LES
Nous ne pouvons envisager tous les cas, mais nous croyons que rien ne pourra remplacer la créno-climatothérapie : car elle seule est capable de stimuler les forces naturelles de l'organisme sans ajouter l'usage d’un médicament à un autre médicament déjà mal supporté...
c) Traitement des complications viscérales de la sypbilrs :
La crénoclimatothérapie ést susceptible de rendre de grands services dans les complications diverses qui peuvent se produire au cours de la syphilis.
La crénoclimatothérapie est dans ces cas rarement indispensable, mais presque toujours utile. |
Elle est utile dans les complications graves où une arme de plus ne doit pas être négligée.
Elle est ulile lorsque l’étiologie syphilitique de la lésion n'étant pas absolument certaine, on suspecte une étiologie complexe.
Elle est utile lorsqu'il faut comballre une lésion sur laquelle le traitement anti-syphilitique a produit tout leffet qu'il pouvail donner.
Ces données générales s'appliquent uniformément, soit qu'il s'agisse de syphilis du système nerveux, de syphilis cardio-artérielle, de syphilis du tube digestif, de syphilis de l'appareil respiratoire, de syphilis rénale, de syphilis articulaire.
La crénothérapie peul atténuer les troubles fonctionnels et aider à supporter des lésions définitives sur lesquels la thérapeutique est sans effets.
La renommée de cerlaines stations, qui se sont depuis longlemps déjà rendues célèbres dans le traitement des complicalions de la syphilis, comme Lamalou, par exemple, indiquent bien l’aide que les cures thermales peuvent apporter dans ces cas.
Lee ER R
d) Crénoclimatothérapie de la syphilis héréditaire :
La crénoclimatothérapie peut avoir dans la syphilis héréditaire deux indications principales. Les unes sont celles que nous avons indiquées pour l'adulte : Ja crénothérapie peut être le complément et l’adjuvant des traitements chimiques.
Les autres sont celles qui résident dans la nécessité d'agir sur certains troubles non spécifiques en eux-mêmes, mais qui découlent de l’intoxication spécifique de l'enfant.
De toutes façons nous devons envisager plusieurs cas
1° L'enfant est né atteint d'une syphilis virulente et en évolution. Ces sujels, à côté des signes de syphilis sur lesquels le traitement médicamenteux a tous ses droits, o2f un ensemble de troubles fonctionnels et de susceptibilités organiques, qui font que leur physiologie et leur physiopathologie sont différentes d’une façon plus ou moins notable, de celle d'un sujet normal.
2° Les parents syphilitiques ont subi un traitement suffisant. L'enfant naît en apparence sain. Mais si le traitement énergique des parents abaisse le pourcentage des hérédosyphilis flagrantes, et donne des enfants d'apparence normale, il peut laisser place à des hérédilés masquées presque occultes, qui devaient être vraisemblablement inconnues au temps où on était moins armé contre les méfaits immédiats de la syphilis. Ainsi pourraient se trouver expliqués certains troubles endocriniens, certaines anomalies de développement, et d'évolution de certaines maladies, ete... : tous signes, qui évidemment, ne peuvent être classés parmi les signes d’une syphilis héréditaire.
8° Il y a des syphilis héréditaires lointaines remontant à plusieures générations. Les troubles dans ces cas peuvent être multiples et le traitement spécifique ne plus agir sur eux ; ils sont, d'autre part, souvent bien difficiles à attribuer à la syphilis congénitale qui, selon lexpression de M. Marfan, semble avoir perdu le pouvoir de reproduire des lésions virulentes et n’avoir gardé que celui de troubler la nutrition et le
Rd
fonctionnement de certains organes. Ces troubles paraissent se transmettre pour leur propre comple d'une génération à l'autre à la façon d’un caractère acquis.
C'est sur ces élats constitutionnels que l’on pourrait se borner d’étiqueter banalement de lymphatisme, de neuroarthritisme, de syndrome pluri-glandulaire, etc., el qui sont des tares d’origine syphilitique et non de nature svphilitique, que la crénothérapie a tous ses droits.
