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IT fut créé à la Faculté de Médecine de Paris, en 1933, un Institut d'Hygiène industrielle et de Médecine du travail, où sont étudiées et enseignées les conditions et les améliorations hygiéniques des travaux industriels, Ja prophylaxie des maladies professionnelles, la surveillance médicale des usines et des ateliers. Cet institut où professent MM. Duvoir, R. Fabre, et Heim de Balsae, forme chaque année un cadre de médecins spécialisés.
Indépendamment de cette organisation officielle de la Faculté de Médecine de Paris, il vient d'être inauguré un Institut d'Etude et de Prévention des maladies professionnelles, dirigé par le D* Hausser.
Les dispositions législatives françaises, concernant les accidents du travail. remontent à 1898. cette loi fut étendue aux maladies professionnelles par la loi d'octobre 1919, complétée à son tour par ceile de janvier 1931.
Sur le plan international, de nombreuses conférences s’occupèrent de la question : Paris, 1900; Congrès de Milan, 1906: Bruxelles, 1910; Vienne, 1914: Lyon, 1929; Genève, 1931 ; Bruxelles, 1935: el tout récemment à Paris (juin 1937), les Journées internationales de Pathologie et d'organisation du Travail, où d'importantes questions furent discutées : énseignement de la Médecine du travail, la Pathologie du travail, la Prévention des maladies et intoxications professionnelles, la législation, ete. Ces Congrès indiquent bien lintérêt que toutes les nations portent à ces questions.
Le Bureau international du Travail à Genève s'occupe actuellement de la Médecine du travail.
Cette rapide rétrospective indique bien la place grandissante qu'à prise dans la Société la Médecine du travail.
Après nous être ainsi rendu compte de ce qu'étaient les maladies professionnelles et de leur importance, il nous est actuellement possible de nous rendre compte de leur fréquence. ;
En France, nous ne paraissons pas posséder de statistique d'ensemble parfaite : cela tient à plusieurs raisons.
Toutes les maladies professionnelles ne sont pas indemnisables.
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Toutes ne sont pas à déclarations obligatoires. Or, nous ne | pouvons, posséder que les chiffres déclarés par le Ministère du Travail, qui ne portent, nous le répétons, que sur les maladies à déclarations obligatoires.
On a même souvent l'impression que parfois des maladies pouvant être déclarées ne le sont pas, et cela pour plusieurs raisons. Toutes les industries ne possèdent pas de médecin altitré, visitant régulièrement le personnel. Le libre choix du médecin par l’ouvrier peut le faire s'adresser à un praticien non spécialisé. Or comme nous l’avons dit tout à l'heure, les maladiés professionnelles n'ont pas toujours un aspect qui permette de les rattacher immédiatement à une profession. Les maladies professionnelles et l'hygiène industrielle font actuellement à la Faculté de Médecine l’objet d'un enseignement complémentaire de perfectionnement, que tous les étudiants ne reçoivent pas.
En France d'autre part, dix produits pharmaceutiques seulement sont indemnisés, alors que dans d'autres pays. comme la Suisse, par exemple, plus de cent produits sont envisagés. Au Japon, en Russie, au Mexique, il v en a plus de trois cents.
Ceci explique les statistiques restreintes que nous produisons, et qui pourraient faire croire que les maladies professionnélles n'existent pour ainsi dire pas chez nous. En examinant les statistiques du Ministère du Travail, nous voyons que
913 cas de maladies professionnelles ont été déclarées en 1982 ; 3
842 en 1933;
840 en 1934.
Ces chiffres sont dangereux, car ils pourraient nous laisser dans un état d'euphorie funeste.
En Allemagne, où les statistiques semblent faites avec une particulière méthode, de 1926 à 1933, il y eut 78.986 màladies professionnelles déclarées. D'autre part un autre tableau allemand, indiquant la morbidité de certaines professions est particulièrement instructif.