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pêtrière et qui furent justiciables de la psychothérapie. La main sur le cœur n'est-ce pas une attitude passionnelle ? Nous ne pouvons émettre que des hypothèses gratuites impossibles à contrôler ; mais une chose est certaine ; c’est que lorsque des phénomènes d’une intensité telle qu’ils font songer à la mort sont guéris par simple suggeslion, on à à faire à une hystérique. Qu'un être sain et normal puisse être accessible à la suggestion, noùs l’admettons volontiers ; mais à .un pareil degré, cela nous semble impossible. 4
Nous n’en finirions pas si nous voulions suivre toux tes les actions de cette dame qui ont une apparence hystérique. Mais presque partout elle frise la névrose ; on sent qu'elle côtoie un ‘précipice où elle ne tombe jamais. Voici pourtant un fait qui nous a paru probant.
Écoutons Bossuet :
« Je trouvai dans la vie de cette dame que Dieu lui donnait une abondance de grâces dont elle crevait au pied de la lettre : il la fallait délacer, elle n'oublie pas qu’une duchesse avait déjà fait cet office ; en cet état on la mettait souvent sur son lil ; souvent on se contentait de demeurer assis auprès d’elle ; on venait recevoir la grâce dont elle était pleine et c'était là le seul moyen de la soulager (Bossuet. Relat. sur le quiétisme).
« C’est dans un de ces excès de plénitude qu’environnée une fois de quelques personnes « comme une femme leur eût dit qu’elle était plus pleine qu’à l’ordinaire, jeleur dis, raconte-t-elle, queje mourrais de plénitude et que cela surpassait mes sens au point de me
faire crever » ce fut à ceite occasion que la duchesse
qu’elle indique et que personne n’apprendra jamais de ma bouche « me délaca, dit-elle, charitablement pour me soulager, ce qui n’empêcha pas que, par la violence de la plénitude, mon corps (corset) ne crevät des deux côtés. » Elle se soulagea en communiquant de sa plénitude à un confesseur qu’elle désigne et à deux autres personnes que je ne nommerai pas (Bossuet. Æelat. sur le quiétisme, Sect. IT, p. 6).
« Lorsque il me fallut délacer, c'était à Beynes, M de Charost y était et mon corps creva, je sentis alors comme une rivière qui trouvant une digue, remonte du côté de sa source (Lettre au duc de Chevreuse. In (Æuvres complètes de Fénelon, t. IX, p. 19). « J'étais dans une si grande plénitude de Dieu que j'étais souvent ou sur mon lit ou alitée tout à fait sans pouvoir parler ; et lorsque je n’ai eu aucun moyen de verser cette plénitude, Notre-Seigneur ne permit pas qu'elle fut si violente, car dans cette violence je ne pourrais vivre (Vie, t. II, p. 233).
« J'étais quelquefois, si pleine de ces communications pures et divines... que je disais : O mon Seigneur, donnez-moi des cœurs pour me décharger de ma plénitude, sans quoi il faudra que j’expire » (Vie, IF, 499).
Ces nombreuses citations suffisent à montrer qu'il ne s’agit ici ni d’un rève, ni d’une simple contrariété comme en ont parfois les personnes nerveuses. Pour nous, il s’agit d’un début de crise d’hystérie ; un accès d'asthme peut survenir ainsi brusquement à l’occasion
d'une contrariété, mais a-t-on jamais vu un asthmatique
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se plaindre de plénitude et se coucher sur un:lit pour mieux respirer ?
Même raisonnement pour les dyspnées toxiques, cardiaques, brightiques, ete. Mais cette cause occasionnelle purement intellectuelle, ce mutisme brusque, cette demi-perte de connaissance (puisqu'on la transporte sur son lit et on la délaça), cette sensation de plénitude, d’éclatement, de rivière qui remonte vers sa source (presque le globe hystérique), ce soulagement
qui lui venait des personnes qui l’approuvaient, cette
.sensation de mort prochaine, tout plaide en faveur de
l’hystérie, crise fruste et avortée, mais crise.
Notons qu’elle en eut de nombreuses fois.
« J'ai encore eu d’autres plénitudes qui m'ont fait beaucoup souffrir en différents temps et souvent je m'en déchargeais sur mes enfants les mieux disposés, et je sentais qu'il s’en écoulait de moi dans leurs âmes (Vie, t. IIL, p. 8).
Voilà pour l’hystérie. Nous entrons maintenant dans le domaine de l’hallucination.
Nous ne parlerons point de ses visions de l'enfer, ni de la chambre nuptiale où l’amena Jésus. Elle vit tout cela en songe, et si les sentiments qu’elle y montre ont quelque chose de bizarre, ils n’en constituent point pour cela les symptômes bien nets d’une maladie.
Ceci est plus probant.
« La nuit suivante, elle fut soudainement réveillée et au milieu d’un écoulement de grâce si douce, si pénétrante, et si pure qu’elle n'avait jamais rien éprouvé de
pareil, une voix se fit entendre qui disait: « IL est écrit
ne
de moi que je ferai votre volonté. Elle demanda à Dieu ce qu'il voulait et il lui fut répondu: « Tues Pierre et sur cette Pierre, je bâtirai mon église. »
« Elle entendit encore la voix de Dieu la nuit suivante » (Guerrier, p. 66, ch. VI).
Dans sa petite maison près du lac Léman, il lui arrive des aventures qui font penser à la fameuse lapi dation dont J.-J. Rousseau se crut victime à Motiers- Travers (Crouslé, p. 390. Vze, t. IL, p. 158).
Ailleurs elle dit : Le démon devint si enragé contre moi, à cause des conquêtes que vous faisiez, Ô mon Dieu, qu'il battait quelques-unes des personnes qui me venaient voir (Vie, II, p. 231). DA
A Paris, elle entend partout des voix malveillantes.
« Lorsque j'étais à l’église, je m'’entendais railler derrière moi, et une fois j'entendis des prètres qui disaient qu'il fallait me jeter hors de l’église. »
Voilà bien les hallucinations des persécutés ; mais ici encore M° Guyon s'arrête et ne va pas jusqu’au délire.
Les troubles qu’elle présente sont hybrides et voilà qui va le prouver. ‘
Elle avait de ces impulsions irrésistibles, irraisonnées qui poussent quelques malades à aller dans une direction donnée, àaccomplir certains actes sans qu'ils puissent en dire le pourquoi.
Après la mort de son mari, c’est Genéve qui attire M°° Guyon. Pourquoi? Elle n’en sait rien. François de Salles. qui y avait été évèque, et le P. Lacombe qui
était à Thonon étaient peut-être les causes obscures de
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