‹ Contribution à l'Étude de l'Hydronéphrose IntermittenteChapitre 7 sur 15 · BE RS · texte numérisé non relu

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Dauders, celle de Gaubeaux, de Vulpian, de Brown- Séquard, répétées sur des animaux d'espèces très variées, le prouvent. On voit des contractions rythmiques se produire sur l’uretère de l'animal vivant, et avec une certaine régularité.

La contractilité de l’uretère a été étudiée expérimentalement d'une façon complète par Vulpian, Si l'on applique à l’uretère intact l’excitant galvanique en un point quelconque de son trajet, on voit la contraction incitée se propager dans les deux sens, en haut et en bas, à partir du point excité.

Hallé s'étend assez longuement sur ce phénomène physiologique. Cette contraction ainsi propagée est péristaltique, cessant au point primitivement excité pendant qu'elle continue à s'étendre. Si l’on a placé au préalable en un point du conduit une ligature, la contraction excitée suivant le même mode que tout à l'heure ne franchit pas le point lié. (Engelman.)

Si, sur un chien, on observe simplement l’uretère on le voit se contracter deux à dix fois par minute à intervalles réguliers. Cette contraction. s'accompagne de changements remarquables : l’uretère d’aplati devient cylindrique et diminue de calibre.

On s’est demandé la cause de ces contractions uretérales. Le simple contact de l'urine ne paraît pas avoir d’action ; mais les variations de pression en ont une bien marquée. A l’état normal, il n'existe pour ainsi dire pas de pression, cependant M. James l’a mesurée et l’a trouvée égale à ? centimètres et demi de mercure. Sokoloff et Luchsinger ont bien fixé l'influence d'un obstacle quelconque sur les variations

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de cette pression. Les contractions augmentent de rapidité et d'intensité à mesure que s'élève la pression, sauf quand on arrive à des pressions trop fortes : alors l'organe, inférieur à sa tâche, semble s’épuiser, et les contractions se ralentissent (Hallé). Cette augmentation d'action en présence d’un obstacle, est bien de nature à nous expliquer l’hypertrophie des parois de l’uretère que nous avons plusieurs fois observée dans les autopsies d’hydronéphrose et qui est un fait de physiologie musculaire générale.

Cette impuissance de l’uretère à demeurer contracté un long temps lorsque la pression devient considérable, et sur laquelle James insiste beaucoup, ne nous permet pas de nous ranger à l'avis de Landau, qui admet que cette contracture peut être cause de rétension urinaire dans le bassinet. Au bout de peu de temps, la pression devient considérable, le muscle fatigué se relâche, ne permettant pas une accumulation d'urine dans le rein assez considérable pour donner lieu à ces évacuations abondantes qui ont été regardées comme un des signes pathognomoniques de l’hydronéphrose.

Relations étiologiques entre les reins mobiles et l'hydronéphrose intermittente. — Avant de passer à l'étude de la symptomatologie de l’hydronéphrose, jetons un rapide coup d'œil sur les relations étiologiques qui unissent les reins mobiles et l’hydronéphrose. MM. Terrier et Baudoin ont donné déjà la statistique des cas étudiés par eux et sont arrivés aux tableaux suivants :

ie) 1e

Sur 56 observations, il ont vu 44 femmes hydronéphrotiques et 12 hommes.

Ce qui pour cent donne les chiffres ci-après :

Pour cent : 78 femmes — 22 hommes.

Quant au côté atteint, ces mêmes auteurs éliminant, pour simplifier leur travail de comparaison, deux cas d’hydronéphrose intermittente considérés cliniquement comme double et d’autres dans lesquels le côté atteint n'avait pas été fixé, basent leurs calculs sur 49 malades.

Sur ces 49 malades, il y a eu 30 reins droits atteints et 19 gauches : ce qui pour cent donne 61 hydronéphroses droites et 39 gauches.

Chez l'homme, sur cent, 1l y a eu 34 hydronéphroses droites, 66 gauches.

Chez la femme, sur cent, il y a eu 10 hydronéphroses droites, 30 gauches.

Deux faits ressortent des chiffres que nous venons de passer en revue : 1° la fréquence beaucoup plus grande de l’hydronéphrose chez la femme; ?° le nombre bien plus considérable, toutes choses égales d’ailleurs, de reins gauches malades chez l’homme.

Si les rapports entre les reins mobile et l’hydronéphrose intermittente étaient aussi étroits qu’on l’a écrit, les mêmes proportions devraient exister dans les statistiques de reins mobiles, et cette lésion devrait par conséquent exister beaucoup plus fréquemment à gauche chez l’homme et au moins dans un tiers des cas chez la femme.

Pour avoir des données aussi précises que possible sur les reins mobiles, nous nous sommes

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adressé à M. le D' Glénard. Cet auteur, dans sès études sur l’entéroptose, à étudié d’une façon toute spéciale la mobilité du rein, dont il a complètement transformé l’histoire. ee

Dans les très nombreux palpers abdominaux auxquels il s’est livré, M. Glénard l’a recherchée systématiquement par le procédé de la palpation qu'il a * décrit et qui a été adopté depuis par la plupart des auteurs. Aussi, est-ce sur plus de 500 cas que repose la statistique qu'il a bien voulu nous fournir.

Sur 100 cas, F. Glénard en a trouvé :

88 °/, chez les femmes; 12 °/, chez les hommes.