Ces états diathésiques, comme l’a montré le Prof. Hutinel, peuvent être les seuls vestiges de la syphilis ancestrale.
Ces états diathésiques et constlitutionnels qu'il est aussi difficile de définir que d’en déterminer le champ, consisteraient ainsi que l’a montré le Prof. Nobécourt, « en manières d'être des humeurs, des organes, qui, d’une part, réalisent des prédispositions à certaines maladies et à certaines affections et, d'autre part, entraînent des modalités réactionnelles particulières aux agressions des agents physiques, chimiques et biologiques.» Ces états sur lesquels la thérapeutique antisyphilitique n’agit plus sont, pour la crénoclimatothérapie, une indication de premier plan, car comme l’a montré également le Prof. Nobécourt, « les cures thermales peuvent être dans ces cas des agents curateurs de premier ordre en s’opposant à leur développement el en en atténuant les conséquences ».
En résumé : Dans la lutte autisvphilitique, bien que nous soyons incontestablement mieux armés qu'au temps où ie mercure était notre seule thérapeutique, l’évidence nous montre, il nous semble, que nous ne sommes pas en droit de négliger les ressourees indéniables que nous pouvons trouver dans les traitements annexes, comme Îla crénoclimatothérapie. |
Nous voudrions espérer que ces notions (comme certains de nos Maîlres M. le Prof. Maurice Villaret, Gougerot, l'ont maintes fois remarqué) soient plus largement divulguées, . car cerlains praticiens semblent encore donner l'impression de méconnailre la notion si importante de « terrain » et SOIgner la syphilis el non un malade syphilitique.
L'emploi plus systématique des cures thermales pourrait,
OR
grâce à des Centres comme le Centre de Triage hydro-climatique des Hôpilaux de Paris, par des fiches individuelles et des statistiques sûres, faire rechercher dans l’hydro-climatothérapie la confirmalion de certaines données et en étudier de nouvelles : action des bains chauds, action des étuves par la peau, etc. ete.
Ainsi envisagée, la crénoclimatothérapie sociale de la syphilis, en plus de son heureuse action manifeste, et depuis longtemps connue sur l'affection elle-même, serait utile au malade, à la Société et à la Science elle-même.
BIBLIOGRAPHIE
Annales de la Société d'Hydrologie et de Climatologie médicales de Paris, séance du 18 mars 1929, présidée par le P' GOUGEROT. BAERTS. — Observation prolongée d'un cas de syphilis non traité. Archives médicales belges, année 88, n° 8, août 1935, page 198.
BARTHÉLEMY et RABUT. — Le traitement de la syphilis arsénorésistante. — Journal médical français, n° 8, août 1931, p. 268.
BERNHARD (Pologne). — Les indications et les contre-indications du traitement de la syphilis par les arseno-benzols. — Médycina, n°1 janvie 1956.
BEERMANN. — The problem of treatment resistant syphilis, — The american journal of syplilis, gonorr, and venereal diseases, mars 1936, n° 8.
A. BESSEMENS. — Applications locales de la chaleur comme adjuvant dans la prophylaxie sociale et individuelle de la syphilis et le rûle de la tempéralure musculaire dans la pathogénie et la pyréthorapie générale de l'infection syphililique. — Bruxelles médical, 11 août 1928.
BESSEMENS, VERCOUILLIÉ, HACQUAERT. — Influence des diverses applications locales de la chaleur sur les accidents de la syphilis primaire et secondaire chez l'homme. — Société de Biolo- Jie CL nen20 414% juin1929.
BESSEMENS el POTTER. — Particularités de la thermothérapie locale antisyphilitique et de la thermo-adaptation du virus syphilitique des ganglions. — Société de Biologie, année 103, 21 mars
A. BESSEMENS el THIRY. Sur la nature thermique des effets favorables chez l'homine de l'Hyperpyrexie antisyphilitique locale par moyens physiques. — Bruxelles médical, n° 4, août 1936.
