‹ Contribution à l'étude de l'hybridation et de l'intersexualité chez les oiseauxChapitre 6 sur 31 · II. — Essais d'obtention de Fringillidés hybrides · texte numérisé non relu

II. — Essais d'obtention de Fringillidés hybrides

1° Description des expériences

Ainsi que je le disais en commençant, ces essais ont porté sur trois années. En 1909 et 1910 j'ai essayé surtout d'obtenir des produits entre le Chardonneret et la Serine ; en 1910, Les oiseaux furent plus nombreux. En 1911, avec Pierre Vince, nous avons installé de nombreux couples dont les mâles appartenaient à sept espèces différentes : nous n’avons obtenu aucun résultat. Les pontes furent très rares, irrégulières, et il n'y eut aucun œuf fécondé.

u) Croisement : Chardonneret X Serin

Chardonneret no 109. — Acheté adulte le 17 mai 1909.

Apparié avec serine n° 140 On met avec 109, le 23 mai 1909, une serine verte (n° 410) qui vient d’être achetée La serine pond trois œufs :

Premier œuf, 45 juillet, trouvé cassé dans le fond de là cage ; deuxième œuf, 46 juillet, ramassé intact dans le fond de la cage; troisième œuf, 24 juillet.

La femelle ne s’occupant pas de ses œufs, on les donne à une autre serine : les 6 et 11 août on les trouve cassés dans la cage : aucun d’eux n'est fécondé.

Apparié avec serine no 414. — Cette serine, achetée en même temps que la précédente, fait une première ponte avec un autre chardonneret (n° 115), deux œufs sur quatre avaient été fécondés.

La serine 414 mise avec le chardonneret 409 le 17 août, pond trois œufs, les 22, 23 et 24 du même mois. On retire le mâle, la femelle couve les œufs qui sont enlevés le 8 septembre ; ils étaient tous clairs.

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Apparié avec serine n°0 224, — (09 est mis le 24 août avec cette dernière serine achetée peu auparavant. La femelle pond trois œufs les 27, 28 et 30 du même mois. On enlève le mâle, la femelle couve les œufs qui sont vérifiés le 114 septembre : aucun ne porte trace de développement.

Le chardonneret no 109 a été trouvé mort le 22 décembre 1909.

Chardonneret no 112. — Ce chardonneret a été acheté adulte le 2 mai 1909 : le vendeur le donnait comme étant en cage depuis plus de 48 mois et ayant eu des produits l’année précédente avec une serine.

Apparié avec serine no 411. — Celte femelle est achetée le même jour que le chardonneret 112 et mise immédiatement avec lui. On retire le mâle le 3 juillet aucune ponte n'ayant eu lieu. La serine est laissée un seul jour, le 6 juillet, avec un autre chardonneret (no 138) et le lendemain 7 juillet on lui remet le no f12. Elle pond trois œufs, les 15, 16 et 17 du même mois ; le premier œuf esl ramassé cassé sur le fond de la cage. Le chardonneret qu’on ne sépare pas de sa femelle est trouvé mort le 49, deux jours après la ponte du dernier œuf. PR LE

Les œufs qui auraient dû éelore le 30 ou le 31 juillet sont retirés le 2 août ; ils sont clairs tous les deux. 2,

Le chardonnerel no 412 meurt le 19 juillet 1909.

Chardonneret no 115. — Il est acheté adulte, le 47 mai 1909. I] est très peu fuyard et vient, dit la personne qui le soigne, manger dans la main : je constate par moi-même qu'il se perche et prend des graines dans la mangeoire tenue à la main au moment où on renouvelle la nourriture.

Apparié avec serine n0 114 — La femelle est achetée le 23 mai et mise aussitôt avec le chardonneret n° 1145. Elle pond son premier œuf le 27 et deux autres le 29 et le 30 juin.

Le mâle est laissé avec la serine pendant loute la durée de l'incubation qui se termine le 12 juillet. Deux petits éclosent ce jour-là ; le premier œuf, qui était clair, est trouvé cassé sur le sol de la cage à côté d'un des petits lui-même en fort mauvais état. Il survit cependant, mais meurt avee son frère, trois jours après, le 15, négligé par la serine.

