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Le muscle viscéral a, en effet, la propriété de fonctionner automatiquement, c’est-à-dire en dehors de tout contrôle nerveux. Cependant, le fonctionnement de ce muscle lisse doit se soumettre aux arrivées variables des aliments.
Deux centres nerveux pourvoient à ce travail : l’un, contenu dans le tronc nerveux du vague, augmente l’activité des parois stomacales ; l’autre, fourni par le tronc splanchnique, modère cette activité; leur contrôle est de nature réflexe; la partie sensitive de l'arc consiste en fibres nerveuses qui transmettent les sensations de goût, de douleur.
Normalement existe un état de constante motilité des parois stomacales, dont les unes se contractent tandis que les autres se reposent pendant de brefs intervalles et vice-versa.
Bien que la rumination puisse être arrêtée par un acte de volonté, ou même être inhibée par cette même volonté comme le sont de nombreux réflexes, elle débute généralement involontairement. On pense que l’acte est déclenché par le contenu stomacal et dépend de la nature de celui-ci.
STEINHAUF montre qu'après l’ingestion de foin grossier la rumination commence au bout de quelques minutes, tandis qu'après un repas liquide (mash) elle ne commence qu’au bout de quelques heures.
Les mêmes résultats furent obtenus par BARBONI.
Le vaguo-sympathique est la voie centripète du réflexe et la rumination est suspendue lorsqu'il est divisé.
C'est ainsi que COLIN constata qu'après section de ce faisceau nerveux il n’y avait plus de rumination.
Dans le vaguo-sympathique se trouvent à la fois
des fibres motrices et sensitives; celles-ci apportent donc aux viscères une certaine sensibilité latente, normalement peu accentuée, mais que l’on perçoit bien dans les cas pathologiques (ruminite, réticulite, libérite).
Dans le rumen et le réseau, de grandes quantités d'aliments solides et liquides sont temporairement emmagasinés pour une préparation à la rumination.
Le bol de la rumination vient du réseau qui se contracte régulièrement, puis le diaphragme et l’œsophage se contractent à leur tour pour ramener les aliments dans la bouche pour la mastication.
La stricte coordination de tous ces différents mouvements, plaide en faveur d’un centre nerveux de la rumination qui hatmoniserait les réactions musculaires lisses.
Des expériences, faites avec un certain nombre de médicaments, montrent que ceux-ci agissent plus sur la force que sur la fréquence des contractions musculaires lisses.
L’émétique, bien dilué dans l’eau, est un excellent excitant de la rumination; le chlorure de baryum, l’arécoline, la pilocarpine ont une faible action sur cet acte de la digestion ; l’ésérine exerce, au contraire, une action très efficace sur la motilité gastrique. Par contre, le curare, la solanine arrêtent la rumination ; celle-ci apparaît comme un développement physiologique du vomissement (MEADE, SMITH), bien que l’opomorphine et l’acide tartrique ne provoquent pas le vomissement chez les ruminants (AGGAZOTTI).
Etiologie
Nous ne voulons traiter de l’indizestion consécutive à un état inflammatoire des réservoirs digestifs ou même à des maladies gastro-intestinales. Il ne peut être question que de l’indigestion essentielle, de celle qui détermine une obstruction ou une dilatation des premières voies digestives sans irritation primitive.
Deux conditions sont nécessaires pour réaliser toute indigestion de la panse, à savoir :
L'arrêt du fonctionnement du rumen:
La nature des aliments.
Dans tous les cas d’indigestion spumeuse que nous avons observés, à la base de la ptose stomacale il y a une absorption de pommes de terre en plus ou moins grande quantité, d'où, dans notre esprit, la relation entre l’action de ces tubercules et la nature un peu spéciale de l'affection.
Comment agit donc la pomme de terre? Est-ce par la présence de certains de ses éléments composants plus ou moins digestibles? Si nous étudions les tables de Kellner, la composition moyenne des tubercules nous révèle que les matières les moins digestibles pour l'estomac d’un bovin, à savoir: les protéines et la cellulose, n'’entrent que pour une proportion de
PNITe.
D'autre part, l'expérience montre que l'absorption d’une quantité assez importante de tubercules amène des symptômes d'empoisonnement dus au principe actif que l’on retrouve chez toutes les solanées : la solanine.
