LES PLUS FRÉQUEMMENT RENCONTRÉS D
Nous n'avons pas la prétention de reprendre ici toute la question de la bactériologie de l'arbre génital de la femme à l’état normal, à l’état pathologique ou en travail.
Nous avons cherché s’il n'existe pas un rapport certain entre les différents microbes rencontrés dans la cavité vaginale ou au niveau du col avant l’accouche-
ment et les microbes trouvés dans les liquides ovur-
laires des infectées amniotiques. Nous avons, grâce à la complaisance de M. le Docteur DEcnox réuni un certain nombre d'examens vaginaux dont nous don-
nons ci-dessous le détail
Sxamens baclériologiques des flores vaginales
avant l'accouchement
M. V..., 30 ans. — 3-7-1931. — A terme. A subi des TV. Nombreux entérocoques. Rares staphylocoques blancs. Peu nombreux B. vaginalis. Germes indétermines.
M. L..., 26 ans. — 17-6-31, — A terme. A subi. des F. V. Nombreux B. vaginalis. Rares entérocoques. Rares saccharomycès.
M. St..., 24 ans. — 17-6-31. — A été touchée. Poche des eaux rompue. Peu nombreux pseudo-diphtériques. Assez nombreux B. vaginalis.
MM, Plans —3-731—=Aterme. A été touchée.
2 types, mais peu nombreux spécimens, de pseudodiphtériques. Rares staphylocoques dorés. Rares entérocoques. Nombreux B. vaginalis.
M..0..., 29 ans. — 3-7-31. — A terme. À été touchée., Pas de métrite antérieure. Peu nombreux staphylocoques blancs. Abondants saccharomycès. Rares B. vaginalis, pseudo-diphtériques, entérocoques.
M. E..:, 33 ans. — 13-6-81. — A terme. À été touchée, Culture pure de B. vaginalis.
ML... T ans 136122 Grosse puit
mois. Pertes sanglantes. À été touchée. Ensemence-
ENT) es
ment après prélèvement pratiqué au col utérin: Nomreux B. vaginalis. Rares saccharonrycès.
VW, B..., 33 ans. — 13-6-31. — A terme. En travail. À été touchée. Pertes blanches antérieures. Par ensemencement, Très nombreux B. vaginalis. Rares Staphylocoques blancs. Aspect de colonies du type gonocoque, mais qui n'a pu ètre identifié. Un germe indéterrminé,
M. T... — A terme. En travail: A été touchée. Rares pseudo-diphtériques. Rares entérocoques. Nombreux streplocoques non hémolytiques, Quelques staphylocoques blanes.
Nous avons trouvé presque toujours selon l'ordre de fréquence d'accord en cela avec les expérimentateurs qui ont étudié le même problème
Bacillus vaginalis.
Streplocoque,
Entérocoques,
Colibacilles,
Staphylocoques blancs,
Pseudo-diphtériques.
Rares gonocoques et rares saccharamycès. 7
Deux faits nous frappent tout d’abord : la rareté des gonocoques et l'absence des anaérobies.
Est-ce à dire que le gonocoque doit être éliminé ? On sait qu'il existe des septicémies puerpérales à gonocoques, mais si rarement, que le plus souvent lon ne pense pas à ce microbe. En fait, il semble que si le gonocoque n'est pas trouvé lors des examens el dans
les cultures, c’est pour plusieurs raisons. D'une part, le
d4 Æ 52 Rss
Je
sonocoque est un microbe très fragile in vitro, demandant des soins particulièrement minutieux et aux dires de certains bactériologistes, très difficile à retrouver en culture en raison de sa faible vitalité et de l'abondance de la flore des saprophytes. D'autre part, toujours du fait de cette fragilité dans un milieu où pullulent des races variées d’autres microbes, il finirail après un temps plus où moins long par être phagocvyté et n'existerait plus qu'en nombre très restreint, très difficile à meltre en évidence bactériologiquement, alors que cliniquement, on le soupçonne très fréquemment dans les métrites cervicales. Il y à aussi à la longue un véritable état de défense spécifique de l'organisme contre un microbe donné, ici le gonoccque, et par conséquent créalion d'une immunité relative, on me le trouve à l'examen direct que dans 25 % des gonococcies cliniquement diagnostiquées (PARIENTÉ)-
Nous n'avons, disions-nous plus haut, pas trouvé d'anaérobies, sauf certaines races de staphvlocoques dont on connaît l’anaérobiose possible, et dont on -doit du reste distinguer deux types
u) aérobie qui pousse en profondeur, anaérobie faculatif,
b) anaérobie strict et qui ne pousse qu'en profondeur.