Celle-ci recommençant à porter au nid le 23 juillet, on lui remet le chardonneret 115, isolé depuis le 16 dans une autre cage. Une nouvelle ponte de trois œufs a lieu les 26, 27 et 29 et l’on retire le male le lendemain pour qu'il ne dérange pas la serine. Celle précaution n'empêche pas que la femelle n’abandonne ses œufs au moment de l'éclosion : le 10 août on les trouve froids dans le nid et le jour suivant ils sont tombés à terre el cassés. Dans deux d'entre eux il y a un embryon encore vivant ; comme les petits devaient éclore ce jour-là, on lente de les sauver en donnant les œufs à une mulette de chardonneret qui couve en ce moment. Cette femelle cherche à nourrir les jeunes éclos sous elle mais ne réussit pas à les faire vivre.

Apparié avec serine 223. — La femelle est née en mai 1909. Elle est mise avec le chardonneret 115 le 22 février, el le 25 mars elle achève une ponte de quatreteufs dont un a été lrouvé cassé dans la cage. La serine couve jusqu'au 9 avril et quitte ce jour-là ses œufs qui n’ont pas donné de développement, :

Apparié avec serine 114. — Celle serine, après ses deux couvées de 4909, a éLé hivernée dans une grande cage réservée aux femelles. Le 6 avril 1910 on la trouve sur un nid avec un œuf sous elle, on la remet alors avec son

mâle de l’an dernier, le chardonneret no 1145. La serine fait une ponte de quatre œufs les 8, 14, 13 et 14 avril. Pendant ce temps le chardonneret prend soin d'elle et le 12, dans la matinée, je le vois gaver longuement la femelle couchée sur ses œufs. Dix-neuf jours après la fin de la ponte, le 3 mai, les œufs non fécondés sont retirés à la serine qui n’a pas cessé de les couver bien que la durée normale d'incubation fût largement dépassée.

Le chardonneret est laissé avec la serine 114 en vue d’une deuxième ponte qui commence le 9 mai et se termine le 13 avec trois œufs seulement. Cinq jours après, le 48, un œuf est trouvé par terre, encore entier, mais fêlé et contenant une masse réduite et desséchée ce qui indique qu'il était abimé depuis longtemps. Soupçonnant le chardonneret d’êlre le coupable, je le relire; malgré cela, je trouve un autre œuf mangé dans le nid le 24 et le dernier cassé par terre et contenant un embryon.

Apparié avec serine n0 224. — La serine a eu des produits en 1909 avec le chardonneret no 438; elle vient de faire une première couvée féconde avec le chardonneret n° 300 dont elle est isolée depuis 21 jours quand on la met avec le chardonneret no 115. Dès le lendemain, le 19 mai, la ponte commence et se termine le 26 avec cinq œufs. Les 8 et 9 juin trois petits éclosent ; il reste deux œufs non fécondés dont un est le premier pondu que j'avais marqué d’un trait à l’encre de chine. Le 12 juin un des petits est trouvé sous la femelle, mort et en voie de décomposition avancée. En visitant les cages le 24 juin, je vois sur le bord du nid, sur le fond de la cage et sur un bâton, du sang dont je ne puis m'expliquer la provenance, car la mère et les deux petits sont bien vivants et ne paraissent pas avoir souffert. Dans la soirée je ne retrouve plus qu’un jeune au nid, la femelle fait entendre devant moi un petit cri plaintif que j'avais remarqué et cru provenir d’un cini placé dans une cage voisine. Le lendemain malin on découvre un des jeunes caché sous la mangeoire ; on le replace au nid mais la femelle paraît ne plus s'occuper de ses jeunes. À 5 heures du soir l'un d'eux est mourant et je le chloroforme ; le second survit seulement jusqu’au 27 où je le trouve sous la mangeoire en train de mourir.

Le chardonneret no 415 est mort, tué par un chat, à la fin de décembre

Chardonneret no 138. — Acheté adulte dans les derniers jours de mai 1909 ; d’après le vendeur il était, à cette époque, âgé d'au moins 18 mois.

Apparié avec serine n0 450. — La femelle, achetée le 6 juin, est mise aussitôt avec le chardonneret et pond du 13 au 16 quatre œufs d'où sortent le 30 juin 4 petits. Le mâle est laissé dans la cage et les choses se passent

. normalerment pendant cinq jours. Le 6 juillet au matin il n’y a plus que

deux petits au nid; des deux autres l’un a complètement disparu, le second est trouvé mort et écrasé dans le grain de la mangeoire. Le chardonneret est alors retiré et mis avec la serine no 111.

La serine 150, restée seule, néglige ses deux derniers petits qui meurent le 9 juillet.

