‹ Contribution à l'étude de l'hygiène dans la marine marchandeChapitre 23 sur 35 · ONE · texte numérisé non relu

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peu près impossible, le rapport devant être visé par le capitaine qui refuse ce visa dans le cas où il est défavorable au fonctionnement de l'hygiène à bord; et puis malgré tout on est complice de ce qui s’est passé, et pour ne pas être ridiculisé on se tait. De plus il est bien rare qu’un jeune fasse sa carrière de médecin de cargo-boat; souvent après un voyage il disparait et laisse à d’autres le soin de réagir : quant aux vétérans, blasés depuis longtemps, ils laissent faire : |

Cest pourquoi, j'ai pris la résolution d'écrire ces pages, et de porter à laconnaissance de mes camarades des faits qui, {sans modifier leurs idées de voyage, les mettront en garde contre ce que leur situation peut présenter de grave, de faux même, à certains moments.

À Rio-de-Janeiro la libre pratique fut aussi accordée, seulement un revirement important s'était déjà produit dans l'esprit de l’état-major et surtout du capitaine.

Depuis Pernambuco à Bahia, à Rio-de-Janeiro maintenant, il n’était bruit que de la mortalité effrayante que la fièvre jaune occasionnait à Santos ; les équipages de certains bateaux avaient succombé en entier, fort peu en revenaient indemnes, et plusieurs bateaux de la Compagnie, venant du sud, avaient perdu plusieurs hommes.

Dès lors le dédain que chacun manifestait à l'endroit de la médecine alla s’affaiblissant et chaque jour j'étais questionné sur les voies et moyens à employer pour conjurer le fléau. J’en profitai pour rassurer l’équipage, raffermir son moral et donner quelques conseils qui, à ce moment seulement, pouvaient avoir de la portée.

Depuis Pernambuco il y avait une distribution régulière

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de vin de quinquina qui fut d’ailleurs continuée jusqu’au

retour. J'en profitais pour lui attribuer une vertu anti-fébrile, connue d’ailleurs et vantée souvent. Ayant entendu dire que l’acide citrique avait une action contre les microgermes amarellas, je priai le capitaine d’en acheter pour aciduler l’eau, ce qu’il fit d'ailleurs aussitôt. Cette mesure connue de l'équipage, fit aussi son effet.

La fièvre jaune débutant toujours par de la céphalalgie, et très souvent de la constipation, je fis chaque jour deux visites dans les postes pour m'enquérir de la santé de chacun,. et de l’état de ses voies digestives. Quelques grammes d’antipyrine et quelques purgatifs judicieusement distribués produisirent d’excellents résultats, en ce sens que les hommes, laissés à eux-mêmes, auraient pu voir faiblir leur moral et justifier cet adage brésilien : « En période épidé- « mique tout se transforme en fièvre jaune. »

Enfin après quelques jours de séjour dans la splendide rade de Rio, l’ordre fut donné d’appareiller pour Santos, la ville insalubre par excellence.

Ace moment l'épidémie provoquait de telles craintes, que « la Ville de Buenos-Ayres », (même Cie) avait tranbordé en rade de Rio son fret à destination de Santos sur un cargo-brésilien, pour s’en aller sur lest prendre du café et ne rester que le minimum de temps dans le port de Santos.

Pour des raisons que je n'ai pu savoir le Cordoba ne transborda pas ; peut-être son fret était-il trop considérable.

Bref, nous arrivämes en rade de Santos le 8 Mars, à 3 heures du soir. |

La chaleur qui était forte à Rio était devenue intolé-

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