En en éliminant 20 °/, qui sont bilatéraux, il ne trouve pas un rein mobile gauche sur 100 chez l'homme, et en trouve 5 chez la femme.

À la doctrine qui place l’hydronéphrose sous la dépendance de la mobilité du rein, M. Glénard fait les objections suivantes, dont il a bien voulu nous formuler l'énoncé dans la note manuscrite que nous insérons 1C1 : |

« 1° Sur 537 cas de mobilité du rein, M. Glénard n'a observé que ? cas d’hydronéphrose; il s'agissait de deux jeunes filles dont l’ectopie était fixée, et bien plus vraisemblablement congénitale, que résultant de la fixation d’un rein préalablement mobile.

« 2 Il n’y a pas de relation entre la proportion de l'hydronéphrose suivant les sexes et le côté atteint, d'une part, et, d'autre part, la proportion

PES suivant les sexes et le côté atteint dans la mobilité rénale. »

En rapprochant en effet les deux tableaux que nous avons tracés plus haut, nous trouvons une contradiction flagrante, si l’on accepte les idées de Landau et de son école.

Il est étrange, en effet, si, comme l'enseigne le chirurgien de Berlin, l’hydronéphrose est une conséquence du rein mobile, il est étrange que chez l'homme, où elle se présente surtout à gauche, puisqu'on y trouve 66 °/, des hydronéphroses observées, on ne trouve pour ainsi dire pas de reins mobiles.

« 3° Il n'existe pas d'observation dans laquelle on ait pu prouver que l’hydronéphrose avait été précédée par la mobilité du rein. Le fait de la coïncidence chez une malade, ou à l’autopsie, de la mobilité du rein et de l'hydronéphrose ne prouve pas que cette dernière soit une conséquence de la mobilité rénale, tandis qu'il est tout aussi logique d'admettre que la mobilité est une conséquence de l'hydronéphrose,

« 4° Dans toutes les autopsies d’hydronéphroses où l’on a cru pouvoir incriminer la mobilité du rein, on trouve une cause d’angustie de l’uretère, indépendante de la mobilité rénale et suffisante à elle seule pour expliquer la rétention, si tant est que cette stricture de l’uretère soit la cause réelle de l'hydronéphrose.

« En revanche, il est des cas : 1° dans lesquels on constate à l’autopsie une hydronéphrose très accentuée, sans qu'il soit possible de trouver le moindre

ER obstacle à l'évacuation du bassinet ou de l’uretère (obs. de Siraud) (1); 2° où l’anurie a pu durer jusqu’à un mois par cancer de l’épiploon obturant les deux uretères sans qu'une hydronéphrose en ait été la conséquence (obs. de Bouveret, Province médicale, 1894).

« 5° Le principal argument, en faveur de la genèse de l’hydronéphrose par la mobilité du rein, tiré de l'existence, chez les malades atteints de rein mobile, de crises paroxystiques attribuées à la rétention des urines dans le bassinet, est absolument contestable; car : a) il n y à aucune preuve que ces crises soient dues à la rétention de l’urine dans le bassinet, c'està-dire soient des crises d’hydronéphroses ; b) ces crises se rencontrent chez 18 °/, des malades atteints de mobilité du rein ; l’hydronéphrose serait par conséquent une maladie très fréquente, puisque sur 100 femmes atteintes d’affections chroniques, il en est 22 atteintes de mobilité du rein; or, on ne connaît dans la science à ce jour que 85 à 90 cas d'hydronéphrose ; c) on peut démontrer que ces crises sont des crises digestives et en particulier intestinales (côlon transverse sous-hépatique) ou même des crises de lithiase rénale.

« 6° Le rein mobile des malades atteints d’hydronéphrose est toujours augmenté de volume, même dans l'intervalle des crises, et à fortiori pendant les ‘ crises.

(1) Province médicale, 6 janvier 1894. Dans la discussion qui a suivi la présentation des pièces anatomiques par M. Siraud, devant la Société des sciences médicales de Lyon, M. Glénard a fait valoir la portée de cette observation en faveur de sa théorie.

« Dans la presque totalité des crises, qui surviennent chez les malades atteints de rein mobile, le rein conserve ses dimensions normales. »

Ces graves objections présentées par M. Glénard ont une portée qui ne peut être méconnue, émanant d'un auteur dont l'expérience, en ce qui concerne la mobilité du rein, a été hautement consacrée. Elles suffisent à expliquer les doutes que nous avons conçus sur la probabilité de l'hypothèse de Landau et montrent combien sont obscurs encore les véritables rapports existant entre le rein mobile et la maladie qui fait le sujet de cette thèse.

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Symptomatologie.

Si le mécanisme et la pathogénie de l’hydronéphrose intermittente sont encore fort obscurs, il n’en est pas de même de la symptomatologie de cette affection. Nous sommes loin de l’époque où Hare publiait l'observation où pour la première fois : il mettait en lumière les symptômes objectifs de l’hydronéphrose intermittente et interprétait avec tant de sagacité les détails anatomiques révélés par lPautopsie.

Depuis, les observationss e sont multipliées, et dans leur beau traité de l’hydronéphrose intermittente, MM. Terrier et Beaudoin en ont colligé un grand nombre qui abondent en matériaux. Nous n'aurons qu'à les suivre pas à pas.

Hydronéphroses à évacuations brusques. — Nous devons ranger tout d'abord dans une catégorie spéciale un certain nombre de cas d’hydronéphrose intermittente affectant des allures particulières et sortant du cadre ordinaire.

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