Apparié avec serine n0 224. — Cette femelle, après être restée du 3 au 7 juillet avec le chardonneret 112, est mise à cette dernière dale,‘avec le 438. Deux jours après, le 9 juillet, elle pond'un premier œuf puis trois autres les jours suivants sans interruption. Le chardonneret est retiré le 13, après l’arrivée du dernier œuf et le 26 il éclôt trois petits. Le lendemain il ne reste plus que deux petits de troisième a complètement disparu, les deux autres sont élevés par la serine et sortent du nid le 9 août, 14 jours après

l’éclosion. #

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Apparié avec serine no 407. — Femelle achetée le 15 mai. Elle est d'abord appariée avec un verdier (no 108) et, après être restée seule pendant trois jours, elle est mise le 43 juillet avec le chardonneret no 138. Le 16 elle donne un œuf que l’on ramasse dans le fond de la cage, elle s'arrête de pondre et ne s'occupe pas de son œuf que l’on essaye de faire couver par d'autres femelles pour voir s'il était fécondé. Par suite d'incidents divers, l'œuf passe sous deux serines qui cassent plusieurs œufs et rendent tout contrôle impossible.

Le chardonnerel n° 138 a été trouvé mort le 22 décembre 1909.

Chardonneret no 231. — I a été acheté le 24 décembre 1909.

Apparié avec la serine n0 236 née en 1909. Le couple était installé à la campagne el je ne l'ai pas suivi de près : la femelle a pondu quelques œufs qui n'ont pas donné naissance à des jeunes. ’

Chardonneret no 300. — I] a été acheté en province le 24 décembre 1909, on me le garantit comme étant né dans l’année même.

Apparié avec serine n° 224. — Cette femelle a donné des produits en 1909 avec le chardonneret no 1438 ; elle a été hivernée dans la cage réservée aux femelles.

Appariée le 22 février 1910 avec le chardonneret 300, elle donne quatre œufs les 11, 14, 18 et 19 avril. Il éclôt un petit le 28 et le chardonneret est retiré aussitôt. Les trois autres œufs sont clairs ét enlevés le 3 mai. Le jeune est élevé par la serine seule dont on l'isole le 48 juin.

- Apparié avec Serine no 323. — La femelle vient de faire une première ponte inféconde avec le chardonneret no 367 qui meurt bientôt après. Le 26 avril 4910 on luienlève les œufs clairs qu'elle couve toujours et deux jours après, le 28, on l’apparie avec le chardonneret no 300. Le 5 mai ponte d'un premier œuf qui est mangé le 9, puis, après un long intervalle, nouvelle ponte régulière de trois œufs qui se suivent les 6, 7 et 8 juin. Le 23 juin les

œufs qui n'ont pas donné d'éclosions sont enlevés : l’un d’eux était fécondé

l'embryon est mort dans la coquille, les deux autres œufs sont clairs.

La serine 323 et le chardonneret 300 qui n'avaient pas été séparés pendant l’incubation sont laissés ensemble après l’enlèvement des œufs et la serine donne encore deux œufs : un premier le 29 juin qui est trouvé cassé le 3 juillet, et un second le 25 juillet 1 n'y a pas d’incubation régulière et les œufs ne donnent aucun résultat.

Le chardonneret 300 est emporté à la campagne à la fin de 1910 et y meurt le 25 février 4914.

Chardonneret no 366. — I à été acheté le 2 mars 1910, il est apparié avec la serine n° 370 puis, après la mort de celte première femelle, avec une autre serine le no 442. L'installation est la même que pour le chardonneret no 231 et je n'ai pas eu de naissance à enregistrer.

Chardonneret no 367. — 1 a été acheté le 2 mars 1910. Deux jours après il est apparié avec la serine n° 323, Celle-ci porte au nid le 5 avril et fait une ponte de quatre œufs les 8, 9, 10 et 11 du même mois. Elle commence à couver le lendemain et on lui enlève les œufs non fécondés le 26.

Le chardonneret à paru bien accouplé avec la serine à laquelle il a donné la becquée landis qu'elle était couchée sur le nid pendant la ponte, il meurt dès le 20 avril ce qui expliquerait suffisamment que les œufs de la serine n'aient pas élé fécondés.

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:) Croisement Cini X Serin

Cini no 353. — Acheté le 13 avril 1910. Le vendeur me le garantit comme élant le père de Mulets de Cini que je lui avais achetés précédemment. . Apparié avec Serine n°0 223. — La femelle vient de faire une ponte stérile

avee le chardonneret no 115. Elle est appariée avee le cini n° 353 dès l’arrivée de celui-ci le 43 avril. Le 1er mai elle pond un œuf qui disparait le 10 sans laisser de traces. La ponte reprend, régulière, le 416 mai et 4 œufs se suivent sans intervalle les 46, 17, 18, 19. Un jeune est éclos le 31 au malin, un œuf esl cassé par terre el contient une masse desséchée, les deux autres ne son( pas fécondés. Le jeune s'élève sans incidents el on l’isole de ses parents le 2 juillet.

