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Je conseillai l'usage d'une ceinture de Glénard, espérant par ce refoulement du rein, soulager la malade. Mais le Le décembre 1892, elle rentrait à Laënnec, demandant à être opérée, car elle avait eu, depuis sa sortie de l'hôpital, quatre crises rénales très douloureuses.
Le 20 décembre 1892, avec nos aides habituels, MM. Renault et Damaye, internes des hôpitaux, et l'assistance amicale de mon collègue, M. Tuffier, je pratiquai à cette malade une néphropexie, précédée d’une néphrotomie et d'un drainage rénal. ;
Ce seul plan opératoire permettait en effet : 1° de s'assurer
qu'il n'y avait pas de calcul rénal (quoique la chose fut peu probable, car la malade n'avait jamais eu d'hématurie, et que les accès offraient un type clinique différent de celui des calculs) ; 2° de désinfecter la poche; 3° dess’opposer par le drainage à la rétention de liquides septiques.
Je passe sur les détails de l'opération. Le rein, découvert par une incision lombo-iliaque, fut incisé sur la partie moyenne de son bord convexe jusqu'au bassinet. Le doigt introduit par cette brèche rénale put constater les dimensions excessives du bassinet, mais l'exploration digitale, ou avec l'extrémité d’une pince, ne révéla pas la présence d’un calcul.
Le rein était gros et le parenchyme rénal d'apparence saine.
Un drain (tube de caoutchouc rouge sans orifices latéraux) plonge dans le bassinet — suture à la soie du tissu rénal, au-dessus et au-dessous du drain. Le rein est fixé à la dernière côte et à la paroi par trois fils de soie qui traversent la capsule et les plans musculo-aponévrotiques de la paroi abdominale.
La peau de la paroi abdominale est ensuite suturée. Pansement à la gaze iodoformée. | é
La guérison opératoire n’a rien présenté d’anormal. Pendant deux ou trois jours il s’est écoulé par le drain un liquide roussâtre, en petite quantité. Le drain fut retiré au bout de six semaines. Fermeture très rapide du trajet du drain, sans fistule.
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OBSERVATION TITI (2° cas de Gérard-Marchant) (1).
I s'agit d'une jeune fille de 21 ans, entrée à Laënnec (service de M. Nicaise), le 31 mars 1893, pâle, anémique, chétive, amaigrie, ayant l’habitus phtisique : elle se plaignait d'une douleur dans la région lombaire gauche, douleur qui remontait, disait-elle, à un accouchement en fevrier 1889, et qui se serait exagérée lors d’un second accouchement en avril 1892.
En explorant la région lombaire gauche, nous constatâmes l'existence d’une tuméfaction sous-rénale, sans limites précises, occupant tout l’espace compris entre les fausses côtes | et la fosse illaque.
Cette tumeur était fluctuante, elle donnait lieu au ballottement rénal, et après avoir éliminé l'existence d’un kyste de la rate, le diagnostic d'hydronéphrose fut porté : dans un cas semblable, nous avions vu Trélat, alors que nous étions son chef de clinique, faire une ponction, ramener un liquide renfermant de l’urée, mais cette ponction nous sembla inutile pour le diagnostic, susceptible même d’inconvénients.
Cette malade était en observation dans ce service : je l’'examinai deux fois par semaine, et j'étais frappé de la diminution de la poche.
Pour en constater l'existence, il fallait déprimer fortement la paroi abdominale, et arriver à comprimer la tumeur entre les mains placées, l’une sous les fausses côtes, l’autre dans la région lombaire; par cette sorte de resserrement de la tuméfaction, on arrivait à sentir une résistance.
Un jour, M. le D' Glénard vint assister à notre visite. etje montrai cette malade à notre distingué confrère, qui a étudié avec tant de crédit l’entéroptose et les déplacements concomitants du foie, de l'estomac et du rein; quelle ne fut pas ma surprise, lorsque M. le D' Glénard me dit : « Mais cette malade n’a rien du côté de son rein, on ne le sent pas : il n’est même pas abaissé ! »
(1) V. Gazette des Hôpitaux, 1e juin 1893.
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En même temps que la disparition totale de cette tumeur rénale étaient apparu deux phénomènes importants :
1° l'augmentation de la quantité des urines : la malade urinait 3 litres au lieu de 1,750 grammes de liquide ;
2 Ce liquide urinaire, absolument normal jusque-là, contenait 75 centigrammes d’albumine par litre.
Le 6 avril, la tumeur qui s'était éclipsée commençait à apparaître : les urines tombaient à 1,750 grammes; elles ne contenaient plus d’albumine.
OBSERVATION IV (observation Segond).
Hydronéphrose intermittente droite.
Femme de 25 ans, ayant eu deux ans auparavant des accidents de périmétrite, qui ont disparu avec un traitement médical. Six mois après, il y a dix-huit mois, apparaissent des crises lombaires à droite, caractérisées par une douleur atroce avec apparition très nette d’une petite tumeur dans le flanc; pendant six mois, de semblables crises, apparaissant sans aucune cause appréciable, surviennent tous les trois jours, durent 5 à 6 heures, et se terminent invariablement par une abondante émission d'urine. Pendant les treize mois qui suivent, l’évolution de la crise suit un mode un peu différent; elle apparaît tous les huit ou dix jours seulement, mais elle dure beaucoup plus longtemps, 20 à 30 heures.
Une ceinture, que l’on conseille à la malade de ‘porter, modifie encore la périodicité de la maladie, dont les phases sont un peu variables mais persistent néanmoins.
M. Segond, appelé à voir la malade (décembre 1888), au moment même d'une crise, constate la présence d’une tumeur, qui ne dépasse guère les fausses côtes de plus de quatre travers de doigt, et constate aussi qu'elle n'appartient pas à un rein mobile.
26 janvier 1889.— Incision lombaire, le rein est découvert, ponctionné, puis incisé; l'opérateur explore le bassinet et ne