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En Grande-Brelagne, il v eut 10.994 cas de Maladies professionnelles déclarés en 1930. Particulièrement intéressante est dans ce pays la comparaison des cas de maladies professionnelles par rapport au nombre d'ouvriers emplovés à celui des accidents du travail.
Pour une période de sept ans, de 1922 à 1928, sur 66 mil- Hons d'ouvriers, soil 9 millions et demi par an, il v eut 113.184 maladies professionnelles, dont 214 mortelles el 3.019.715 accidents du travail dont 18.487 mortels.
Les maladies professionnelles sont donc la cause fréquente de morbidité et de mortalité; voyons maintenant comment nous sommes armés contre elles, pour nous rendre compte de l’aide que peut nous apporter l'hydroclimatothérapie dans l'hygiène et la Thérapeutique industrielles.
Nombreuses sont les classifications des maladies professionnelles : certains les classent en maladies de causes endogènes, et en maladies de causes exogènes, d'autres en maladies aiguës et en maladies chroniques, ete. Nous adopterons cette dernière classification qui nous paraît donner un aspect plus exact de la réalité.
Les maladies professionnelles aiguës : L'élément primordial est l'agent nocif ingéré à dose massive. Il s'agit le plus souvent d'un sinistre imprévisible, brutal, praliquement inévitable, qui, peut en quelque sorte être apparenté à l'accident du travail : erreur de manœuvre, rupture d'une canalisation, ete. L'intoxication oxycarbonée aiguë, le coup de plomb des vidangeurs, le lélanos des égoutiers en sont des exemples. La brusquerie et l'intensité des signes ne laissent le plus souvent place qu’à une thérapeutique purement symptomatique, quand celle-ci à le temps d’être faite. Ge sont des cas que nous
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mentionnons pour mémoire, car l’hydro-climatothérapie n’a aucun rapport avec eux. Il est, toutefois des cas, qui peuvent ne pas être mortels; une intoxication massive et grave laisse souvent après elle des séquelles digestives, hépatiques, rénales, pulmonaires, nerveuses, elc., pour lesquelles une thérapeutique thermale est largement indiquée. Nous ne faisons que mentionner ce fait, car nous allons insister sur cette question au sujet des intoxications chroniques.
Les maladies professionnelles chroniques forment un immense chapitre de la pathologie du travail.
Elles peuvent être provoquées par la façon d'être de lPouvrier el sa résistance au travail:
par des agents chimiques, qui peuvent occasionner soit des troubles généraux, soit des (roubles localisés dans un organe, soit atteindre uniquement la peau:
par des agents microbiens ou parasitaires:
par des agents physiques : chaleur, froid, pression atmosphérique, radiations, etc.
Les maladies professionnelles dues à la résistance de l'ouvrier au travail sont particulièrement intéressantes.
L'introduction dans l'usine des méthodes de rationnalisa- : ton du travail, dont Taylor fut le promoteur, et, qui tendent à donner aux ouvriers Je maximum de rendement, ont transformé complètement les conditions physiologiques du travail.
Aujourd’hui, l’ouvrier ne paraît plus que le servant de sa machine, qui exige de lui l’abdication de son initiative et l'oblige à une répétition indéfinie des mêmes gestes, des mêmes mouvements, des efforts d'attention multiples, qui peuvent amener là fatigue et le surmenage.
La méthode ne faisant travailler que certains groupes de museles de l’ouvrier à enlevé au travail ce caractère d'être le meilleur régulateur de l'équilibre physiologique. Car l’exercice musculaire normal est un excellent stimulant des fonctions végétatives.
M. Dhers à dit à ce sujet : « La fatigue industrielle est plus sensorielle et intellectuelle que musculaire et physique, par suite des conditions modernes de production (répétition des
mêmes mouvements précis, d'efforts des organes des sens, el de la volonté, avec süurmenage des processus impliqués) ».
Il est certain que la visite d'une usine moderne avec son atmosphère particulière el surchauffée, le bruit de ses machines, le travail à la chaîne, toujours identique, la promiseuité inévilable du travail, oblige à se rendre compte de ce que pourrait représenter pour ces ouvriers une cure d'air, d’altitude ou hydro-minérale de désintoxication et de repos : acüon bienfaisante e{ prophylactique, non seulement contre la faligue et le surmenage, si bien connus en pathologie du travail, mais aussi contre les autres maladies auxquelles ils auront préparé le terrain.
