CHAPITRE IV
Pathogénie.
Nous touchons maintenant à un point intéressant de la question. Quelle est la cause de l’épanchement dans le genou à la suite des fracture du fémur ?
Pour mettre le plus d'ordre possible dans la discussion, nous allons exposer les diverses théories émises à ce sujet. Nous prendrons d’abord, comme étant la moins bonne, la moins admissible, la théorie de Berger, celle de la filtration.
Frappé d’avoir trouvé, dans une autopsie, un énorme caillot sanguin repoussant le cul-de-sac supérieur de la synoviale, et formant un bourrelet gélatiniforme contre celle-ci qui se trouvait remplie de liquide, Berger, inspiré par le professeur Gosselin,
AD TE «rut avoir trouvé la cause unique de l’épanchement. Un second cas, négatif, le fortifia dans son idée : une autopsie lui permit de constater l'absence d’épan- «chement sanguin et l’absence d'hydarthrose. I1 entreprit alors des expériences et crut devoir conclure que le sang, ou seulement le sérum, filtrait dans l’articulation par le cul-de-sac sous-tricipital. Voilà les faits et voilà la théorie.
Or, nous pensons que l’auteur, tout en ayant bien observé, n’a pas suffisamment dissocié les phénomènes et a attribué à la filtration sanguine une part très exagérée dans la production de l'hydarthrose.
En effet, dans une fracture du fémur, on a 1° lésions possibles de la moelle ; 20 division du périoste ; 3° de l'os ; 40 épanchement sanguin dans les tissus environnants. Et précisément, pour nous, ce dernier élément est le moins important, et voici pourquoi:
Imaginons un fait ou une expérience où l’épanchement sanguin existe seul, et voyons ce qui se passe.
Croiït-on qu’il y aura hydarthrose du genou ? Nullement.
Les preuves ? Elles abondent. Prenons d'abord le
: fait bien connu et déjà cité dans notre historique, de
‘ M. Verneuil qui l’a fait figurer dans la discussion dela Société de Chirurgie; nous en empruntons la relation à la thèse de Borel.
OBSERVATION (N° IV de la thèse de Borel).
X... conduisait sa voiture lorsqu'il a fait une chute et une roue lui a passé sur la cuisse droite. [1 se releva et put faire