ERA E
Reinhardt (1), etc... S'il existe des exceptions, elles sont peu nombreuses (2).
Au reste, la paralysie générale n’est pas la seule affection du cerveau dont l’évolution soit entrecoupée d’accès comateux suivis d’hyperthermie. Aux tumeurs cérébrales et aux anciens foyers apoplectiques déjà signalés, il faut encore ajouter les affections cérébro-spinales, telles que la sclérose en plaques. Les observations de Zenker (3), de Léo (4), de M. Joffroy (5) ont été souvent mentionnées. Dans deux d’entre elles, des accès apoplectiformes passagers ont donné lieu à des élévations de température également passagères; dans la troisième (celle de Léo), il s’agit au contraire d'accidents terminaux, avec ascension thermique et mort à brève échéance. Plus. récemment, M. Marie (6), en étudiant la sclérose en plaques chez l'enfant, a constaté des faits semblables aux précédents. On sait enfin que les attaques apoplectiformes ont été observées dans le tabes (7) et même dans certains cas de myélite diffuse (8). Il est probable, malgré l'absence de renseignements thermométriques précis, que les élévations de température n’y font pas défaut.
Un complexus symptomatique analogue peut se manifester dans quelques états pathologiques, étrangers en apparence
(1) Arch. f. Psychiatrie, 1880, t. X, p. 461.
(2) MENDEL. Die progressive Paralyse der Zren, 1880, P. 185 et 189.
(3) Ein Beitrag zur Sklerose des Hirns und Rückenmarks. Zitschr, f. rat. Med., 1865, t. XXIV, p. 228.
(4) Beitrag zür Erkennung der Sklerose des Gehirns u. Rückenmarks. Deutsches- Areh. f. klin Med., 1868, p. 151.
5) Mémoires de la Soc. de Biologie, 1869, p. 146. 6) Revue de médecine, 1883, p. 536.
7) LECOQ. Revue de médecine, 1882, p. 492.
( ( ( (8) GIRAUDEAU. Revue de médecine, 1883, p. 973.
au système nerveux, mais qui s’y rattachent étroitement par certaines complications. Nous voulons parler des accès comateux ou convulsifs de l’urémie, dont l'apparition est souvent signalée, au lieu de l’hypothermie habituelle à cet état morbide, par une hvyperthermie très marquée. Les observations ? F de MM. Guyot (1), Dumont (2), Moussous (3), les travaux de MM. Chantemesse et Tennesson (4), Bouveret (5), Richardière et Thérèse (6) ont montré que les accidents urémiques Î revêtent plus d’une fois un aspect singulièrement comparable à celui des attaques apoplectiformes. Ce. sont les mêmes troubles cérébraux arfois accompagnés de symptômes XP 8 ) | paralytiques, presque toujours de dépression comateuse, et coïncidant avec une ascension brusque de la température. Comme dans les attaques apoplectiformes, celle-ci retombe au niveau normal lorsque l'accès est terminé; elle continue au contraire à s’élever lorsque la mort est proche. De part et d'autre, en un mot, c’est le même tableau clinique. Rarement, il est vrai, l’autopsie révèle une modification des centres nerveux capable de rendre compte des symptômes observés pendant la vie; on ne trouve guère autre chose, en général, que de l’œdème cérébral plus ou moins localisé. Nous savons cependant, par un travail de M. Raymond (7), que cette forme de l’urémie est souvent sous la dépendance de lésions cérébrales anciennes qui sont, au moins dans ces cas particuliers, la condition des troubles nerveux dont les symptômes que (1) Soc. méd. des hôpitaux, 1880, p. 251.
(2) Journal de méd. de Bordeaux, 1882, p. 226. (3) France méd., 1885, p. 509.
(4) Rev. de médecine, 1885, p. 935.
(5) Lyon médical, 1889, p. 75.
6) Rev. de médecine, 1891, p. 991.
7). Rev. de médecine, 1885, p, 705.
Pot PAT
nous’ venons d'énumérer aflirment l’existence. Entre certains accès comateux de lurémie et les attaques apoplectiformes des allections cérébrales chroniques, la ressemblance est done évidente, non seulement au point de vue os mais encore au point de vue anatomique.
En résumé, si toutes les lésions cérébrales ne donrient pas nécessairement lieu à une modification de la température interne, toutes cependant sont susceptibles de la déterminer. Sans doute l'apparition de cette dernière ne semble pas toujours immédiate, mais on peut dire qu'elle est toujours imminente. Tôt ou tard, en effet, la lésion cérébrale peut être le point de départ d'une Dértérbation fonctionnelle des centres nerveux, le plus souvent traduite par l’état apoplectique ou apoplectiforme, et capable de retentir profondément sur la régulation thermique. C’est cette perturbation fonctionnelle, très analogue en somme à celle qui constitue les accès épileptiques ou épileptiformes, que M. Bouchard (1) a proposé de désigner sous le nom générique d'état de mal.
(1) Cours de 1893.