C'est du reste, une question difficile à résoudre que celle de l’existence des anaérobies en raison des difficultés techniques de culture, car si dans la flore vaginale on peut en rencontrer, ils se trouvent noyés dans
la flore des saprophytes et des autres pathogènes dont
la plupart sont des germes anaérobies facultatifs. Sur place, ils végètent du fait du changement de milieu.
Quant au mode de contamination anaérobique, il se fait par continuité, peut-être, d’où l'intérêt d’une anlüiseptie très grande dans tous les actes obstétricaux, et l'utilité de changer de gants après chaque temps, quand on redoute une Ï. A. Peut-être encore pourraiton considérer l'air ambiant comme un vecteur possible de spores.
Les anaérobies étant sur place, les conséquences en découlent tout naturellement. Ils se trouvent en effet sur des tissus sphacélés, des milieux sanguins aptes à leur développement. Toujours est-il qu’ils sont particulièrement redoutables dans l'A. [. qui nous intéresse. Ce sont eux qui déterminent toutes les lésions locales de putréfactions donnant parfois lieu à des septicémies gazeuses, Les auteurs qui les ont particulièrement étudiés signalent comme fréquents parmi les anaérobies
stricts
1* groupe
Perfringens le plus fréquent ; OEdématis :
Putrificus ;
Hystolyticus :
Sporagénès.
2° groupe
Ramosus (JEANIN) :
Fusiformis ;
Nebulosus ;
RON ASE
Fœtidus ;
Fundibuliformis.
Dans nos observations nous n'avons eu que deux cas où les annaérobies striets aient pu être vérilablement mis en cause, lors de l’aspect des pièces utérines à l'intervention. Quant aux hémocultures qui n’ont malheureusement pas été pratiquées systématiquement, elles ont loujours été négatives, sauf une à staphylocoques.
Les microbes cités sont ceux que l’on retouve dans les liquides amniotiques infectés ; à eux sont impulables les différents accidents de VE. A.
Nous citons à l'appui, les chiffres suivants extraits
de la thèse de RISACHER
Membranes intactes (1)
(SCHICKELÉ) 24 souches 6 streptocoque {9 streptoc. prog.
| streptoc. anac-
robie).
(Harris et BRowN) 8 — 4 streptoc. (anaérobie).
(RISAGHER) Do 1 streptoc. (pro-
gène).
31 II (6 streptocoques pyogène, strep-
to-anaérobie).
d) Ces chiffres représentent la fréquence du streptocoque dans
Membranes rompues
(SCIHICKELÉ) 32 souches 9 streptocoques (7 progène, 2 anaérobies).
(Harris et Brown) 32 — 14 streplocoques (7 streptocoq. pyogène, 7 strepto-
coque-anaérob.).
(RiSACHER) 66 — 23 streptocoq. (14 streptocoq. pyo-
gène, 9 anaérob.)
137 46 (28 pyogène, I8
anaérobie).
Quoique dans la plupart des cas, les microbes puissent agir isolément (c'est ainsi qu'on trouve avec une fréquence particulièrement grande, le streptocoque, soit in situ dans le liquide amniotique, soit plus tard dans la cavité utérine vide, soit encore dans le sang), il ne faut pas oublier qu'ils agissent surtout en association : la pullulation des uns exaltant celle des autres, certains microbes préparant le terrain des autres. C’est ainsi que l’on a pensé que le perfringens par exemple, favoriserait grandement les septicémies à streptocoques en détruisant localement les barrières
de résistance microbienne.
le nombre total des souches microbiennes identifiées. Cerlains liquides amniotiques renfermaient à la fois plusieurs souches différentes de streptocoques.
Se TIpES
Nous pensons du reste, d'accord en cela avec de nombreux auteurs, que dans les cas d'infection amniotique l'examen bactériologique des liquides est de peu de secours en présence d’un cas clinique. Parce que
1° Dans la plupart des cas le résultat serait trop tardif, notamment du fait de la lenteur de végétabilité des anaérobies ;
2° Le pouvoir pathogène d'un microbe même déterminé est très difficile sinon impossible à affirmer ;
3° I] est difficile d'affirmer qu'un microbe est aéro ou anaérobie. Tout au plus pourrait-on prétendre dire que la femme est en puissance de faire une infection plus vraisemblablement aérobie ou anaérobie.
Donc les résultats que pourrait nous donner le laboratoire seraient de peu d'intérêt au point de vue thérapeutique et pronostic, en regard des données beau- COUP plus précises que l’on peut tirer des facteurs cli-
niques.