Rappelons quelques propriétés de ce corps.
Pour quelques auteurs, c’est un alcaloïde: pour d’autres, un glucoside, résultant de l’association du glucose et d’un alcaloïde, la solanidine: les acides la décomposent en effet en glucose et en solanidine.
La toxicité de la solanine a été étudiée par divers observateurs sur les animaux. Administrée par la bouche chez ceux-ci, elle se retrouve pendant assez longtemps dans le tube digestif. On la trouve aussi dans le foie, dans le sang, dans l’urine, mais elle se transforme rapidement en grande partie dans l’économie en solanidine.
Les chats et les chiens, qui expulsent presque immédiatement le poison par les vomissements, pourraient supporter l’ingestion de 0 gr. 10 à O0 gr. 40 de solanine. Les bœufs et les brebis supportent de | gr. à 3 gr. sans symptômes fâcheux.
Les intoxications ont surtout, comme point de départ, l’ingestion d'’épluchures de pommes de terre non cuites ou de germes de la plante, l’alimentation trop exclusive avec le tubercule cru, l’affourragement avec les fanes du végétal, le mélange aux aliments de fruits verts ou de tiges de diverses plantes (morelle douce-amère, morelle noire, la morelle mélogène ou aubergine et aussi la morelle tubéreuse ou pomme de terre).
La solanine exerce sur le système nerveux central une action paralysante, aboutissant à un affaiblisse-
Li - Jo ce
TU
ment de la respiration, à une diminution de l’activité cardiaque et à de la paralysie générale.
Elle ne paraît pas être un toxique bien puissant et, étant donné la faible proportion d’alcaloïde que les produits renferment, il faut administrer d'assez grandes quantités de ceux-ci pour obtenir des effets toxiques.
C'est un stupéfiant du bulbe, de la moelle et des cordons nerveux; elle paralyse les terminaisons des nerfs sensitifs et moteurs; c’est un analgésique puissant.
D'après LEWISS, l’empoisonnement par la solanine se traduit par des tremblements musculaires, des vomissements, de l’hématurie, un abaissement de la température, de la paralysie des centres respiratoires et de l’accélération du pouls, la mort ayant lieu par asphyxie.
D'après ce même auteur, la solanidine provoquerait chez les animaux de l'élévation de la température, de la paralysie descendante d’origine centrale.
Les deux corps n’ont donc pas les mêmes propriétés.
Ces propriétés de la solanine sont utilisées en thérapeutique humaine dans les douleurs fulgurantes : sciatique, névralgies, tics douloureux, aux doses de 0 gr. 10 à 0 gr. 20 par jour.
En médecine vétérinaire on n’en fait pas usage.
Si la pomme de terre ne constitue pas un aliment de fonds, elle est cependant en quantité suffisante, dans notre région, pour qu’à la période de la récolte le propriétaire, soucieux de ses intérêts, la distribue aux animaux.
D'autre part, il est établi qu'introduite dans la ra-
tion des bovins, la pomme de terre augmente rapidement le poids vif de ces animaux, les enrichit en viande nette et donne aux produits qu'ils fournissent à la boucherie des qualités de finesse et de succulence absolument remarquables.
Il y a d’ailleurs des limites qu’il convient de ne pas dépasser.
D'après le Professeur DECHAMBRE, la quantité de 25 kilos par tête et par jour pour un bœuf de 800 kilos est suffisante et c’est après cuisson et légèrement tiède que la pomme de terre doit être distribuée aux animaux.
Donnée crue, la pomme de terre favorise la production de lait; donnée cuite, elle favorise la production de graisse.
Voici, d’après le même auteur, un exemple de ra-
tion pour un bœuf de 800 kilos :
Pommes de terre cuites.... 25 kg.
Menue paille..... RIRE Re TE FOIRE Em ir res Re Kg. 00 SO ne =: 0 kg. 030
Malheureusement ces préceptes ne sont pas connus de tous les cultivateurs et par économie on ne distribue aux animaux que les tubercules invendables, ceux qui ne sont mis à l’abri que lorsque la récolte est en sûreté.
