‹ Contribution à l'étude de l'hyperthermie centrale consécutive aux lésions de l'axe cérébro-spinal en particulier du cerveauChapitre 9 sur 61 · MAL GE · texte numérisé non relu

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bout de vingt-quatre heures il n'ait pas atteint 370,5; et, à partir de cette époque, il se maintient péndant un nombre variable de jours entre 370,5 et 380. Il est peu commun que ce dernier chiffre soit dépassé lorsque le malade doit survivre, à moins qu'il ne se soit produit quelque complication inflammatoire. Si, au contraire, la maladie doit avoir une issue funeste, on voit survenir, même en dehors de toute complication, une brusque élévation de la température centrale. Dans l’espace de douze, vingt-quatre, quarante-huit heures à peine, le thermomètre marque successivement 89°, 40°, ou même 41°. Le chiffre 42° à été atteint plusieurs fois peu de temps avant la mort. Cette brusque élévation de la température, dans les circonstances qui viennent d’être indiquées, estun signe à peu près certain d'une mort prochaine; elle est habituellement précédée et comme annoncée par l’apparition d’un autre phénomène qui, lui aussi, est du plus fâcheux augure: une tache ecchymotique, fréquemment suivie de la formation d’une eschare, se produit sur la fesse du côté paralysé. Ainsi, dans l’état apoplectique grave lié à l'hémorrhagie cérébrale et au ramollissement du cerveau, on peut observer, en l'absence de complication inflammatoire viscérale, une série de modifications de la température centrale répondant à trois périodes successives : dans la première période, qui comprend les premières heures qui succèdent à l’attaque,le chiffre thermométrique s'abaisse en général au-dessous de 37°,5 ; dans la deuxième, qui dure un nombre variable de jours, il oscille entre 370,5 et 38°; enfin la dernière période, qui aboutit nécessairement et rapidement à la mort, est marquée par une élévation brusque de la température au-dessus de 390,40° ou même 41°. Il importe de remarquer que ces chiffres élevés peuvent être atteints avant que les premiers phénomènes extérieurs de l’agonie se soient prononcés.

Ces recherches nous fournissent des renseignements très importants. Elles nous montrent que l'élévation de température constatée dans les dernières heures de la vie des apoplectiques est absolument semblable à celle qui se produit à la période terminale des affections consécutives aux lésions

anciennes des centres nerveux. Mais l’abaissement initial, mis.

en lumière pour la première fois, est un signe particulier à

l’'hémorrhagie cérébrale récente et lui sert, en quelque sorte, de caractéristique.

Plusieurs travaux, dus pour la plupart à l’École de la Salpêtrière, ne firent que confirmer ces données. M. Lépine (1), dans deux cas d’hémorrhagie sous-méningée, constate les mêmes variations thermiques. MM. Briquebeec (2) et Durand (3) en publièrent quelques nouvelles observations. M. Bourneville (4), en particulier, apporta de nombreux faits cliniques à l'appui, et signala l’influence des épanchements hémorrhagiques successifs sur l’abaissement de la température, ainsi que les modifications de la courbe thermique dans les cas de ramollissement cérébral (5). Il faut citerencorela thèse de M. Hutin (6)

etl’important travailde M. Blaise (7). Celui-ci, étudiant spécia-

lement les températures périphériques chez les apoplectiques, montra qu'elles ont une courbe parallèle à celle de la tempé-

rature centrale.

Il ressort de tous ces travaux que l’abaissement initial ne

(1) Mémoire de la Société de Biologie, 1867, p. 45.

(2) Ztude sur quelques points de la séméiotique des hémiplégies récentes, th.

de Paris, 1868, p. 68.

(3) Des anévrysmes du cerveau, th. de Paris, 1868, p. 108.

(4) Études de thermométrie clinique dans l'hémorrhagie cérébrale, th. de Paris, 1870, et Études cl iniques et thermométriques sur les maladies du système nerveux, 1872.

(5) D'après M. BOURNEFYILLE, la courbe thermique du ramollissement ne présente généralement pas trois périodes aussi nettes et aussi régulières que celles qui caractérisent la courbe de l’hémorrhagie.

(6) Température dans l’'hémorrhagie cérébrale et le ramollissement, th. de Paris, 1878.

(7) Contribution à l'étude des températures périphériques dans les cas de paralysie d'origine encéphalique, th. de Montpellier, 1880,

ns Poe

fut, pour ainsi dire, jamais défaut après une hémorrhagie cérébrale récente. M. Charcot (1) rappelle, à ce propos, les observations de Demarquay (2). On sait que les nombreuses recherches de ce dernier auteur sur la température des blessés; à la suite des grands traumatismes intéressant le squelette, Lui ont permis de constater, dans les premières heures, un abaissement thermique absolument comparable à celui qui succède à lhémorrliagie cérébrale. De part et d'autre, en effet, 1l s’agit de malades en état de choc, c’est-à-dire en proie à une perturbation nerveuse telle que la régulation thermique doit en être profondément modifiée. C'est un de ces faits d'inhibition depuis longtemps décrits par M. Brown-Sequard, et qui, dans la doctrine de celui-ci, correspondent à une excitation anormale du système nerveux, laquelle se manifeste objectivement par le passage du sang rouge dans les veines, et par l’abaissement de la température centrale. Cet abaissement serait donc la conséquence de l'arrêt des échanges chimiques, générateurs de chaleur.

Quelle qu'en soit, d’ailleurs, la physiologie pathologique, rappelons qu'il est surtout marqué lorsque lhémorrhagie s’est étendue aux méninges où aux ventricules ; qu'il se-produit très rapidement, parfois en quelques minutes, plus souvent en quelques heures ; qu’enfin, au bout d’un temps plus ou moins long, mais excédant rarement vingt-quatre heures, ilfait place à la seconde période, ou période de réaction. Celle-ci est, en général, inversement parallèle à la précédente ; la colonne thermométrique remonte à peu près aussi vite qu’elle

{) €. R. Soc. de Biologie, 1871, p. 100.

(2) Gazette médicale de Paris, 1871, p. 393. F

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