‹ Contribution à l'étude de l'impétigo herpétique de HébraChapitre 14 sur 22 · STARS · texte numérisé non relu

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« Le 11 avril 1940 », enfin, Touraine présente à la Société française de Dermatologie un Impétigo herpétiforme chez un garçon de 14 ans. Il s’agit d’un enfant ayant présenté plusieurs poussées d’impétigo herpétiforme, la première étant apparue huit jours après la troisième injection de vaccin antidiphtérique. D’autre part, l’auteur discute la possibilité du rôle étiologique d’un panaris du médius resté à l’état de suppuration chronique pendant neuf ans. La dernière poussée, la plus forte, semble avoir rétrocédé sous l’influence du propidon à hautes doses (cf. traitement).

Des frottis du pus de pustules fermées n’ont montré aucun microbe visible parmi les polynucléaires altérés. La sérosité louche prélevée sous les croûtes du thorax s’est, au contraire, montrée riche en streptocoques et staphylocoques d'infection secondaire.

Symptomatologie

L'impétigo herpétiforme diffère de l’impétigo vulgaire par l’élément initial qui est une pustule et non une bulle. Ces pustules sont petites, elles contiennent un pus jaunâtre, épais, opaque, presque pâteux sous un épiderme corné très mince.

Elles sont réunies en petits groupes arrondis, essaimés sur une tache nummulaire inflammatoire. Elles sont disposées en cercle à extension centrifuge. Ces groupes s'étendent rapidement par multiplication des pustules.

Le centre se dessèche en une croûte et le groupe devient un cercle qui grandit peu à peu en restant assez régulier, tant qu’il est isolé.

On se trouve en présence de deux parties : Une bordure pustuleuse et un centre croûteux suintant. La bordure a de 1 à 3 cen-

timètres de large; elle est rouge foncé, criblée de pustules miliaires qui s’égrènent à la périphérie.

La partie centrale présente une surface rouge et suintante le plus souvent garnie de croûtes lamelleuses d’un brun sale. Entre ces deux zones existe une bordure plus rouge, excoriée, veritable sertissure purulente, imitant la collerette épidermique de l’impétigo ecthyma. Chez notre malade nous avons remarqué que, contrairement à la généralité des cas, les pustulettes ne bordaient pas les lésions, mais celles-ci étaient limitées par le placard érythémateux.

Les premières pustules apparaissent surtout aux plis inguinaux, à l’ombilic, aux seins, aux creux axillaires; ces points primitifs marquent le lieu de départ de généralisation des lésions, qui s’étendent en nappes et peuvent couvrir de larges surfaces. Dans les régions inguinocrurales notamment, elles atteignent leurs plus grandes dimensions : un seul placard peut arriver à couvrir la partie inférieure de l’abdomen, la région génitale, et gagner la partie interne des cuisses.

La surface des lésions rouge foncé ou brunâtre se recouvre d’un épiderme mince qui s’exfolie en grandes squames. Ou bien encore, l’aire des plaques éruptives reste suintante et douloureuse et au niveau des grands plis inguinaux, axillaires ou sous-mammaires, se garnit d’un enduit grisâtre et fétide.

Parfois, sur les placards mêmes, se développent des végétations ayant l’aspect de condylomes plats.

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