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La symptomatologie de l’iléus biliaire n’est pas fruste : disons plutôt qu’elle est peu démonstrative.
De même que l’accalmie de l’appendicite n’est traitresse que pour l’optimisme ou la lenteur du clinicien, la symptomatologie de l’iléus biliaire n’est fruste que pour un examen superficiel ou hâtif.
Sur quelles notions fonder alors le diagnostic ? sur quelques bons signes, de valeur contrôlée.
1° La douleur, si elle n’attire pas l’attention par son intensité a pour elle ses courtes accalmies. Ce caractère, dans la confusion d’un interrogatoire trop bref ou désordonné, pourra passer inaperçu. Il est donc d’une bonne clinique de faire préciser par le malade cette notion capitale. Ce n’est pas le nombre de signes qui importe, mais leur poids : «il ne faut pas les compter mais les peser » (Paye). A ce titre, la douleur intermittente, les « crises » de l’iléus biliaire, ont autant de valeur que le coup de poignard de certaines appendicites ou le ventre de bois de l’ulcus perforé.
29 Quels renseignements devons nous alors retirer d’un interrogatoire patient, dirigé, méthodique ?
— Pour la crise actuelle ; cette douleur, même réduite, mais intermittente, laissant au malade quelques cours répits.
— Pour le passé ? d’abord des manifestations lointaines de Lithiase biliaire : coliques hépatiques, ictères. Si elles
manquent — et c’est fréquent — recherchons les petits signes de la dyspepsie vésiculaire : la somnolence après les repas, la céphalée, l’insomnie nocturne, le prurit, l’épigastralgie…
— Ensuite, une crise de quelque importance dans le passé récent du malade : une douleur abdominale haute, un épisode fébrile qui témoigneront de la perforation vésiculaire.
De telles données sur la crise actuelle et le passé pathologique, éloigné et récent : en voilà assez pour soupçonner l’iléus biliaire.
30 Peut-on en faire la preuve ? Quelques manœuvres simples et consciencieusement pratiquées — palper, touchers — pourront affirmer le diagnostic. Le cas est possible, nous en avons eu des exemples, mais trop rare.
C’est alors que l’indication de la radiologie sera müûrement pesée. Quoique difficile à pratiquer, l’examen radiographique pourra être la clef du diagnostic.
En somme, ce diagnostic si important se basera sur quelques symptômes. Pénétré de leur valeur, le clinicien doit penser à les rechercher, savoir les interpréter. Ce sont :
1) L’âge et le sexe du malade, son passé pathologique éloigné et récent. Cette notion est constante.
2) Un tableau clinique particulier : syndrome abdominal atypique évoluant par à-coups.
Notion constante également, mais source d’erreur pour le clinicien trop rapide.
3) La perception du calcul biliaire, « signe-clef », trop rare.
A rechercher systématiquement par l’examen clinique, éventuellement par la radiologie.