‹ Contribution à l'Étude de l'Hydronéphrose IntermittenteChapitre 12 sur 15 · TRE · texte numérisé non relu

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En somme, à un premier examen les deux uretères paraissaient absolument indemnes. On note un peu d'hypertrophie du cœur gauche.

OBsERvVATION II {1° cas de Gérard-Marchant) (1).

Une cuisinière âgée de 26 ans nous fut adressée par M. Landouzy. Elle souffrait, disait-elle, depuis de longues années, du bas-ventre et du flanc droit.

Le toucher vaginal démontra l'existence d’une salpingoovarite bilatérale. M. Gérard-Marchant constate en même temps une ptose rénale totale à droite. Nous avions ainsi l'explication des douleurs du bas-ventre et de la sensation de gêne que la malade éprouvait au niveau du flanc droit. Cette coïncidence d’une lésion utéro-ovarienne et d’un rein mobile ne pouvait nous surprendre, étant donnée la fréquence de cette association morbide.

L'ancienneté de la lésion des annexes, les souffrances accusées par cette malade, qui ne pouvait plus vaquer à ses occupations, nous semblaient commander une laparatomie, qui fut pratiquée le 25 février 1892. A droite, nous trouvàmes un ovaire scléro-kystique ; à gauche, à une trompe très notablement augmentée de volume et imfiltrée de pus.

Je passe sur les suites de l'opération, qui furent très simples. Du 25 au 15 mars, la température ne dépassa pas 375. Je note simplement l'impossibilité pour l’opérée d'uriner sans sonde pendant quinze jours.

La guérison semblait être définitive, quand le 16 mars la malade est prise de fièvre, de frissons, d’une courbature générale, de nausées, de vomissements et d’une somnolence invincible. En même temps, le flanc droit devient douloureux ; les urines, quijusque-là avaient été claires, abondantes, sont rares, foncées en couleur, et laissent déposer un nuage

(1) V. Gazelte des Hôpitaux, 1er juin 1893.

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grisàtre. Examinées au microscope, on y trouve de rares globules de pus : pour la première fois, elles contiennent de l’albumine. *

L'examen méthodique du rein droit nous révéla trois faits : nouveaux et lnportants : le rein en ptose totale, qui était mobile, réductible au gré de l'explorateur, était devenu fixe, immobile, Sans que la palpation ou les efforts de toux parvinssent, comme au début, à le faire rentrer dans sa loge. Second point, ce rein était notablement augmenté de volume, et comme enserré dans une sorte de tuméfaction périphérique ; enfin, il était devenu d'une sensibilité particulièrement exquise.

Pendant trois jours, la malade présenta les mêmes accidents ; le quatrième jour, la fièvre tombe, l'appétit renaît, mais les urines sont toujours beaucoup moins abondantes. La température revient à 37° et s’y maintient pendant quatre jours. À ce moment, c'est-à-dire le 23 mars, nouvelle ascension du thermomètre (4(°) accompagnée des mêmes phénomènes. Cet accès présente la même durée que le précédent : trois jours. Le rein est toujours fixe et immobile, augmenté de volume et douloureux. Les urines sont rares.

Le 29 mars, changement à vue, tous les accidents cessent; le rein est devenu aussi mobile que lors de la première exploration, il reste gros, mais moins douloureux.

C’est alors qu’en interrogeant la malade avec plus de soins, on apprend que depuis quatre ans elle a eu des accès analogues, à huit ou neuf reprises différentes. La première fois elle à gardé le lit pendant deux mois: la région du flanc droit avait augmenté de volume à cette époque. On l’a soignée par des pointes de feu et des vésicatoires.

Les autres accès duraient 15 jours, 8 jours, 3 et 4 jours. Dans l'intervalle, la malade reprenait ses occupations,

En présence de ces symptômes, je portai le diagnostic d'étranglement rénal, de rein mobile immobilisé : accidents que l’on explique maintenant par la coudure de l'uretère. C'était une hydronéphrose intermittente, mfectée, pas une pyonéphrose, puisque les urines ne contenaient pas toujours du pus, et que, en dehors des crises, la malade était apyrétique.

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