‹ Contribution À L'Étude De L'Héréo-Syphilis Du Larynx Et Particulièrement De Ses Formes TardivesChapitre 19 sur 24 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

Hérédo-syphilis. — Lésions cicatricielles du voile et du pharynx. — Epiglolte fortement échancrée. — Infiltralion des bandes ventriculaires et de la corde vocale droite. — Palmure des cordes vocales. — Infiltration sous-glottique. — Dyspnée intense. — Aphonie.

17%," on2e ansisentre à l'hôpital le 1% juin 1919 pour de l'oppression très marquée accompagnée d’un bruit de sifflement et d'aphonie.

Antécédents héréditaires. — Père souffrant depuis plus d'un an de crises gastriques très douloureuses nécessitant dès leur apparition l'interruption de tout travail. Il est actuellement traité dans sa famille par des piqûres de HgL2.

Pas de renseignements précis sur la mère.

Antécédents collatéraux. — Pas de frères ou sœurs

Pa

morts en bas âge. Un frère de quatorze ans et une sœur, tous deux auraient une bonne santé habituelle.

L'enfant ignore la date de ses premiers pas.

Antécédents personnels. — A cinq ans, elle aurait présenté des troubles de la vue : seule la perception des gros objets vus comme à travers un brouillard était possible.

De cette affection accompagnée de photophobie il ne reste actuellement aucun vestige appréciable. La vision est normale.

L'affection actuelle paraît remonter au mois de janvier 1919. À cette époque la petite malade aurait eu des maux de gorge s'accompagnant de dyspnée progressive, surtout marquée la nuit. Un médecin consulté ordonna des gargarismes. Les mois suivants l’état de la malade empira. La dyspnée, tolérable le jour, était inquiétante la nuit. De temps à autre et principalement pendant la nuit, survenaient soudainement des crises de suffocation qui obligeaient la petite malade à se lever pour ne pas étouffer. Un bruit de sifflement accompagnait la respiration et les secousses de toux étaient suivies d’expectorations purulentes et sanguinolentes.

Une dernière crise de suffocation plus aiguë que les précédentes fit admettre la malade d'urgence à l'hôpital où elle fut immédiatement trachéotomisée.

L'examen de la malade pratiqué avant l'opération permit de constater les lésions suivantes :

Gorge et pharynx :

Une bride cicatricielle épaisse réunit la base de la langue à gauche avec le côté correspondant du voile du palais. Il est impossible de retrouver un vestige de la luette. Le voile du palais est devenu une nappe fibroïde.

Les piliers sont remplacés par des brides scléreuses, blanchâtres, plus ou moins étoilées. L'isthme bucco-pharyngien rétréci présente la conformation d’un triangle curviligne à sommet supérieur.

Pas de dystrophie dentaire.

LME Re

La laryngoscopie montre une sténose plus prononcée vers la commissure antérieure. La laryngoscopie directe ne montre rien de plus.

On commence une série de vingt piqûres de 0,02 Hgf, une piqüre tous les deux Jours.

La série est terminée le 23 août.

15 septembre, — On recommence une nouvelle série de vingt piqûres de 0,02 Hgl°.

Cette série est terminée le 27 octobre.

Le 19 septembre, on enlève la canule qui sort dans le pansement, accident survenu plusieurs fois antérieurement ; on la replace et la trachée la repousse de nouveau, ce qui fait soupconner un rétrécissement trachéal.

30 octobre.— Examen laryngoscopique après badigeonnages à la cocaïne et à l'adrénaline.

A droite, soudure du bord de l'épiglotte avec la paroi latérale du pharynx. L'épiglotte est fortement échancrée. Hypertrophie des bandes ventriculaires qui arrivent au contact. La corde vocale droite, rouge, rugueuse, immobile, ne fait qu'un avec la bande.

La corde vocale gauche est peu mobile.

Les aryténoïdes sont gros et rouges.

Rétrécissement cicatriciel sous-glottique dont la lumière représente une fente étroite allongée dans le sens antéropostérieur.

La malade est toujours aphone. Elle souffle facilement à 50 centimètres la flamme d'une lampe à alcool.

Rhinoscopie antérieure et postérieure négative.

Acuité auditive diminuée également des deux côtés :

0,60 Otite adhésive, 0. D. G.

Rinne négatif, O. D. G.

27 octobre. — On continue le traitement par KI à raison de 2 grammes par jour.

Un nouvel examen laryngoscopique montre les mêmes

EU

lésions. Pourtant il permet de constater cette fois une palmure appréciable des cordes vocales.

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