‹ Contribution à l'étude de l'ictère dans les leucémiesChapitre 29 sur 37 · II. — LE DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL · texte numérisé non relu

II. — LE DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL

Le diagnostic différentiel devra envisager les diverses maladies du sang avec ictère possible. Nous allons voir les cas les plus fréquents. |

Les tumeurs métastatiques des organes hématopoiétiques, de la moelle osseuse en particulier, peuvent donner des cas analogues, où existe une myélémie secondaire, « d’irritation », due à la réaction du tissu hématopoiétique au voisinage de la tumeur. Mais si l'examen clinique et radiographique du squelette, la recherche d’une tumeur viscérale primitive sont négatifs, les examens histologiques permettent de faire le diagnostic de la leucémie, généralement myéloïde ou aiguë.

Entre la maladie de Hodgkin avec ictère hémolytique et la forme ictérique de leucémie lymphoïde, il existe encore des analogies cliniques autres que l’ictère, plus spécialement des adénopathies superficielles et profondes progressives, et des manifestations cutanées. Cependant l’hypertrophie des groupes ganglionnaires, qui ne sont pas pris en même temps, est moins symétrique dans la maladie de Hodgkin; celle-ci s'accompagne moins souvent et moins tôt d’anémie et d’hémorragies; elle est plus prurigineuse; elle a presque toujours des poussées de fièvre, souvent du type ondulant. Le diagnostic ne saurait être affirmé qu'après des examens de sang répétés et après une biopsie ganglionnaire ou cutanée. Le diagnostic de la forme ictérique de leucémie aiguë se pose avec la maladie de Hodgkin quand elle est aiguë, fébrile, sans rémission, rapidement mortelle, et s’accompagne d’ictère, mais ici encore la biopsie ganglionnaire est caractéristique avec la présence de cellules de Sternberg et l’éosinophilie tissulaire, plus constante dans le sang.

Dans les formes où l’anémie est le phénomène le plus apparent, le diagnostic peut être très hésitant entre la leucémie, aiguë ou chronique, et l’anémie pernicieuse ictérigène ou bien certaines anémies splénomégaliques hémolytiques.

Au début de la maladie, il est même souvent impossible. L'impression première d’une anémie pernicieuse splénoméga-

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lique basée sur une teinte si spéciale plus anémique qu’ictérique, une asthénie profonde, des troubles digestifs, une valeur globulaire supérieure à l’unité, une myélémie rouge peu importante avec absence de cellules blanches en nombre élevé, ne sera infirmée que par l’évolution des signes cliniques d’une part et les modifications qualitatives du sang plus .que les variations quantitatives d’autre part. La difficulté du diagnostic est d’autant plus compréhensible que certains cas présentent plusieurs syndromes associés : anémie pernicieuse et ictère, tous deux hémolytiques, avec myélémie rouge et leucémie.

Les affections avec ictère hémolytique vrai par hypersplénie primitive seront éliminées à cause de leur anémie, sans leucocytose, et plus souvent au contraire avec leucopénie et neutropénie, de leur évolution lente, de l'indication de la splénectomie qui entraînera fréquemment la guérison.

S'il y a polyglobulie, on devra écarter la forme ictérique de l’érythrémie, parfois d’un diagnostic difficile, car il a été signalé des formes associées, des érythroleucomyéloses avec ictère.

Dans des maladies si diverses, l’ictère est beaucoup plus en rapport avec des modifications pathologiques de la rate qu'avec des modifications du foie.

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