Paul BLuM. — Le foie dans le traitement de la syphilis. — Annales des maladies vénériennes, novembre 1932.
BOUTELIER. — Les cures hydrominérales sulfureuses dans le traitement de la syphilis. — Annales des maladies vénériennes, juin 1928.
Bulletins de l’Académie de Médecine, séance du 24 mai 1927.
CAILLON et UzAN. — Indications alcalines éventuelles chez les syphilitiques. — Paris médical, 12 mai 1934.
CARLE (de Lyon). — Statistique et épidémiologie de la syphilis. — Annales des maladies vénériennes, septembre 1933.
Compte-rendu du 6° Congrès provincial d'Hygiène, Nancy, 1933.
Compte-rendu du IX° Congrès international de dermatologie et de syphiligraphie, Budapest, septembre 1935.
COTTE et GUILLERET. — La thérapeutique indéfiniment prolongée demeure actuellement la seule formule de traitement rationnel de la syphilis. — Journal de Médecine de Lyon, n° 369, du 20 mai 1935.
Compte-rendu de la première réunion de la Société d'Hydro-climatologie de Tunisie, mars 1934.
EFRON et S. ORLOW. — Sur le mécanisme de la balnéothérapie dans la syphilis — Dermatologische Wochenchrift, n° 16, du 17 avril 1930.
FELDMANN el LAÏKHTERE. — Les accidents consécutifs à l'emploi des différentes séries de Néo-salvarsan. — Sovietski vénérologi, dermatologii, n° 6, juin 1932.
H. FLÜRIN. — Soufre thermal et syphilis. — Revue médicale française, janvier 1936, n° 1.
FOX. — The control of syphilis. — The wurologic and cutaneous revew, janvier 1936, page 42.
M. GAILLOT, — Les médications adjuvantes dans le traitement de la syphilis. — Bulletins et Mémoires de la Société de Médecine de Paris, n° 11, 9 juin 1933, page 406.
GATE et PIRAN. — Etude de l’arseno-résistance d'après une statistique hospitalière, — Annales des maladies vénériennes, n° 4, du 4 avril 1938.
Camille GIRARD. — Siatistique de 18 années de lutte antisyphili-
ET re tique au dispensaire antivénérien d'Angers 1918 à 1935. — Thèse Paris, 1936.
H. GOUGEROT. — Les médications adjuvantes de la syphilis. — Journal des Praticiens, 13 avril 1929.
H. GOUGEROT, — Les syphilitiques aux eaux minérales. — Annales des maladies vénériennes, juin 1929.
ee)
. GOUGEROT. — Le (raitement de la syphilis en clientèle.
pee,
. GOUGEROT et BOULE. — Défense cutanée du syphilitique. Néga- Livation du B. W. chez une syphilitique secondaire après érythème aux ultra-violets. — Annales des maladies vénériennes, octobre 1934.
H. GOUGEROT. — Rôle des immunisations par la peau dans l'évolution et le traitement de la syphilis. — Bruxelles médical, 1934, page 1396.
H. GOUGEROT. — Etal actuel du traitement de la syphilis acquise. — Concours médical, n° 46 bis, page 3287, novembre 1937. GROFFAR. — Contribution à l'étude des ictères survenant au cours
du traitement arsenical. — Presse médicale, n° 31, 1e mai 1937.
Violette HEMANN. Dangers de la médication antisyphilitique chez les rénaux. — Tl'hèse, Paris, 1933.
HEVERSON, MOROW, HOWSTORN. Négalivation de la RW dans le sang chez les syphilitiques non traités. — American Journal of syplhilis, n° 3, juillet 1933.
JAYLE. — Vaccination anti-syphilitique. — Presse médicale, 11 décembre 1936.
JEANSELME. — La syphilis, son aspect pathologique et social. JEANSELME. — Traité de la syphilis.