Si le taux de solanine absorbé est trop élevé, on assiste à des phénomènes d’empoisonnement caractérisés par des symptômes que nous avons rappelés ; mais, pour arriver à ce stade, il faut de grosses quantités de tubercules.
En effet, si l’on admet avec BISSAUGE que le taux
Déni
de solanine nécessaire pour obtenir l’intoxication chez un bœuf de taille normale est de 5 à 7 grammes et que, d’après le même auteur, la proportion d’alcaloïde est de 0 gr. 02 au kilogramme, ceci nous amène à une ration de 100 kilogrammes, excessive pour un seul animal.
Si l’on s’en tient à la ration de 25 kilogrammes prescrite par le Professeur DECHAMBRE, nous trouvons une dose de solanine de 1 gr. 5 à 2 grammes, suffisante pour obtenir des phénomènes de paralysie sans suites fâcheuses.
Citons ici l'expérience du Professeur HESSE sur deux vaches nourries à l’aide de pommes de terre afin d’en déterminer la dose toxique :
« Dès le premier jour on note de la tympanite, signe d'arrêt des mouvements du rumen et de fermentation. »
GELLÉ a vu apparaître des phénomènes analogues chez un porc à qui l’on avait administré une petite quantité de germes de pomme de terre.
Quelle que soit la forme sous laquelle elle est ingérée, la solanine amène donc la ptose gastrique.
Le trouble physiologique étant réalisé, les aliments
accumulés ensuite peuvent alors agir suivant leur nature.
Nous avons dit que la quantité de pommes de terre donnée ne constituait pas une ration d’entretien. Les animaux sont donc conduits ensuite au pâturage.
Vers le mois de septembre-octobre, le regain a été fauché dans les prairies ; l’herbe n'étant pas suffisamment abondante, les animaux sont alors parqués de
préférence dans des enclos à luzerne ou à trèfle, qui ont été coupés plusieurs fois depuis le printemps, mais dont les propriétés fermentescibles n’ont pas disparu comme on le croit généralement, d’où la fréauence de la maladie à cette période de l’année.
Les légumineuses sont accumulées dans l’estomac en ptose ; elles y trouvent tous les facteurs nécessaires à leur fermentation, en particulier l'humidité.
L'’indigestion spumeuse n’est donc pas une maladie d'’étable et elle semble influencée par une variation brusque de la température; c’est ainsi que nous l'avons vue apparaître de préférence à la tombée de la nuit.
Que les causes extérieures invoquées (froid, chaleur, temps nuageux) paraissent impressionner défavorablement certains sujets, cela ne fait pas de doute, mais c’est une modification morbide momentanée et primitive d’un sujet qui est la condition sine qua non de l’évolution de l’indigestion. Le froid local (absorption d’eau froide, d’aliments couverts de pluie) ajoute son action inhibitrice à celle de la solanine et provoque en même temps des troubles vaso-moteurs de la muqueuse. Ou bien la fermentation est lente, et alors le gaz s’accumule à la surface des aliments; ou bien elle est plus active, et il se produit une sorte de bouillonnement qui met la masse alimentaire en mouvement et la maintient mélangée aux gaz.
Nous avons remarqué (observation III) que sur plusieurs animaux soumis au même régime alimentaire et placés dans les mêmes conditions, quelques-uns
seuls sont malades: ceci s'explique peut-être par une
lg: Dee
résistance particulière de certains sujets au principe actif de la pomme de terre.
Un préjugé commun dans la population agricole, c'est que l’indigestion spumeuse serait due à l’ingestion par les bovins de toiles d'araignées que l’on trouve nombreuses, tendues entre les brins d’herbes.
Symptômes
Ils sont, à peu de choses près, analogues à ceux l'indigestion gazeuse proprement dite.
Nous distinguerons les symptômes digestifs (ceuxci primitifs), puis les symptômes respiratoires et circulatoires, conséquence de la réplétion du rumen.
Les animaux ayant absorbé leur ration de pommes de terre sont parqués, au bout d’un temps plus ou moins variable, dans les enclos à trèfle ou luzerne, paissent pendant quelque temps, puis brutalement s'arrêtent, inquiets.
