‹ Contribution à l'étude de l'hygiène dans la marine marchandeChapitre 10 sur 35 · CRITIQUES DES DIVERS AMÉNAGEMENTS · texte numérisé non relu

CRITIQUES DES DIVERS AMÉNAGEMENTS

Nous allons maintenant passer en revue les divers aménagements et critiquer leur installation au point de vue hygiénique.

$ I. — Postes

Les postes sont destinés à loger l'équipage, ils sont au nombre de deux, l’un pour les matelots à babord et l'autre pour les chauffeurs à tribord.

Ils occupent l’extrême avant du spardek, isolés du reste par la première cloison étanche. La section horizontale de l'avant est triangulaire ; chaque poste en occupe la moitié. L’éclairage et Paération se font par trois ou quatre hublots percés dans le bordé, qui là est oblique d’avant en arrière et de dedans en dehors. Les postes s'ouvrent sur un palier où aboutit l’échelle partant du pontsupérieur. Les cabines des mousses, charpentier, boulanger occupent les côtés du palier. La porte de la cambuse fait face à l'échelle ayant à babord et à tribord celles de chaque poste. La cambuse est donc située au-dessous des postes.

Le palier n'est aéré et éclairé que par la seule porte extérieure, s’ouvrant dans un capot, sorte de guérite regardant l'arrière. Cest donc un véritable impasse, une sorte

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de puits où l’air et la lumière ne peuvent pénétrer, lorsque la porte est fermée par suite du temps ou de tout autre cause.

Ces dispositions sont mauvaises :

1° Les postes sont insuffisants comme dimension, chaque homme, déduction faite du matériel, n’ayant pas plus de trois mètres cubes et demi d'air respirable ; sur certains types ce chiffre descend à trois et même deux mètres et demi. :

On objectera que ce calcul porte sur le nombre total des matelots et chauffeurs et qu’à la mer, un tiers étant de quart, le cubage se trouve élevé d'autant. Oui, mais dans des ports il n’y a plus de quart, l'encombrement maximum est atteint, dans des conditions très souvent redoutables, (épidémies, chaleur et humidité), alors que laération est difficile sinon impossible.

2° La situation des postes dans le spardek fait que ses hublots sont à une faible distance du niveau de la mer, lorsque le navire est à morte charge, (charge maxima). Or les mouvements de tangage, ont lieu autour d’un axe fictif, transversal passant près du centre de gravité et en arrière. A lavant ces mouvements ont donc leur plus grande amplitude, aussi pour peu que la mer soit houleuse, matelots et chauffeurs doivent fermer leurs hublots sous peine de voir les paquets de mer inonder leurs couchettes.

Alors l’aération est nulle, même avec la porte extérieure ouverte.

Au #nouillage, ainsi que cela a été dit, les postes sont au complet, et on ne peut plus compter, même avec les hublots ouverts, sur une aération efficace, la vitesse n’est plus là pour aider à la propulsion de l'air. En admettant

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mème qu'il y ait de la brise, comme le navire se met alors debout au vent, l'air ne peut pas non plus arriver directement aux hublots.

S'ilest accosté, le même fait peut se présenter avec les mêmes inconvénients, (vent debout ce qui est très rare) ; ou bien encore le vent vient du travers, cas le plus fréquent, et alors un poste se trouve privilégié pendant qu’on étouffe dans l’autre. La disposition la plus fâcheuse se trouve réalisée, lorsque trois ou quatre navires se trouvent accouplés.

3° — [La disposition intérieure de ces postes, en fait un réceptacle pour tous les germes possibles. Les parois sont formées extérieurement par la coque, le plancher et le plafond par les parties correspondantes des ponts. Tout cela avec des joints, des couvre-joints, des rivets, en nombre considérable, des encoignures à angles plus ou moins aious provenant de la forme de Pavant. Un ou deux placards de chaque côté de la porte reçoivent les chaussures, le linge propre et le sale, toujours plus ou moins humide, imprégné qu'il est d’eau de mer, les restants de repas, etc.

Les couchettes disposées sur deux étages sont formées d'un treillis en feuillard ; pour toute literie il y a une paillasse et une couverture qui ne sont ni blanchies ni changées pendant les voyages d’une durée de deux mois et demi à trois mois. Aussi dans quel état tout cela est-il en arrivant ? Les matelots et chauffeurs souvent exténués par des manœuvres pénibles vont se coucher, les habits humides de sueur ou imprégnés de graisses, de débris de charbon, d’où une atmosphère humide et méphitique, comme le montrent les moisissures qui se cultivent sur les effets.

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