Avant cette date la femelle a commencé une deuxième ponte de # œufs le 16 juin. Le deuxième œuf est du 17, les autres n'ont pas élé notés dans la crainte de blesser le jeune de première couvée, on constale seulement que la ponte est complète le 21 juin. Le 2 juillet trois jeunes sont éclos, l'un d'eux est trouvé tombé du nid et mourant à la première visite de la cage, un second est découvert le lendemain dans la mangeoire à mouron, on le remet au nid. Trois jours après il meurt en même temps que le dernier survivant. :

La serine fait une (roisième ponte de quatre œufs les 17, 18, 19 et 20 juillet ; le 25 un œuf est mangé, le 30 juillet et le 2 août on trouve chaque fois un œuf par lerre. EËn présence de tes fails on enlève le mâle. Deux jours après, le 4, un œufest mangé, par la femelle par conséquent, le 6 il n'y à plus d'œufs au nid, un œuf est par terre encore intact, de l’autre il ne reste plus que des coquilles. Le dernier œuf disparait le 9 août.

Ce même jour, on remetle Cini n° 353 avec la serine qui pond un seul œuf le 41. Sept jours après, le 18, l'œuf est abandonné, recouvert par les branches de mouron dont le nid est complètement rempli.

Le couple ne donnera plus rien dans la suite et le cini meurt au mois d’oclobre de la même année.

y Croisement € Amanita fasciata » (Gray ) X< Serin.

En 1909, j'ai fait, à la campagne, un essai de croisement entre le serin et un petit Plocéidé d'Afrique l'Amanila fasciata, Gray. Cet oiseau est d’une couleur générale brun pâle, le mâle est caractérisé par un demi-collier rouge vif qui lui a valu le nom de Cou-coupé, sous lequel il est connu des marchands.

Bien que formant avec les Fringillidés le groupe des Conirostes, les Plocéidés sont assez éloignés des premiers pour qu'un croisement entre les deux familles paraisse, au premier abord, difficile à réaliser. Aussi ne l’ai-je tenté que poussé par un fait dont j'avais été témoin il y a plus de dix ans.

Dans une volière de quelques mètres carrés, vivaient des serins des deux sexes et plusieurs espèces de Passereaux exoti-

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ques; parmi ces derniers un couple de Cou-coupés. Une femelle de Serin s'installa dans un nid, pondit et fit éclore un jeune. Pendant l'incubation déjà on avait remarqué les assiduités du mäle Cou-coupé auprès de la Serine à laquelle ïl dégorgeait de la nourriture et qu'il soignait comme s'il avait été apparié avec elle. Lorsque le petit fut né, le Cou-coupé prit part au gavage ; tout enfin se passa de façon telle qu'il ne fit de doute pour personne que le jeune oiseau fût le produit du croisement du Cou-coupé et de la Serine. On ne prit pas soin d'isoler le couple avec son nid et le petit mourut au bout de quelques jours sans que j'aie songé à recueillir son cadavre.

A défaut de notes précises, j'ai gardé le souvenir très net de cet incident de .volière. Je crois que l’accouplement fécond du Cou-Coupé et de Ia Serine n'a pas encore été signalé. C'est pourquoi je m'y arrête un peu longuement. C'est aussi ce qui ma décidé à essayer de le renouveler aussitôt que J'ai commencé mes recherches sur les oiseaux hybrides. Cette tentative n'a donné aucun résultat ni d'un Cou-coupé mâle apparié avec une Serine, ni d'un Serin mâle auquel ont été données successivement deux femelles Cou-coupé de provenances différentes.

à) Autres essais de croisements.

En 1909, je n'ai eu, à Paris, en plus des mâles Chardonnerets que les deux oiseaux suivants :

1° Un Verdier (N° 108) qui a été mis consécutivement avec deux femelles de Serm. La première n'a pas pondu; la seconde à donné un seul œuf qui a été mangé sans que je puisse dire quel était Le coupable de la Serine ou du Verdier.

2° Un Linot (N° 140). Celui-ci a été apparié avec la Serine N° 224 qui à pondu trois œufs clairs. Le Linot avait été séparé de la femelle pendant l'incubation parce qu'il lui donnait des coups de bec. (La Serine N° 224 à eu, par la suite, des petits avec les Chardonnerets N° 138 et 300).

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