DE
L'AYDROMEPHROSE INTÉRMITTENTE
Définition.
L'hydronéphrose est une collection liquide, résultat de la dilatation aseptique du bassinet par l'urine, à la descente de laquelle s’est opposé un obstacle mécanique quelconque. Cette définition, que nous empruntons à l'ouvrage de MM. Baudoin et Terrier, nous permet de soupçonner les principaux caractères de cette affection.
Ce sont les caractères de toute tumeur rénale, et nous ne nous y arrêterons pas. Mais que l'obstacle qui s'oppose à l'écoulement de l'urine vienne à disparaître momentanément, que le calcul rénal, la masse caséeuse, produit d'une évolution tuberculeuse ou néo-
ADR plasique, cède, comme certains auteurs l'ont prétendu, sous la pression intrarénale, 1l se produira une débâcle, la quantité d’urine augmentera dans une proportion notable tout d’abord, reviendra ensuite à son taux normal pendant un temps indéterminé, et enfin l’obstacle reparaissant déterminera de nouveau l'apparition de la tumeur rénale. Ces débâcles urinaires survenant à intervalles éloignés constituent un des signes pathognomoniques de l'hydronéphrose intermittente.
On à proposé une autre terminologie, et c'est ainsi que nous serons peut-être appelé à parler de l’hydronéphrose ouverte et de l’hydronéphrose fermée, Newman la désigne par les mots d’hydronéphrose transitoire et Wilse nous parle de l’hydronéphrose passagère.
Historique.
La première observation que nous rencontrons dans la littérature médicale est celle de Tulpius. Laissant de côté l'interprétation des faits donnée par l’auteur, et qui est en rapport avec les théories physiologiques en cours au XVII° siècle, nous croyons avec Landau, le véritable père de l’hydronéphrose contemporaine, que Tulpius se trouvait bien en présence d’un sujet dont l’uretère se fermait et s'ouvrait alternativement et à intervalles éloignés. |
Voici en quels termes, en 1672, Tulpius nous rapporte l'observation de son malade, qui présentait bien, croyons-nous, les symptômes d’une hydronéphrose intermittente gauche :
« Henri Aïinsward, théologien anglais, présentait une suppression de l'urine presque à chaque pleine lune, avec une oppression notable et une inflammation évidente dans tout le corps. L’urine n’était pas évacuée, si ce n’est au déclin de la lune, ou quand on lui ouvrait les veines du bras. Mais perdre tout son
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sang toutes les fois que la lune, arrivant à son plein, lui arrêtait le cours de l'urine, ne paraissait pas ce qu'il y avait de mieux pour le malade; aussi supportait-il chaque fois patiemment un mal qu'il ne pouvait éviter d'une autre façon.» | |
Et personne, continue Tulpius ne se trouva d'un jugement assez sagace pour pouvoir donner une raison naturelle de cette périodicité de la suppression de l'urine.
L’autopsie seule fit sortir heureusement la vérité de l’abîme où elle était submergée, et montra clairement comment l’étroit bassinet du rein gauche prenait un développement tel, qu’il faisait très facilement l'office d’une seconde vessie. Celle-ci, par suite, était d'autant plus vide que le rein était plus dilaté.
Il est donc croyable, continue l’auteur anglais, que c’est de cette révolution périodique du flux de l'urine que provenaient les maux dont cet homme souffrait à toutes les pleines lunes. Cependant la vessie, en outre de cet empêchement, contenait de plus deux calculs considérables ; de même, la vésicule du fiel, mais ceux-ci étaient petits, noirs, polis d’un aspect de pierre ponce et tarés.»
Nous n’apprécierons pas les réflexions de Tulpius; il était du XVII siècle et parlait comme les physiologistes de son époque.
Bien plus tard, Boissier du Sauvages revient sur le cas de Tulpius; pas plus que ce dernier, il ne peut expliquer l'arrêt temporaire de la sécrétion rénale et ne paraît guère fixé sur cette forme spéciale de rétention.