KOHLMER et RULE. — Des bains chauds dans la syphilis primaire du lapin, — Archives of dermatology and syphilis, avril 1933.
LAURENT et MARTINET. — Impressionnant bilan de 10 années de traitement de la syphilis par les injections intra-veineuses de novarsenobenzènes, — Annales des maladies vénériennes, 1937.
A. LEGRAND. — L'anémie bismuthique et son traitement. — Bulletins et Mémoires de la Société de Médecine de Paris, 28 avril
Levaprri et Howarp. — Activation des propriétés curatives du
bismuth dans la svphilis sous l'influence e tissus riches en glutathion. — Société de Biologie, 1927, n°
LEvaADITI, LÉPINE, HOWARD. — Chimiothérapie et moyens détensits
RDS
de l'organisme dans les manifestations de la syphilis expérimentale. Société de Biologie, C, n° 13, du 29 avril 1929, page 1068.
MARFAN, — Cliniques de la première enfance. Diagnostic des syphilis congénitales du nouveau-né et des nourrissons.
P' Hans MARTENSTEN (de Dresde). — Rapport sur le Traitement de la syphilis. Enquête dans cinq pays effectuée sous les auspices de l'organisation d'hygiène de la Société des Nations.
G. MiLiAN. — $Syphilis et hérédilé occulte. Ses dangers dans le mariage et pour la descendance. — Paris médical, n° 11, 7 mars 1936, page 219.
G. MOURIQUAND et W. BRUNAT. — Dans le Traité de Chirurgie orthopédique de MM. OMBRÉDANNE et MATHIEU. — Climatologie et crénothérapie de la syphilis osseuse.
NOBÉCOURT el BABONNEIX. — La syphilis héréditaire, du Traité de Médecine des enfants.
PAvaniTI (de Padoue). — L'action du froid sur la syphilis expérimentale du lapin. — Bollet. della societa ital: di derm. et Syph., n° 1,°avril. 1936.
PINARD. — Faut-il soigner le syphilitique toute sa vie ? — Paris Médical, n° 10, du 7 mars 1936, page 207. ‘
M. PiNaRD. — Combien de temps faut-il soigner un syphilitique ? — Journal de Médecine et de Chirurgie pratique, 10 janv. 1937.
PINARD. — Faut-il soigner un syphilitique toute sa vie ? — Prophylaxie anti-vénérienne, n° 5, mai 1936.
PINARD et EVEN. — Syphilis arseno-résistante et arseno-récidivante. — Paris Médical, 26 mars 1932.
M. PINARD. — Traitement des Heredo-syphilis. — Bruxelles médical,
14 janvier 1934.
Robert RABUT. — Traitement d'attaque de la syphilis, il y a 25 ans et aujourd'hui. -— L'Hôpital, n° 428 bis, 4 août 1937.
Raoul RENAUT. — Crénothérapie de la syphilis, de l'Encyclopédie Médico-chirurgicale.
SALLE, — Cures sulfureuses adjuvantes du traitement de la syphilis. Paris médical, 12 mai 1934.
À. SEZARY. — Le traitement de la syphilis. à A. SEZARY. — Traitement de la syphilis rénale. — Baillière, éditeur,
A. SEZARY. — Mode d'action des médicaments anti-syphilitiques. —
F2 ul
Bulletin de la Société médicale des Hôpitaux de Paris, 1931, n°16; page 734
A. SEZARY. — À propos de la spécificité des thérapeutiques. Mode d'action des médicaments anti-syphilitiques. — Bulletins et Mémoires de la Société médicale des Hôpitaux de Paris, n° 16, du {8 mai 1931.
A. SEZARY. Nocivité des médications anti-syphilitiques pour le rein, et le traitement de la syphilis rénale, — Presse médicale, n° 54, du 28 juin 1933:
A. SEZARY el LENÈGRE. — L'action des traitements anti-syphilitiques prolongés sur le, fonctionnement rénal. — Bulletins et Mémoires de la Société médicale des Hôpitaux de Paris, A. 49, n° 28, du i0 novembre 1933. ;
SCHULLMANN. — Ktiologie de la svphilis de l'Encyclopédie médicochirurgicale. =
SGEVSKI (Constantin). — Biotropisme et résistance dans la syphilis. — Acta dermatologia, À novembre 1935, page 297.
