OBSERVATION N
(Docteurs Pierre MAURY, GALLOT-LAVALLÉE et LE DEZ)
Le 25 janvier 1947, nous sommes appelés au chevet de M. M... cinquante-quatre ans, pour de violentes douleurs abdominales avec fièvre, diarrhée eu subictère; bien portant jusqu'ici, hormis une crise rhumatismale en 1941, en rapport probablement avec une blennorragie ancienne, il maigrissait et se sentait fatigué depuis un mois.
À trois reprises, à dix jours d'intervalle, entre le 23 décembre 1946 et le 25 janvier 1947, le malade a présenté des crises semblables à celle pour laquelle nous sommes appelés. Ces crises débutaient brusquement par de violentes douleurs épigastriques, sous-hépatiques et même dorsales avec nausées, douleurs à type de coliques violentes, avec paroxysmes rappelant la crise de colique hépatique et nécessitant la morphine.
Pas de vomissements, mais des nausées incessantes; une diarrhée profuse; de la fièvre à 40°, avec frissons et sueurs, d'aspect pseudo-palustre, un ubictère assez net des conjonctives et de la peau, sans prurit.
Les selles sont normalement colorées, les urines fébriles, mais ne contiennent ni pigments, ni sels biliaires, seulement de l'urobiline.
L'examen ne révèle pas grand’chose; chez ce malade obèse et fort mangeur, la constatation d’un foie un peu gros et sensible ne nous surprend guère; la rate est à peine percutable. Il n'y a pas de ganglions. Le ventre est souple, la langue un peu saburrale.
L'impression première est celle d'une angiocholite et, craignant chez un pareil sujet l'existence d’un calcul du cholédoque, nous demandons les examens complémentaires suivants