‹ Contribution à l'étude de l'hyperthermie centrale consécutive aux lésions de l'axe cérébro-spinal en particulier du cerveauChapitre 4 sur 61 · DIRES · texte numérisé non relu

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pérature sont d'autant moins grandes que l’animal est plus élevé dans la série des êtres. N'est-ce pas l’homme qui, toutes choses égales d’ailleurs, a le niveau thermique le plus constant? D'autre part, en comparant entre eux ces mêmes vertébrés aux différents âges, on voit que le plus grand nombre, au moment de leur naissance, sont des animaux à température variable. Ils se refroidissent très rapidement, en effet, lorsqu'on ne les maintient pas dans un milieu chaud. ” Le fait est vrai, même pour les enfants nouveau-nés, et n’est attribuable qu’à l’état du système nerveux. Non seulement ce dernier est incomplètement développé, mais, accoutumé pendant existence intra-utérine à une température toujours uniforme, il n’a pas encore été préparé au travail qui lui incombe désormais. Quelques heures ou quelques jours lui sont done nécessaires pour être en mesure de répondre aux exigences nouvelles créées par un nouveau milieu, c'est-à-dire pour savoir combattre et compenser la déperdition de calorique produite à la périphérie.

En résumé, la régulation thermique nous apparait comme une conséquence de l’équilibre des différentes fonctions, solidarisées par l'intermédiaire du système nerveux qui, en réglant leur activité réciproque, peut seul maintenir dans un égal rapport la production et la perte de chaleur. On conçoit, ainsi, qu'une lésion de l’axe cérébro-spinal soit capable de rompre cet équilibre, et, selon le sens de la modification survenue, vienne donner lieu à une élévation ou à un abaissement de la température centrale. Nombre d'observations et d'expériences, relativement récentes, peuvent en fournir la preuve. Ce sont ces faits, en particulier ceux où l’hyperthermie a été notée, que nous aurons à examiner et à discuter dans

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les chapitres suivants. S'ils sont valables, et, nous le croyons, ils apportent un sérieux appui à la théorie de l’origine nerveuse de la fièvre.

IL faut remarquer, à ce propos, que cette théorie est née bien avant la constatation des faits qui semblent la légitimer aujourd'hui. Soutenue pour la première fois, ou du moins formulée d’une façon précise, par Hoffmann (1), il y a près de deux cents ans, elle a été reprise et développée par Cullen (2), et, plus tard, par Hufeland (3). Ces trois auteurs, conime la plupart de leurs contemporains, voyaient surtout, dans la fièvre, l’accélération du pouls; pour eux, le phénomène primitif était un spasme vasculaire, caractérisé par le frisson ; l’hyperthermie, reléguée au second plan, n’était qu'une conséquence des phénomènes précédents. C’est la même manière de voir

qui a guidé Gianini et Rolando (4), lorsqu'ils ont appelé la

fièvre une névrosthénie; elle a trouvé aussi, en France, un certain nombre de partisans. Georget (5), Ollivier (6) Dugès (7) considèrent la fièvre comme une excitation idiopathique ou sympathique du système nerveux, mais ils mettent plus particulièrement en cause, l’un le cerveau, autre la moelle, le troisième le système ganglionnaire. Rayer (8), en étudiant la fièvre intermittente, estime que tous

(1) Diss. praxis clinica et compendiosa fébrium cum cautelis, 1705.

(2) First Lines of the Physie for the use of Students, etc, 1778. (Traduction française de Lens, 1819, p. 100.)

(3) De la Fièvre, 1795. Biblioth. germanique de BREWER, t. IT, p. 277, 1800.

(4) V. BouILLAUD, article Fièvre. Dicé. de méd, et de ch. pratiques, 1832 » t. VIII, p. 80, )

(5) Physiologie du système nerveux, 1821, t. IT, p. 191.

(6) Traité de la moelle épinière et de ses maladies, 1827, t. IT. p, 08.

(7) Essai sur la nature de la pièvre, 1893, t&. I, p. 183.

(8) Dict. de méd. en 21 volumes, 1824, &. XII, p. 387 et 390.

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