C’est là une notion que nous ne semblons pas devoir ignor'er.
C'est également devant ce tableau, souvent trop superficiellement connu que lidée du médecin d'usine s'impose : médecin dont le rôle si souvent el si bien décrit par M. le Prof. agrégé Duvoir, sera plus de dépisler el de prévenir, que dA guérir, et dont la tâche morale sera faite de compréhension et d'éducation.
Il est certain que cette fatigue industrielle peut atteindre des sujets robustes. Mais n'oublions pas que les facilités du travail amènent vers les grands centres des populations rurales, qui peuvent être « des inadaptés urbains » et être en premier lieu, plus que tout autre, lributaires de ces [hérapeutiques.
. Quant aux fatigues localisées à cerlains groupes muscu-
laires, mais respectant jusqu'à un certain point l’état général, dont la crampe de l'écrivain est l'exemple classique, elle relèvent en premier lieu d'un dépistage médical précoce el du changement de travail; elles pourraient en second lieu trouver leur guérison dans une crénothérapie chaude associée à la physiothérapie.
Quant aux maladies professionnelles par agents physiques ou chimiques, elles sont excessivement nombreuses,
Les progrès et l'extension de l’industrie l’obligent à avoir de plus en plus recours à des produits chimiques el à des agents physiques nombreux. La manipulation sur une grande
échelle de produits tels que le plomb, le mercure, le benzène, etc., et autres dont la liste s’allonge incessamment, pourrait occasionner par leur toxicité des maladies nombreuses, si une connaissance parfäite de l'hygiène industrielle et de la médecine du travail ne venait sauvegarder la santé des travailleurs.
Il est très certain, comme le fait justement remarquer M. René Barthe dans la Presse Médicale du 6 avril 1938, que nombre de maladies professionnelles pourraient être évitées par une prévention (echnique parfaile (outillage perfectionne, éducation des ouvriers, dépistage précoce, ete.) et par une collaboration étroite entre le médecin el l'ingénieur, le médeein el le délégué ouvrier à l’Hygiène et à la sécurité, par un contrôle fréquent du matériel: mais, malheureusement, il est des cas où, dans la maladie professionnelle, l'élément primordial est le « Terrain », si bien mis en valeur par MM. Duvoir et Pollet dans leur article sur l’'Intolérance en Palhologie professionnelle, Annales dé Médecine légale, mai 1937. Tel ouvrier est atleint à des.doses inoffensives pour un autre.
Il est hors du cadre de notre travail de faire ressortir cette prévention de la maladie professionnelle el de la détailler. Nous nous contenterons d'en indiquer l'importance et de répéter qu'elle doit être le fondement de la médecine industrielle.
La maladie professionnelle déclarée, soil par faute, soit parce que l'agent toxique a trouvé un terrain sensibilisé, sur lequel il à produit des ravages à des doses inoffensives pour d'autres, que devons-nous faire ? ou plutôt, comment sommes-nous armés ?
Si certains produits, depuis longtemps étudiés, occasionnent des troubles bien connus et individualisés, ayant une thérapeutique assez active, (comme les intoxications par le mércure, le plomb, le bismuth et leur traitement par le soufre), certains par contre, et ce sont les plus nombreux, n'ont pas à proprement parler de traitement nettement individualisé.
Notre action se borne en premier lieu, et avant tout, à une action prophylactique, une fois l’intoxication déclarée, le plus souvent devant l'impuissance de nos thérapeutiques, on se
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borne à soustraire le malade au toxique et à faciliter la désintoxication par le repos, par un régime hypotoxique, diurétique, et au besoin par une thérapeutique purement sympto- Malique contre certaines manifestations.
Ces conditions ne semblent nulle part mieux réalisées que dans nos stations thermales dont l'action anti-toxique générale à élé maintes fois signalée et depuis longtemps connue et éprouvée. |
Celle action, qui provoque, suivant l'expression imagée, « une vérilable cure de lavage », par un effet souvent combiné sur le foie et sur le rein, qui a fait depuis si longtemps user de la crénothérapie dans certaines diathèses, comme l'arthritisme, par exemple (pour lequel la crénothérapie est une des thérapeutique les plus active), pourrail, nous le pensons, être ulilisée mieux que nulle part ailleurs, dans les intoxications professionnelles.