Le flanc gauche augmente rapidement de volume, le creux du flanc s’efface et l’angle de la hanche disparaît, enveloppé dans la tumeur; celle-ci s’accentue de plus en plus et apparaît dans le flanc droit.
A l’auscultation, on perçoit quelques borborygmes pendant quelque temps et les deux mouvements de brassage par minute ne sont plus perceptibles.
À la percussion ce n’est pas le son tympanique obtenu lors de météorisation simple, mais un son assourdi, voilé.
A la pression on ressent une sorte de crépitation analogue à celle qui est perçue lors d’emphysème sous-cutané, alors que dans l’indigestion par surcharge l2 masse alimentaire cède sous les doigts.
Les troubles respiratoires suivent vite une augmentation si intense du volume de la panse et ils sont,
LU j fes
croyons-nous, aggravés par le fait de l’action secondaire de la solanine, qui agit comme nous l'avons vu.
La respiration est accélérée, le nombre des mouvements respiratoires augmente jusqu'à 35 et 40 par minute ; les naseaux sont dilatés, la langue pendante et l’animal fait entendre des beuglements effrayants.
Les antérieurs sont écartés, l’animal cherchant à augmenter le volume de sa cage thoracique.
Les troubles circulatoires témoignent de l’asphyxie qui est proche. Les muqueuses sont cyanosées, le système veineux sous-cutané est apparent, signe d’une stase sanguine pulmonaire.
Le cœur, d’abord accéléré (80 à 90 battements à la minute), devient tumultueux, puis le rythme se ralentit et les bruits s’atténuent.
Si l’on n'intervient pas, l’animal tombe sur le sol, se débat et meurt asphyxié.
Nous n’avons jamais noté, comme M. MENAND, ni de température élevée, ni de vomissement.
Alors que dans l’indigestion gazeuse proprement dite on ne trouve dans la panse que deux zones super posées, l’une d'aliments, l’autre de gaz, dans l’indigestion spumeuse il y a trois zones : l’une inférieure, de surcharge ; une zone moyenne de gaz et d’aliments mélangés ; une zone supérieure très réduite, occupée uniquement par des gaz.
Diagnostic - Pronostic
Le diagnostic doit être posé le plus rapidement possible puisque de l'intervention rapide dépend la vie de l'animal. Il est facile de diagnostiquer la tympanite, mais celle-ci peut être due à différentes causes : soit à la présence d’un corps étranger dans l’œsophage, soit à une indigestion gazeuse simple.
L’obstruction œsophagienne est fréquente aussi en automne, saison des pommes. La percussion du flanc, la recherche du corps étranger le long de l’encolure, enfin le cathétérisme de l’œsophage enlèveront tous les doutes.
L'indigestion gazeuse proprement dite se rencontre le plus souvent au printemps, à cette époque les plantes nouvelles étant très fermentescibles.
Nous nous basons sur les commémoratifs pris près du propriétaire, et portons le diagnostic d’indigestion spumeuse à chaque fois que nous sommes en présence de tympanite se développant après une ingestion de pommes de terre.
Lorsque des doutes persistent, le meilleur moyen de les enlever c’est de ponctionner le rumen au lieu d'élection à l’aide d’un trocart.
Alors que dans la tympanite simple on obtient un affaissement de la paroi abdominale et une guérison quasi-immédiate, dans l’indigestion spumeuse le tro-
cart ne laisse échapper qu’une toute petite quantité de gaz qui ne modifie pas l’évolution de la maladie.
Le pronostic est toujours grave en raison de l’évolution rapide de la maladie et de l'éloignement souvent grand des fermes.
Car si les cultivateurs n’hésitent pas, bien souvent, à donner le coup de trocart, ils reculent devant l’ouverture large de la paroi abdominale qu'ils laissent faire volontiers au praticien quand ils connaissent les dangers de la maladie.
La gastrostomie ayant été pratiquée, il y a toujours des risques consécutifs à une pareille intervention ; le pronostic doit donc toujours être réservé.
Si deux ou trois jours après l'opération, les symptômes de la rumination ont réapparu, on peut assurer une guérison certaine, bien que la cicatrisation de la plaie soit longue.
