RÉSUMÉ
Avant de conclure, il est nécessaire de mettre en face des renseignements fournis par les Compagnies à leurs médecins, les instructions officielles qui devraient leur être remises à chaque départ, ainsi qu’il ressort du rapport de M. le professeur Proust en date du 9 juillet 1885.
Ces instructions, redigées par le Comité consultatif
(4) I y a toujours à Rio-de-Janeiro des docteurs argentins, inspecteurs sanitaires délégués par leur gouvernement ; ils touchent à bord 50 fr. par jour.
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d'hygiène, forment un règlement visant les mesures d'assainissement et de désinfection.
D’après ce règlement, ces mesures, doivent être prises :
1° Au point de départ, ou d'escale d’une région contaminée ;
2° Pendant la traversée ;
3° Enfin à l’arrivée, si les mesures prescrites au point de départ, où pendant la traversée n'ont pas été suffisantes, ou si des accidents se sont montrés à bord.
La présence d’une étuve ne saurait être trop recommandée. | |
« La connaissance de ces règlements et de ces instruc- « tions, dit M. Proust (1), seraindispensable pourles méde- « cins du bord et pour les capitaines qui souvent ignorent « ce qu'ils ont à faire, et qui, quelquefois, invoquent cette « méconnaissance pour expliquer leur inaction. Ces prescriptions ne sont codifiées nulle part, sauf dans les « règlements de quelques Compagnies, où elles sont fort « incomplètes. Aussi, M. le Ministre, lorsque vous leur « aurez donné votre approbation, il sera utile que vous « autorisiez leur tirage à un nombre d'exemplaires suffi- « sant, pour qu’il en soit remis un à chaque médecin et « à chaque capitaine. »
Ces règlements ne peuvent être AT ici in-extenso, et d’ailleurs il n’en n’est pas besoin pour prouver que les moyens hygiéniques employés actuellement, sont plus qu'insuffisants, pour protéger les navires dans les ports contaminés, et enrayer la marche d’une épidémie à bord ;
(1)-ProusT. Loc. cit.
2e ff ee je crois avoir donné des preuves surabondantes à ce sujet.
La Compagnie n’a jamais mis d’ailleurs un exemplaire de ces réglements à ma disposition, et je ne me tromperai sans doute pas en disant que la plupart de mes confrères de la marine marchande sont dans le même cas. Peut-être aussi, comme huit ans se sont déjà écoulés depuis la pre mière impression, est-il permis de penser que l'édition épuisée, n’a pas été renouvelée au Ministère du Commerce.
A ce sujet je puis bien aussi faire remarquer combien estfausse la situation du médecin au moment de son -embarquement, alors même qu’il seraiten possession de ces réglements. Ne devrait-il pas y avoir toujours au port d’attache, comme en ont certaines grandes Compagnies, un directeur de Santé, choisi parmi un des anciens ayant beaucoup navigué, pour initier le nouveau venu à ses obligations. |
Ce serait pour lui une précieuse ressource que d’avoir un technicien compétent, quile renseigneraitsur les dangers inhérents aux diverses lignes fréquentées par les navires, sur les qualités et défauts hygiéniques du bateau qui lui échoiït, au lieu de cela que trouve-t-on? Un employé supérieur de la Compagnie qui administre le bureau d'hygiène, et qui n’en connait que ce qui a rapport au budget. Aussi que de désillusions sont réservées aux jeunes docteurs qui arrivant frais émoulus, après la soutenance de leur thèse, viennent le plus souvent pour faire un voyage avant leur installation, et pensent trouver avant leur départ tous les renseignements et toutes les instructions relatives à la lourde responsabilité qui leur incombe.
Il arrive alors ce qui s’est passé pour chacun de nous, il
obte
faut s’instruire en cours de route, intriguer, demander des éclaircissements, et, trop souvent hélas! on est jugé sur uue question de détail insignifiante et méconnue ; beau- Coup ont ainsi perdu la confiance de leur équipage après avoir commis des maladresses prêtant à l’équivoque, parfois à la plaisanterie.
Je termine par un motsur les aménagements, et leur installation si souvent défectueuse à tous points de vue.
Il serait désirable :
1° Que désormais ies postes soient situés sous le gaillard et que leurs dimensions soient fixées au prorata du nombre de leurs habitants ; qu'ils soient construits avec le minimum d’encoignures et d’interstices possibles, pour en faciliter le nettoyage et la désinfection ; que les placards servant de débarras soient supprimés, et remplacés par un compartiment spécial où les hommes de l’équipage pourraient loger leurs effets ; qu'à chaque voyage les locaux ainsi occupés soient grattés et repeints à neuf ; que chaque matelot ou chauffeur ait à sa disposition deux enveloppes de paillasse qu'il pourrait ainsi blanchir alternativement.
2° Que l’infirmerie soit munie d’un nombre de couchettes en rapport avec sa grandeur ; qu’elle soit munie d’un parquet pour faciliter son nettoyage ; qu’elle soit meublée d’un mobilier sommaire, facile à désinfecter, et qu’en aucun Cas, comme cela se fait trop souvent, elle ne soit encombrée de marchandises, pas plus d’ailleurs que le cabinet de bains.
3° Que le vaigrage, dans les entreponts amenagés pour émigrants, soit remplacé par une cloison pleine, à panneaux mobiles, permettant le nettoyage du bordé qui serait, ainsi que les cloisons, gratté et peint à chaque voyage; que