PRONOSTIC
À.— Pronostic maternel.
1° SANS PUTRÉFACTION FŒTALE (IN UTERO». — Souvent, dans les formes légères surtout, latempérature retombe à la normale sitôt l’accouchement terminé, et les suites de couches restent apyrétiques, mais il n’en est pas toujours ainsi et tous les auteurs ont signalé la gravité du pronostic de l'infection amniotique pour le post-partum.
Nous ne ferons point ici la description clinique des complications de l'infection pendant les suites de couches ; elles vont de l’endométrite légère aux formes les plus graves de l'infection puerpérale : péritonite, thrombo-phlébite, seplicémie, pyoémie.
Nous donnerons seulement les pourcentages de morbidité ou de mortalité de divers observateurs en nous arrêtant davantage aux statistiques récentes. Ahlfeld,
sur 62 cas trouve une mortalité de 4,83 0/0; Glæckner
ET'OTREE sur 211 cas (y compris les cas de fièvre i. p. étrangers à l'infection) une mortalité de 7,10 0/0 ; Xrænig, sur 37 cas ressortissant nettement à l'infection, une morbidité de 78,4 0/0 et une mortalité de 19 0/0 ; Winter, sur 50 cas, une morbidité de 62 0/0 avec une mortalité de 8 0/0 ; Winckel (d’après Trovati), une mortalité de 20 0,0 ; Zhm, sur 190 cas, trouve 58,43 0/0 de suites de couches apyrétiques ; 25,27 0/0, légèrement fébriles (une seule ascension au-dessus de 39°) et 13, 69 0/0 gravement fébriles (température élevée pendant plusieurs jours ou bien phénomènes locaux avec une température au-dessous de 39°). La mortalité s'élève à 2,64 0/0.
Cova dans 27 cas trouva des suites de couches normales dans 5 cas seulement ; chez 5 accouchées, la fièvre dura 5 jours au plus (38° 4 et au-dessous de 38°) ; chez 7, entre 5 et 10 jours (maxima entre 37° 6 et 39°) ; chez 2, entre 11-12 jours (maxima 39° et 38° 2) ; chez 2, 15 jours (maxima 38° 2 et 40° 4), chez 1 enfin, la fièvre dura 25 jours (maximum 39° 9 et finalement pendant 3 mois à 40°). Il y eut 5 morts, dont 3 (11,1 0/0) dues à l'infection.
Hellendall, sur 44 cas, trouve 4,54 0/0 seulement de suites normales ; 28 fièvres légères, 8 moyennes, 5 graves et 4 mort (2,25 0/0) par septicémie purulente. Lehmann enfin, sur 58 observations avec fétidité du liquide amniotique, trouve des suites de couches normales dans 11 cas (18,9 0/0), une fièvre légère dans 31 cas, une fièvre grave dans 11 cas et 5 cas de mort dus à l’infection (8,60 0/0)
Ces chiffres, dont la diversité tient à la thérapeutique
me ORE suivie, montrent tous plus ou moins, la gravité de l’infection amniotique pour la mère.
Parmi les facteurs de cette gravité, les auto-intoxications de la grossesse nous paraissent devoir ètre mises au premier plan (Rossi-Doria, Bouffe de Saint-Blaise).
Les sources en sont multiples. La constipation, si fréquente au cours et surtout à la fin de la grossesse, produit des poisons que l'intestin laissera passer d’autant mieux que son pouvoir d'absorption est accru (Bar et Daunay). Les reins, plus ou moins graisseux, remplissent mal leur rôle dépurateur. Le foie, surmené, présente à la fin de la grossesse un excès de graisse ; sa toxicité est augmentée, et son activité insuffisante provoque une hyperglycémie qui favorise le développement des germes. Les cellules syncitiales détachée, produiraient, d’après certains auteurs, une syneiotoxine très active. Robecchi à trouvé l’extrait placentaire toxique et Schücking signale la formation de métrotoxine. La fonction éliminatoire dela peau semble entravée pendant la grossesse (Roché).
À côté de ces auto-intoxications gravidiques il convient de signaler la déminéralisation de la grossesse, la mère cédant au fœtus une forte quantité de fer, de chaux, de phosphore (P° Bar). |
Les prédispositions morbides seront plus accentuées si la grossesse est pathologique: albuminurie, éclampsie, syphilis, tuberculose, grippe (P° Bar).
On comprend dès lors la gravité, pour un organisme ainsi affaibli, d’une soudaine et nouvelle intoxication
que viennent encore compliquer la fatigue d’un travail