DU ROLE DES MÉDECINS A BORD
Maintenant que j'ai suffisamment montré quelle est la situation équivoque, faite par les compagnies aux médecins de leurs navires, je ne puis mieux faire pour dire ce qu’elle devrait être que citer M. le professeur Proust (1).
« Quel caractère doit présenter ce médecin ?
« Doit-il être nommé par l’administration sanitaire ?
« Ou commissionné ?
« Ou simplement embarqué?
« Depuis le décret de 1853, la tendance de l’administra- « tion a été d’intéresser les compagnies à avoir des méde- « Gins commissionnés, en accordant aux paquebots ayant « à bord un médecin conimissionné, certains avantages que « l’on refusait aux autres navires. Les diverses dépêches « qui octroyaient ces privilèges (de 1853 à 1870) mention- « nent toujours que ces privilèges ne visent que les paque- « bots ayant à bord un médecin commissionné. Cependant « la commission actuelle, demandée par les Compagnies, «est lettre morte : ces médecins sont trop Sous Paction des « agents de la compagnie ; il y a toutefois une exception «à constater pour les médecins appartenant à la marine « militaire, et prêtés à la Compagnie Générale Transatlan- « tique.
(1) Prousr : Rapport au Ministre du Commerce, 9 juillet 1885.
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«Aussi il me paraîtrait préférable que les médecins au lieu d’être commissionnés, fussent des fonctionnaires relevant directement de l'administration, nommés par elle après un examen subi devant une commission prise dans le Comité consultatif d'hygiène publique de France.
«Ce serait une assimilation à ce qui se passe à l'égard
des agents des postes.
« Nommés par le ministre du commerce, ne pouvant être révoqués que par lui, ces médecins deviendraient des organes des services sanitaires ; ils n'auraient d’autres
“intérêts que l'intérêt de ce service ; tandis qu'aujourd'hui,
commissionnés ou non, ils sont sous la dépendance ab-
solue de la compagnie qui les paye, les maintient ou les
révoque à son gré. Nous ne devons pas les exposer à ce que leur conscience et leur intérêt puissent se trouver en opposition.
C'est là il est vrai, le moindre souci des Compagnies. Cette remarque, elles ne manqueront pas de la trouver
étonnante. Certains esprits commerçants, qui, par des moyens très honorables, nous n’en doutons pas, font produire à leurs capitaux d'énormes intérêts, sont incapables de concevoir que, payé, un employé (et pour eux, le médeein n’est pas autre chose), ne consente à se plier à toutes leurs: volontés.
M. Proust disait en terminant :
« D'un autre côté cependant, il y aurait une aggravation budgétaire pour le département du commerce s’il devait. prendre à sa charge le traitement de ce nouvel ordre de médecins sanitaires.
« Pour cette raison, il y aurait lieu d'établir une convention avec les compagnies de navigation, stipulant que