LEGO
comme le dit M. le professeur Oudard, « sur la foi d’une explo-
‘ration négative, on laisse échapper un épanchement extradural progressif qui entraînera la mort ».
* Ces cas fâcheux sont fort heureusement exceptionnels puisque M. le professeur Oudard n'en a observé que 3 cas sur plusieurs centaines de trépanations. Aussi ne suffisent-ils pas à refuser la trépanation préventive, mais peut-être n'est-il pas inutile d'attirer l'attention sur ces cas qui peuvent engager le chirurgien à
«apporter une légère modification à la technique qui permettra de surprendre l'hématome avant qu'il ait tué.
Dans notre observation IV, M. le professeur Solcard n'a fait l'intervention que le lendemain du jour où s'était produit le traumatisme cranien. Cette opération fut commandée par l’apparition d'un signe nouveau, l'inégalité pupillaire, qui vint s'ajouter au tableau clinique. |
La trépanation fut hâtive après cette nouvelle constatation et montra une fracture de l'écaille qui était passée inaperçue à l'examen clinique précédent.
Le résullat opératoire fut heureux et nous paraît bien en faveur de l'intervention non pas primitive mais précoce.
On est d'autant plus autorisé à avoir cette opinion que par trois fois, dans les 3 premiers cas précédents, un hématome extradural qui devait devenir mortel ne s’est pas révélé au moment de la trépanation préventive.
Il est à signaler, pour être impartial, que dans notre observation [IV comme dans l'observation V, le blessé a présenté cet « intervalle libre » qui permet facilement au clinicien d’écarter les diagnostics de commotion cérébrale et de contusion cérébrale pour ne conserver que celui de compression. La cinquième observation de Martel se rapproche beaucoup de notre observation IV. |
Nous n'avons pas l'intention de préconiser une méthode nouvelle et infaillible, mais puisque la trépanation préventive à la Cushing nous permet souvent, mais pas toujours, de surprendre l’'hématome extradural, ne pourrions-nous pas essayer de modifier légèrement la technique? Ne pourrait-on pas, après
LE I Poe
avoir fait notre trépanation, faire une suture retardée à la manière de Pierre Duval?
On sait, en effet, que Duval, pendant la grande guerre, a préconisé la suture primitive retardée dans les plaies des parties molles.
Il a conseillé cette méthode, qui a fait ses preuves cliniques, pour gagner du temps à cause du grand nombre de blessés.
Dans le cas particulier qui nous intéresse ici, cette méthode ne serait pas faite dans le même but, mais pour avoir une fenêtre nous permettant une surveillance minutieuse de l’endocrane et peut-être pourrions-uous alors surprendre un de ces hématomes que la trépanation préventive n'aurait pas pu nous montrer. À
Nous savons que la grosse objection serait l'hémostase difficile du.cuir chevelu qui saigne très abondamment, ce qui pourrait offrir un grand danger. Or, cette hémostase n'est guère réalisable que par la suture.
Dans le cas où l'on serait obligé de suturer, il serait peutêtre prudent d'enlever les fils le lendemairet de vérifier par la fenêtre de trépanation que l’on n’a pas d’hématome.
Dans les cas heureux où l’hémostase du’euir chevelu pourrait être réalisé, il semble qu'il n’y aurait aucun inconvénient à laisser la plaie ouverte et à la suturer ultérieurement lorsqu'on serait certain qu'il ne s'est point constitué d'hématome et que le délai clinique de leur formation est passé.
Il va de soi que cette manœuvre n'est utile que lorsqu'il s'agit d'un traumatisme voisin de la région temporale, ou si l'on se rend compte à la trépanation que la fissure se dirige vers la base, dans la direction des gouttières des deux branches de l'artère méningée.