Dans quelques cas, le pronostic est assombri par ce fait qu'une absorption trop grande de tubercules détermine des troubles intestinaux et l’on a alors à traiter et l'estomac et l'intestin.
Les autres complications, à part la péritonite, n’influent pas sur le pronostic.
LAFORE assure que « la rechute est à craindre au moindre écart de régime; on ne saurait donc prendre trop de précautions pour éviter le retour de la maladie »; il ne nous a jamais été donné de voir une deuxième atteinte de la maladie, car les cultivateurs, après avoir assisté à l'opération, sont mis en garde et prennent toutes les précautions pour éviter dans leur troupeau de semblables méfaits.
Anatomie topographique
Avant d’aborder le traitement, nous croyons bon de rappeler quelques points d'anatomie régionale en insistant sur les rapports du rumen et du péritoine.
Par sa face supérieure ou droite, le rumen est en rapport avec la masse des intestins, excepté dans le voisinage du cardia où il adhère au diaphragme. Pendans la gestation, l’utérus s’avance aussi sur cette face. La face inférieure ou gauche repose sur la paroi abdominale inférieure.
Le bord gauche, qui supporte la rate antérieurement, touche la partie la plus élevée du flanc et de la région sous-lombaire, à laquelle il adhère par du tissu conjonctif aux environs du tronc cæliaque et de l’artère mésentérique.
Le bord droit, longé supérieurement par la caillette, répond à la partie la plus déclive de l’hypochondre et du flanc droits, ainsi qu'aux circonvolutions de l’intestin grêle.
L'’extrémité antérieure, bornée par le réseau et le feuillet, s’avance jusqu’auprès du diaphragme. La postérieure occupe l'entrée de la cavité pelvienne, où elle se met en contact plus ou moins direct avec les organes génito-urinaires contenus dans cette cavité.
La séreuse enveloppe l'organe dans toute son étendue, excepté en haut, en avant et à gauche, dans tous les points qui adhèrent à la région sous-lombaire et
aux piliers du diaphragme: excepté encore dans le fond des échancrures qui séparent les culs-de-sac des extrémités, où il y a adossement de la paroi à ellemême.
Cette membrane donne naissance, comme celle de l'estomac, du cheval, à un vaste repli constituant le grand épiploon dont la disposition, assez difficile à étudier chez le bœuf à cause du poids énorme de la masse gastrique qui ne se laisse pas aisément déplacer, se saisit au contraire très bien dans les petits ruminants.
On voit ce repli partir des faces de la panse et de la scissure intermédiaire aux deux vessies doniques, former une large enveloppe dans laquelle sont contenus le sac droit et la caillette, se fixer en passant sur la grande courbure de ce dernier réservoir et se confondre supérieurement et en arrière avec le grand mésentère.
Le péritoine ne recouvre donc pas la totalité de !: paroi abdominale gauche. D'où la position du lieu d'élection de la gastrotomie à la partie centrale du flanc gauche.
L'incision cutanée de 10 à 15 centimètres se fait verticalement ou lésèrement oblique en avant et en bas et à deux travers de doigt de la quatrième apophyse transverse lombaire ; on ne risque pas d’atteindre la séreuse, dont la limite supérieure est une horizontale située à environ deux travers de main de la ligne des vertèbres lombaires.
Prophylaxie
Etant donnée l’étiologie que nous avons exposée, la prophylaxie est chose possible.
Nous ne parlons pas de supprimer la pomme de terre de l'alimentation, ce qui serait une perte du point de vue économique; d’autre part, l’administration de tubercules a une action certaine sur la production quantitative de lait.
Il s’agit simplement de restreindre les rations ou, mieux, de ne les distribuer aux animaux qu’après une légère cuisson, en ayant soin d'éliminer l’eau.
Les accidents sont causés aussi par l’ingestion de tiges utilisées comme litière ; dans ce cas, rien n’est plus facile que de les détruire, d'autant que leur valeur est nulle à tous points de vue.
Les astringents retardent et atténuent les effets inhibiteurs et toxiques de la solanine; BISSAUGE a constaté expérimentalement que quatre cobayes ayant consommé ensemble pendant cinq jours une pâtée de son et de grains cuits additionnée de 3 grammes de tanin par jour, ont pu supporter un dose de solanine triple de la dose toxique sans être iniommodés. GUITTARD constate que le vin chaud additionné de sel marin donne quelques résultats, probablement dus aux propriétés légèrement astringentes du vin. On pourra également donner un peu de poudre d'’écorce de
chêre.
