16 autres enfants de cette génération étaient apparemment normaux. À la génération suivante, les 27 enfants étaient encore apparemment normaux. Rappelons que les auteurs n’envisagent de l'apparition d’un diabète et non l’existence de troubles discrets du métabolisme des hydrates de carbone. Ce n’est qu’à la troisième génération que le diabète réapparaît et dans une proportion importante, puisque sur 15 enfants, 9 deviennent plus ou moins tardivement des diabétiques. On voit par cet exemple où les conditions semblent réalisées au maximum pour la transmission de la tare héréditaire, combien il semble difficile de porter un pronostic. Dans le cas présent, cette étude des familles diabétiques porte sur quatre générations, et ce n’est réellement qu'après deux générations que réapparaît, dans le cycle évolutif, la tare diabétique. Il est évident qu’une étude plus vaste révèlerait probablement de telles réapparitions après une interrup-
tion plus longue encore. C’est ainsi que le diabète semble apparaître brusquement dans certaines familles alors qu’en réalité il existait à quelques générations antérieures, qui échappent à notre observation. Joslin rapporte des cas caractéristiques où le diabète frappe alors toute l'étendue de la génération. Dans une famille de 7 enfants, tous sont atteints, alors que les antécédents ne révèlent aucun diabète familial. Dans un cas analogue, 12 frères et sœurs sont tous atteints de forme grave de diabète. Ainsi, hérédité réelle échappe-t-elle à nos recherches portant généra-
lement sur deux ou trois générations.