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enfin vingt-quatre heures plus tard, il indiquait 39°. Peut-être se demandera-t-on si le diagnostic de traumatisme cérébral est, dans ce cas, absolument légitime. En effet, si l'existence possible d’une affection viscérale, préalable ou concomitante, est mise hors de cause par l'examen direct du malade autant que par Pévolution des symptômes, il reste encore l'hypothèse d’un accès épileptique ou d'une attaque apoplectiforme. Mais il s’agit d’un homme jusque-là bien portant, sans tare nerveuse apparente, et chez lequel, à coup sûr, de tels accidents se manifestaient pour la première fois. D'autre part, l'absence de mouvements convulsifs pendant toute la durée de l’observation. la persistance de l'élévation thermique au delà de la période comateuse, la non constatation de troubles moteurs ou sensitifs consécutifs, le rétablissement ultérieur complet de la santé du malade, tout concourt à exclure l'influence d’une affection nerveuse antérieure, plus ou moins récente. Si l’on ajoute enfin que les phénomènes ont débuté à la suite d’une chute de trois mètres de hauteur, on sera forcé d'accepter, en résumé, le diagnostic de commotion cérébrale.
Nous trouvons d’ailleurs, dans les observations 25 et 26, des faits à peu près comparables à celui-là, et servant à montrer que la rapide apparition d’une élévation thermique après un traumatisme du cerveau n’annonce pas toujours une mort fatale (1). Dans la seconde partie de ce travail, nous verrons en outre que ce fait reçoit une confirmation absolue des recherches expérimentales entreprises sur les animaux,
A l'appui de ces constatations cliniques déjà anciennes, mais encore peu étudiées, il convient de rappeler lesobservationsbien
(1) Dans l’obs. 26 la guérison n’a cependant pas été définitive, le malade étant mort un mois après l’accident, à la suite d’une méningo-encéphalite tardive.
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connues de traumatismes médullaires, au cours desquels les élévations thermiques succédant aux lésions des centres nerveux ont été signalées tout d’abord. Nous avons déjà mentionné, dans le premier chapitre, les cas rapportés par Brodie, Billroth, Simon, Quincke. Ceux de Frerichs (1), de Weber (2), de Fischer (3), de Nieden (4) ne sont pas moins démonstratfs. Tous ces auteurs ont noté, à la suite de fractures ou de luxations du rachis accompagnées de lésions médullaires, des élévations de température dépassant 42° et 43°. Ces observations sont aujourd’hui classiques. Tout aussi probantes, bien que moins souvent citées, sont celles de MM. Rendu (5) et Churchill (6). Dans l’une, le thermomètre marquait à l’aisselle 39°,8, cinq ou six heures seulement après le traumatisme médullaire ; dans l’autre, la température s’élevait le jour même
de l'accident à 40°. Nous y ajouterons encore un certain nombre
d'observations plus récentes, et qui comportent les mêmes enseignements (obs. 43 à 54).
Ces hautes températures consécutives aux écrasements ou aux contusions de la moelle, et en particulier de la moelle cervicale, sont tout à fait comparables à celles que nous avons étudiées à la suite des lésions du cerveau. Parfois on constate d’abord une première période d’hypothermie, suivie d’une seconde période d’'hyperthermie. Mais le plus souvent, peutêtre, une seule de ces deux périodes se montre exclusivement.
(1) Cité par NAUNYN et QUINOKE. Reicherts und du Bois-Reymond's Arch., 1869, p. 175.
(2) Transact. of the clin. Society, t. I, 1868.
(3) Centralblatt f. die med. Wissenschaften, 1869, p. 259.
(4) Bertin klin. Wochenschr., 1878, p. 742.
(5) Arch. génér. de Médecine, 1869, t. II, p. 286.
(6) St-Thomas Hospital Reports, t. T (cité par HUTCHINSON, voir Arc. g. de méd., 1875, vol. IT, p. 430).