Ceci peut être dit d’une façon générale, car, il est des cas où la crénothérapie s'impose par une aclion spécifique et ces cas sont au nombre de deux
A) Dans les cas où la minéralisalion de l’eau l'indique comme anti-toxique spécifique ;
B) Dans les cas où un organe où une fonction ont été électivement touchés.
A) L'action du soufre (hermal, que nous avons fait ressortir dans le traitement de la syphilis, en indiquant, comme le montre M. Desmoulière, que le mercure se transformerait dans l'organisme en chloro-albuminates d'hydrargyre insolubles. Les eaux sulfureuses agiraient sur ces chloro-albuminates en augmentant la puissance de solubilité des albumines vis-à-vis du mercure, el d'autre part en transformant ces chloro-albuminates insolubles en sulfates solubles facilement éliminables.
L'action du soufre est également remarquable dans l'intoxication saturnine. Les eaux sulfureuses offrent tellement d'avantages sur le classique miel soufré, par son action diurétique, et reconstituante, qu'il nous paraît inutile Le nous apesantir sur une chose si évidente.
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Le soufre (hermal est un excellent reconstlituant général de l’économie, il stimule les échanges nutritifs d’une façon remarquable (Flurin). Cette action est loin d’être négligeable dans les intoxications chroniques.
B) Si l'action des eaux n'est pas toujours indiquée par leur minéralisation, elle peut l'être par leur action particulière sur un organe lésé plus spécialement par un loxique.
Dans ces cas également, elles paraissent avoir une action que nous ne semblons pas devoir négliger, cur elles permettront sans autre médicament chimique d'agir sur un organisme déjà intoriqué.
Certains toxiques touchent particulièrement le foie, Phydrogène arsenié, l'hydrogène phosphoré, le tétrachloréthane, le plomb, l'alcool, ete. et provoquent comme les phénols, le manganèse, un état de déficience du foie.
D’autres touchent le rein : le mercure, le plomb, les chromates, etc.
D'autres touchent en même temps le foie et le rein, déterminant des hépalo-néphrites : le chloroforme, di et trichloréthylène, tetrachlorure de carbone, benzènes, et dérivés halogénés nitrés, phosphore, arsenic, etc...
D’autres ont pu toucher plus électivement le système nerveux, y provoquant des lésions multiples, névriles, paralysies, elc., comme également le plomb, le mercure, l’arsenic, l’oxyde de carbone, le sulfure de carbone, le manganèse.
D’autres, le sang, comme les benzols, les rayons X, ete. Et nous pourrions délailler toute la pathologie du travail.
Nous croyons que dans ces intoxications chroniques avec lésions et troubles fonctionnels électifs d’un organe, la thérapeulique hydro-minérale est prépondérante par son action antitoxique générale et par son action élective sur un organe. Les eaux de Vichy, par exemple, dont l’action sur le foie n’est pas discutée, ne trouveraient-elles pas une utilisation ration- nelle dans les lésions toxiques de cet organe ? Les eaux de Saint-Nectaire dans les néphrites, etc. ?
Les cures d'altitude qui favorisent l’hématopoïèse et la régénération globulaire nous paraissent tout indiquées dans
les anémies si fréquentes dans les maladies par radiations, par benzols, ete...
Quant aax dermaloses professionnelles, elles occupent dans la pathologie du travail une grande place, qu’elles méritent par leur fréquence. On peut, en effet, évaluer à 10 pour cent de La totalité des malades consultants à l'Hôpital Saint-Louis les malades alteints de ces dermaloses, à dit le Prof. agrégé Sézarv, dans sa leçon à l'Institut de Médecine industrielle et d'Hygiène du travail (1937), où par ailleurs il désigne l’idiosyncrasie el l'allergie naturelle, comme facteurs les plus fréquents de ces affections. L'action des cures thermales est indiquée dans ces deux cas.
L'action désensibilisante, par l'intermédiaire du foie, de certaines eaux thermales est bien connue. Des stations se sont également rendues célèbres par leur action locale sur cès dermatoses.
Les maladies microbiennes et parasilaires professionnelles ne relèvent de la crénoclimatlologie qu'en période de convalescence, à litre de reconstituant général et pour lutter contre certaines séquelles.