FAUT-IL ADOPTER
Deux axiomes pourraient être érigés à la tête de cette discussion
Intervenir le moins souvent possible,
Si l'on intervient, faire le nécessaire mais aussi le minimum.
Ces axiomes, qui sont presque une règle générale à tous les actes de l’obstétrique, sont vrais au maximum dans l’I. AÀ., et l'étude de nos observations nous le démontrera par les résultats obtenus.
Tant que le fœtus est vivant et que les bruits du cœur se maintiennent, tant qu'aucune autre raison du côté de la mère ne nous oblige à intervenir, il faut attendre. Attendre le plus longtemps possible. Donner à la mère, puisque la vie de l’enfant n’est que relativement en danger, le maximum de chances pour un accouchement spontané et une délivrance normale. La seule action qu'on pourra se permettre, sera une influence sur l'état de l’utérus et du col, par médicaments : morphine et atropine associées, par exemple, dont Faction sédative diminue la tension utérine et régularise les contractions.
Si, dans ces conditions, l'accouchement et la délivrance sont spontanés, on peut espérer que l'infection restera une infection locale, utéro-ovulaire et peutêlre temporaire, Cela, parce que l'accouchement normal, ainsi que la délivrance sont traumatisants au mi-
ninum, ny aura aucun traumatisme supplémentaire
de la cavité utérine, aucun brassage de germes dans l'utérus, parce que les barrières leucocytaires de défense persisteront. Moins on produira de solution de continuité, d’éraillures en milieu infecté et moins les risques de résorplion toxique ou microbienne au niveau des parties conluses, moins les risques de dissémination seront grands.
Sur 90 observations, nous relevons
30 cas d’I. A. avec accouchement et délivrance sponlanés. Sur ces 30 cas, 30 guérisons avec des suites de couches qui peuvent êlre classées ainsi, indépendamment du traitement médical qui à pu être employé et que nous étudierons ultérieurement.
— 19 suites de couches très normales avec température à 37° le lendemain de l'accouchement.
— 11 suites de couches fébriles, à savoir
1 par broncho-pneumonie à éliminer ; *
2 sub. fébriles quelques jours :
4 fébriles pendant quelques jours avec retour à la normale entre le cinquième et le sixième jour ;
4 fébriles, mais aucune n'ayant fait redouter une infection septicémique grave.
Nous relevons d'autre part, 4 cas d'infection avec accouchements naturels, mais suivis de délivrances artificielles pour des raisons diverses, Là nous trouvons trois suites de couches fébriles dont une seplicémie. Tout cela, nous le répétons indépendamment des méthodes médicales de prophylaxie et de traitement, qui ont été appliquées avec la même systémalisalion
dans tous les cas. Mais ces oppositions qui, si elles ne
nous permettent pas d'établir un pourcentage parce qu'en nombre insuffisant, nous autorisent cependant à opposer dès maintenant les évolutions différentes des accouchements naturels avec délivrances spontanées à ceux qui ont nécessité une intervention, notamment délivrance artificielle, sur le rôle de laquelle nous reviendrons.
D'autres fois, l'enfant étant vivant, l’état des bruits du cœur ou des symptômes particulièrement graves du côté de la mère indiquent une intervention.
L'intervention pratiquée dans le but de sauver Fenfant ne doit cependant pas faire négliger aucun facteur pouvant porter préjudice à la mère. Nous avons en vue ici les forceps avec incision du col qui nous donnent, avec enfants vivants où morts, une proportion énorme de suites de couches fébriles.
L'application de forceps à dilatation complète es l'intervention la meilleure, la plus simple et la moins redoutable quant à ses conséquences.
Nous relevons huit applications de forceps à dilata-
ion complète.
Nombre Délivrance Suiles de couches
4 Naturelle Normales 2 Naturelle Fébriles
Arlificielle Fébriles
Nous relevons, par contre, neuf observations de for-
ceps avec dilatation incomplète ayant nécessité des in-
cisions du col :
Nombre ; Délivrance Suites de couches
Naturelle Sub. fébriles
Artificielle LE
2 normales
Nous lisons dans ces tableaux, qu'indépendamment de la délivrance naturelle ou artificielle, le fait d'avoir été amené à pratiquer des incisions cervicales donne des résultats bien moins satisfaisants. ‘
— 8 cas de dilatation complète = quatre suites de couches normales et quatre suites de couches fébriles, toutes terminées par la guérison.
— 9 cas avec incision du col = sept suites de couches fébriles et deux suites de couches normales.
Les chiffres parlent sans commentaires.
A côté de ces interventions par forceps simple, nous relevons
| tentative de forceps à la partie haute de Pexcavalion suivie de version et de délivrance artificielle avec suites de couches normales.
| rachi-anesthésie sur une présentation du siège. avec enfant non ranimé, suites de couches normales.
j intervention de Portes.
2 césariennes suivies d'hystérectomie avec guérison,
que nous nieftons à part pour le moment,
PHEon re
Toutes ces interventions ont eu pour but
De hâter laccouchement :
D'obtenir un enfant vivant ;
De sauvegarder le plus possible les intérêts de Ja mère.
Nous voyons par leur étude qu'il semble se dégacer, que lorsque l’enfant est vivant
1° [1 faut choisir le mode d'intervention le plus court comme temps, le moins traumatisant ;
2° [I faut se garder de pratiquer une délivrance arüificielle non absolument nécessaire ;
3° Lorsqu'une application de forceps est nécessaire, il faut temporiser au maximum pour n'avoir pas à recourir à des incisions du col. Les cas observés prouvent que l’incision du col augmente considérablement les risques d'infection, que ces risques sont réduits dans une proportion énorme lorsque le processus est physiologiquement normal où s’en raproche le plus.
4° La rachi-anesthésie et dilatation manuelle, lorsque l'orifice n’est pas infillré ou à conservé une certaine souplesse, lorsque le travail ne dure pas depuis longtemps, lorsque la température est peu élevée ou l’est depuis peu de temps, donne d'excellents résultats méme en cas d'enfants morts, comme nous le verrons.
Nous envisagerons plus loin, les moyens thérapeu-
liques médicaux utilisés.
OT
Le ENFANT EST MORT
Les facteurs de gravité se trouvent réunis au maximum,. L'enfant mort, la température s'élève souvent très vite, l’état général s'aggrave parallèlement, le liquide amniotique est sanguinolent et fétide. Localement, l’état de l'utérus traduit la gravité de l’infection. On redoute l’action nocive et rapide des anaérobies. On n'intervient que pour sauver la mère d’une infection plus grave. Ce qu'il faut avant tout, c’est choisir le mode d'intervention qui lui donnera le maximum de chances.
Voyons les résultats obtenus dans nos observations.
a. — Nos isolerons tout d'abord 7 cas avec enfants nés en élat de mort apparente et non ranimés, mais dont les bruits cardiaques ont élé suivis au cours du travail jus-
qu'à l'intervention. Sur ces 7 cas, nous relevons
Nombre |Mode d’accouch. Délivrance Suites de couches 4 Forceps 8 normales |3 fébriles (dont 1 arüficielle |2 inc. du col et TARA) 2 Naturels TLIDAEAT 1 fébrile (D. A.) ] Version DAY Normales
b. — Nous avons, en outre, 19 cas d'enfants morts
avant le travail ou au cours de celui-ci, en particulier
un cas avec début de pulréfaction. Sur 19 cas
= Ur.