Il faut éviter les légumineuses fermentescibles aussitôt l’ingestion de tubercules ; done, le cultivateur ne doit pas parquer ses animaux dans des enclos de trèfle ou de luzerne, mais distribuer ces fourrages après les avoir coupés.
Une petite ration de sel donnée avec du son sec prévient la météorisation. |
Les variations brutales de température ayant une action certaine, il convient de ne laisser les animaux
au pâturage que dans la journée, les rentrant à la tombée de la nuit.
Traitement
Presque tous les traitements préconisés pour l’indigestion gazeuse proprement dite ont été essayés, mais sans grands résultats.
Nous ne citerons que pour mémoire les traitements mécaniques, qui sont des méthodes empiriques utilisées par les cultivateurs (frictions vigoureuses du dos, des flancs, marches forcées, mise des antérieurs dans la crèche) ; toutes ces manœuvres n’ont pour résultat que la diminution des forces de l'animal.
Au point de vue thérapeutique, les absorbants donnés sous forme de magnésie, de carbonate de chaux, sont inefficaces : il en est de même des excitants de la motilité gastrique, dont les plus utilisés sont l'alcool, le café, le cidre tiède.
Les antifermentescibles : acide chlorhydrique dilué, solution ammoniacale, sont aussi inopérants que les médications précédentes.
Parmi les traitements chirurgicaux, le cathétérisme de l’œsophage à l’aide de la sonde, qui donne de bons résultats dans l’indigestion gazeuse simple, ne peut être employé. En effet, l’extrémité de la sonde plonge dans la masse alimentaire spumeuse et l’orifice est vite obstrué par les parcelles d’aliments, l'animal n’éprouve aucun soulagement.
La ponction au trocart présente, dans le cas d’indigestion spumeuse, les mêmes inconvénients que le
cathétérisme œsophagien. Le mandrin du trocart, s’il laisse passer un peu de gaz aussitôt son entrée dans la panse, est de calibre insuffisant pour donner passage aux matières bulleuses. Ce procédé est à rejeter et ne peut tout au plus que servir d’élément de diagnostic différentiel entre la météorisation simple et l’indigestion mixte.
Nous en arrivons au seul traitement efficace, consistant en une gastrotomie d’urgence, ouverture large du flanc gauche au lieu d'élection.
Celui-ci est le même que pour ia ponction au trocart, c’est-à-dire au milieu de la ligne qui joint la pointe de la hanche à la dernière côte et à un travers de main de la ligne des apophyses transverses des vertèbres lombaires.
Les instruments nécessaires sont les suivants: un bistouri droit, une paire de ciseaux, une aiguille à bourdon net et de la forte soie.
Bien que cette ponction doive être faite très vite, nous distinguerons plusieurs temps.
L’animal est d’abord assujetti. S’il est couché, il est maintenu en décubitus latéral droit par des aides. S'il est debout, on entrave le postérieur gauche à l’aide d’une plate longe passée au paturon et tirée fortement en arrière ou, mieux encore, on entrave les deux postérieurs à l’aide d’une corde passée en huit au-dessus des jarrets; la tête est immobilisée par un aide grâce à des pinces manchettes.
Le deuxième temps comprend la ponction de la paroi abdominale.
Pour cela, le bistouri est tenu à pleine main et nous ponctionnons d’abord la peau, puis d’un coup brusque tous les plans successifs pour aboutir dans la panse.
en
On entend à ce moment un léger sifflement.
Faisant basculer la lame du bistouri, nous faisons une ouverture verticale de 8 à 10 centimètres vers le bas.
La masse alimentaire, poussée par les gaz, jaillit à l'extérieur, quelquefois à un mètre du sujet qui se trouve aussitôt soulagé.
Le troisième temps consiste en l'extraction de la masse alimentaire en surcharge. Nous avons vu, en effet, que l’indigestion spumeuse est une indigestion mixte : météorisation compliquée de surcharge.