‹ Contribution à l'étude de l'infection amniotiqueChapitre 12 sur 21 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Dans les formes légères de l'infection amniotique, le diagnostic est rarement posé dès le début, à moins que l’existence d’une dystocie prolongeant le travail, d’une rupture prématurée des membranes faisant redouter l'infection, n’attire l’attention sur les caractères de la température et du pouls.

Normalement, pendant le travail « le pouls s’accélère de 5 à 6 pulsations par minute pendant les douleurs préparantes, de 15 à 20 pulsations pendant les contractions efficaces en dehors de l’effort, pour retomber en moyenne à 82 aussitôt après l’expulsion du fœtus » (Daniel). En cas de rupture prématurée des membranes, il est fréquent d’observer, en l’absence de phénomènes infectieux, une dissociation entre le pouls et la température. « Le pouls, normal le jour de la rup”

ure, s'élève progressivement pour atteindre 90 et 100 pulsations au moment de l’accouchement ; les jours suivants, il se maintient autour de 80 ou 90. La température, elle, ne présente rien de particulier » (Daniel).

Le pouls ne sera donc point, dans tous les cas, un

= BOT sûr indice d'infection, non plus que la fréquence de la respiration qui devient normalement plus grande pendant le travail (Rythme de Cheyne-Stokes P° Bar.)

Un travail normal peut s’accompagner de quelques frissons.

La température sera-t-elle un meilleur guide ? Presque tous les auteurs admettent son ascension pendant le travail normal.Cetteélévation, faible, atteindrait 2 à 5/10° de degré pendantles contractions pour descendre dans leur intervalle. « Du début à la fin du travail, l’augmentation est de 3 à 5/10° de degré seulement et se produit surtout à la période d’expulsion. Aussitôt après l'accouchement, la température oscille entre 37° et 37° 5» (Daniel). C'est l'hyperthermie non fébrile (Bouchard, Saladino) n’atteignant jamais 38°.

Pour quelques auteurs, la température peut s’élever davantage, même en l'absence d'infection. Glæckner et Winter, sans s'appuyer sur des examens bactériologiques, différencient la fièvre fonctionnelle et la fièvre due à l'infection et l’intoxication microbienne durant le travail; mais Glæckner ne put jamais établir un rapport certain entre l'énergie des douleurs et l'ascension de la température, même chez les parturientes à bassin rétréci. |

Par contre Arænig (d'après Ihm) n'observa jamais une ascension de la température chez des femmes enceintes auxquelles il imposait un travail pénible ou chez des parturientes, même pendant la période d’expulsion. En certaines circonstances cependant, le tra-

vail peut faire monter de 1° la température.

Saladino admet avec Winter, Glæckner, Pinard, l'existence d’une fièvre musculaire du travail, d’origine mécanique (durée, intensité, nombre exagéré des contractions) et non infectieuse, supérieure à 38° et se maintenant élevée dans les premières heures du postpartum.

Pour Müller, au contraire, la fièvre musculaire n'existe pas.

Cette fièvre sub-partu est la plupart du temps une fièvre de résorption ou d’infection relative reconnaissant les mêmes facteurs que la fièvre des accouchées. Cet auteur admet la possibilité d’une fièvre aseptique par résorption de sécrétions non décomposées, retenues entre la paroi utérine et le pôle inférieur de l'œuf détaché, chez les primipares à col rigide.

Cette fièvre,très rare,présente des caractères spéciaux: pouls plein, lent (78 par ex.) ; température très élevée (40°7); absence de symptômes d'intoxication.

Thm, sur les 200 cas qu'il a réunis de fièvre pendant l'accouchement dit n'avoir constaté qu’un seul cas attri-

buable exclusivement au travail musculaire :

Observation XVI (résumée),

Cyphotique à bassin très retréci permettant néanmoins tout juste le passage de la tête. A dilatation complète, trente-huit heures après le début du travail, rupture de la poche des eaux: T. à 36°6 ; P. 92. Alors se produisirent coup sur coup de vio-

lentes douleurs ; la parturiente fut très agitée et tous ses mus-

Le 02 = cles se contractèrent violemment. Au bout de une heure : T.386, P.424, qui tombent trois heures après : T. à 37° ; P. à 100. Les douleurs et les contractions étaient bonnes mais non violentes; Une heure après, accouchement spontané (face). Enfant vivant de 3.300 grammes. Aucune fétidité du liquide amniotique, Sui-

tes de couches apyrétiques.

En l’absence d'examen bactériologique on ne peut, sans objection, accepter ce cas comme un cas certain de fièvre fonctionnelle.

Même objection pour le cas de Coe dont l’auteur

d’ailleurs ne donne aucune explication étiologique :

Observation XVII (résumée).

Page 1