SIDOROWICZ. — A propos de l’immunité naturelle dans la syphilis. »:—- Thèse Paris, 1934.
Louis SPILLMANN. — L'évolution. de la lutte contre la syphilis. — Masson et Cie, éditeurs.
SZPICBERG. Sur l'emploi des solutions d'hyposulfite de soude comme solvant des novarsenobenzols dans le traitement de la syphilis. — Thèse Paris, 1934.
TZANCK, NEGREANU, JEANNET. — De l'influence du traitement dans la syphilis rénale, —- Société médicale des Hôpitaux de Paris, 22 janvier 1934.
Max VAUTHEY. — Rôle du foie dans les syphilis résistantes el récidivantes. — Annales des Maladies vénériennes, année 31, n° 4, avril 1936, page 241.
VAUTHEY (M. et P.). — Les cures thermales dans les intolérances et les chimiothérapies anti-syphilitiques. — Gazette des Hôpitaux, 106° année, n° 61, 2 août 1933.
VIEUCHANGE. — Guérison naturelle de la svphilis acquise. — Thèse Paris, 1934.
Maurice VILLARET et JUSTIN-BESANÇGON. — Clinique et thérapeutique hydro-climatiques.
WEISSENBACH et BASCH. — Le traitement de la syphilis.
WipMANN. -— Sur les troubles du métabolisme du foie dans les lésions dûes aux arseno-benzols. — Archives fur dermatologie
und syphilis, vol. 473, cahiers 1935, page 173.
Loges
B.— LES MALADIES PROFESSIONNELLES, LES ACCIDENTS DU.TRAVAIL, LES SEQUELLES DE BLESSURES DE GUERRE ET DES TRAUMATISMES DE TOUTES NATURES
Le Docteur Glibert, rapporteur à la Commission des maladies professionnelles, Genève, 1935, déclarait : « On sait qu'il n'existe pas de définition ferme satisfaisante de la maladie professionnelle, donner une définition ferme de la maladie professionnelle est peut-être la tâche la plus difficile de PExpert en Médecine du Travail. Il'suffit pour s’en rendre compte de jeter un coup d'œil sur le nombre des définitions données. »
Evidemment, cela s'explique, car s'il est de nombreuses maladies causées par des travaux déterminés, il en est bien peu dont la nature permette de dire immédiatement que la profession est en cause. Une anémie est toujours une anémie, c'est la notion de benzol, par exemple, qui peut faire rechercher les autres signes de l’intoxication, et porter le diagnostic. Cette notion est très importante, car, comme nous allons le voir, elle permet de comprendre que, parfois, les maladies professionnelles sont méconnues des malades et des médeins.
Pour M. Glibert, une maladie professionnelle est celle qui se présente dans une profession avec un caractère de fréquence inaceoutumée, ainsi que celle due manifestement au risque professionnel.
Pour le Prof. Martin : « La maladie professionnelle est la maladie créée de toute pièce par un travail déterminé, ou les conditions dans lesquelles ce travail est effectué. »
Sans"vouloir nous appesantir davantage sur cette question de définition, il est certain que la recherche d’une formule exacte, adoptée de Lous, indique déjà la place qu’a prise dans la société moderne l'hygiène du travail.
Les lemps modernes ont fait comprendre après bien des
SPF". re
siècles que la force des sociétés réside dans le travail de sés classes laborieuses, et que, comme l'indique M. Pollet au début de son livre sur les Maladies Professionnelles, en citant Puccinoti : « Il faut conserver la vie au travail, il faut rendre le travail inoffensif à la vie ».
