‹ Contribution à l'étude de l'hérédité du diabète sucré: Considérations d'hygiène préventiveChapitre 19 sur 29 · IV. — L’hérédité du diabète bénin · texte numérisé non relu

IV. — L’hérédité du diabète bénin

Les deux grandes formes cliniques de diabète ne présentent ni la même allure clinique ni la même pathogénie. Il est ainsi intéressant de les opposer dans les statistiques de l'hérédité diabétique. Dans le diabète bénin que nous allons d’abord envisager, il est une cause d'erreur que nous avons déjà indiquée, dans la discrimination réelle du facteur héréditaire. Bouchardat avait déjà montré l'importance des habitudes de suralimentation dans certaines familles, et combien il est difficile de faire alors la part de ce qui revient à l’hérédité diabétique. Le professeur Labbé insiste également sur ce point. Il oppose le diabète vraiment héréditaire au diabète résultant d’une « éducation morbide ». Certes, il est important de souligner le rôle de ces habitudes alimentaires néfastes.

Elles entraînent l’apparition fréquente d’une obésité accompagnée ou non d’une glycosurie, souvent associée aussi réellement à un diabète bénin. Au contraire, lorsque chez un enfant aux habitudes alimentaires normales, de poids également normal, on assiste à l’apparition d’un diabète, il semble logique d’admettre alors le rôle plus important du facteur héréditaire.

Les statistiques publiées par le profe:seur Labbé, en 1935, donnent les chiffres suivants :

Dans le diabète sans dénutrition, il existe une proportion de diabètes héréditaires de 20 %, se répartissant ainsi :

Chez le grand-père, dans 1,2 % des cas;

Chez le père, dans 8,8 % ;

Chez la mère, dans 7,5 % ;:

Chez les frères et sœurs, dans 5 % des cas.

Ces chiffres concordent dans l’ensemble avec ceux des travaux publiés en Allemagne et aux Etats-Unis. Pourtant, le professeur Labbé les considère comme trop élevés. Il accorde un rôle des plus modestes à l’hérédité, dans la pathogénie de cette forme de diabète bénin. Ce diabète, en effet, ne serait pour lui héréditaire que très rarement. Joslin admet aussi que dans cette forme l’hérédité n’apparaît pas fatale. A condition d’éviter les fautes alimentaires, les enfants des diabétiques pourraient, selon lui, échapper souvent à la maladie.

Karl Grube souligne l’importance des conditions sociales dans lesquelles vivent les familles de diabétiques. Il montre la fréquence plus grande du diabète avec la vie sédentaire et les excès de table. Ainsi,

pour ces quelques auteurs, l'hérédité jouerait un rôlé minime dans le diabète bénin. Nous reviendrons ulté-

rieurement sur cette opinion.

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