Le retentissement possible du travail habituel sur la santé de l'individu est, hors du cadre des lois sociales, tellement dans l'esprit de tous, qu'il est peu de médecins qui ne commencent aujourd'hui leur interrogatoire en demandant à leur malade : « Quel métier faites-vous ? »
Les maladies professionnelles sont importantes quant à leurs conséquences : elles atteignent l’homme lui-même, diminuent sa santé, sa capacité de travail, et causent parfois sa mort ; elles atteignent quelquefois la famille qu'elles peuvent priver de son soutien, qu'elles peuvent doter d'enfants tarés : l’intoxication étant souvent la cause d’avortements et de malformations héréditaires ; elles atteignent la société par les charges qu'elles lui font supporter ; elles atteignent le Pays en amoindrissant ses éléments essentiels, c’est-à-dire ses éléments productifs.
Cette notion fut longue à s'établir. Le Docteur Carozzi dit dans son historique des maladies professionnelles (Hygiène du Travail, fasc. 207, 1929) : « Dès le début, l’homme s’est convaineu que certains travaux n'étaient pas sans provoquer des dommages plus où moins graves sur l'organisme. Mais il fallut de longues années, des siècles même, avant que les données recueillies puissent être systématiquement réunies et étudiées par des experts compétents. »
Quelques papyrus égyptiens relatent des dangers de certaines professions, mais au temps de l’esclavage, on ne semblait pas faire cas des vies humaines ; les travaux titaniques, faits uniquement à main d'homme, et qui semblent, à travers les siècles, défier l’usure du temps, prouvent l'effort inouï demandé alors aux travailleurs.
Dans l'antiquité, on semble s'être rendu compte du retentissement du travail sur la santé : Aristote, Nicandre, Martial, Juvénal, Lucrèce, etc., parlèrent de ces affections.
Au Moyen-Age, les édits paraissent s'occuper des condi-
RÉ
tions dans lesquelles le travail est pratiqué, mais plus dans un but prophylactique des populations. que dans celui de sauvegarder des ouvriers.
I faut arriver à la fin du xvir siècle pour que Ramazzini (1633-1714), successivement à Modène et à Padoue, soit le véritable précurseur de la Médecine industrielle. Il étudia plusieurs sujets, mais son livre « De morbis artificum diatriba » devait, à juste titre, le rendre célèbre.
La première édition, parue en 1700, comportait 40 chap: tres, la seconde, parue en 1714, en comportait douze de plus Au célèbre questionnaire qu'Hippocrate adressait à ses malades, il ajoute la question : « Quelle est votre profession ? » — Il établit la relation qui peut exister entre le travail et la maladie et alla dans les ateliers étudier les conditions du travail. Il écrivit une phrase demeurée célèbre : « Plusieurs industries représentent une source de dangers pour ceux qui la pratiquent et les malheureux ouvriers accablés des pires maladies dà où ils croyaient trouver leur vie et celle de leur famille, meurent en maudissant leur ingrate profession ».
Son œuvre a dépassé de beaucoup le but qu'elle s'était fixée, elle devint le fondement d'une littérature qui déve sans cesse s'accroître sur la médecine du travail.
Au xvir et surtout au xiIx* siècle, avec le développement de l’industrie, une connaissance plus parfaite des maladies professionnelles, devint une nécessité. Des statistiques de mortalité énorme ayant été signalées dans des pays voisins avec l’introduction de certains procédés industriels, de nombreux médecins étudièrent les maladies professionnelles.
Au xx° Siècle, l'Angleterre et d'Allemagne semblent s'être rangées aux premières places dans la réglementation des industries insalubres. En France, le Ministère de l'Industrie el du Commerce fit dès 1910 une étude sur les poisons industriels, en 1903, sur les maladies professionnelles. MM. Heim de Balsac et Hébart, en 1912, étudièrent l'hygiène industrielle, La Grande Guerre de 1914 semble avoir attiré tout particulièrement l'attention sur la nécessité de sauvegarder la santé des travailleurs. Il parut plusieurs ouvrages traitant de la question, et un journal : La Médecine du Travail.