L'INFECTION AMNIOTIQUE ET L'ENFANT
Le rôle de l'infection amniotique sur le fœtus est particulièrement important. Nous avons déjà dit qu'il était difficile du point de vue pathogénique de savoir la gradation des facteurs ; il semble. néanmoins que l'infection grave tue l'enfant, et que la mort de celuici détermine une sur-infection. Mais l'enfant né viable n’est pas à l'abri d’un développement ultérieur des germes microbiens. D'autant plus, que soit.par voie phcentaire, soit par résoption directe dans lœuf, il a reçu une grande quantité de toxines microbiennes qui déterminent un état de moindre résistance certain. Sur 90 observations d’I. A., nous trouvons
— A4 enfants vivants ;
— 19 en état de mort apparente et ranimés ;
— 9 en état de mort apparente el non ranimés ;
— 30 morts pendant le travail ;
— 3 morts el macérés,.
Cette énumération nous révèle 58 enfants vivants.
En fait, lors de Ja sortie des femmes de hôpital, c'est-
à-dire le dixième jour, le chiffre se réduit à 22. Soit 38 morts sur 90.
Ces chiffres nous prouvent que chez les enfants même nés vivants, le pronostic n’est pas absolument favorable : en effet, les conditions de toxicité persistent et par ailleurs, l'infection peut se développer sur un point quelconque de l'organisme de l'enfant (bronches, foie) et la mort survenir dans les jours qui suivent, Nous relevons 5 morts entre le deuxième et le seizième jour après la naissance, |
La plupart du temps, cette mort est survenue lentement, par pure débilité progressive, chez un enfant qui buvait peu et dont le poids diminuant chaque jour traduisait l'atteinte profonde de l'organisme par les toxines ou par les agents microbiens.
On a discuté pour savoir quel était le processus d’absorption des germes par le fœtus in-utéro. On a supposé (MerzGer) que l’absence de liquide déterminant une sécheresse du cordon aiderait à la mort du fœtus. L'absoption des microbes se ferait par le cordon d’une part, par les voies respiratoires d’autre part. Nous pensons que si ce processus est possible et même assez fréquent, il est aussi possible d'admettre que les toxines sont amenées directement par le sang placentaire, peut-être même les germes. Car l'enfant baignant complètement dans un milieu septique, on peut supposer que les téguments dont le pouvoir absorbant est bien connu, prennent une très grande part dans l’origine de la pénétration des toxines et des germes patho-
genes surtout au niveau des muqueuses. L’absorp-
MO es
tion par voie générale, comme le prouvent les frissons de la mère, semble être le témoin des résorptions par voie sanguine et passage dans le fœtus du fait de dissémination sahguine.
Lorsqu'une infection secondaire survient, ces faits sont parfois confirmés par les lésions de gangrène cutanée. De plus, on peut admettre que, si minutieuse que soit la désinfection de l'enfant, il persiste toujours sur ses téguments des germes qui, secondairement pourront pénétrer dans l'organisme par une voie quelconque. Nous répétons ici que sur 56 enfants nés vivants, 6 sont morts secondairément par débilité progressive.
En résumé, nous voyons que la proportion de la mortalité infantile, tant avant qu'après la naissance est considérable, 42,5 % presque 1 sur 2 ; mais aussi que la majorité des décès serait due à une intoxication massive par les germes microbiens, les complications infectieuses secondaires étant relativement rares.
Ici encore par conséquent nous pensons que l’avenir est dans une lutte anti-microbienne avant l’accouchement, dans la mise au point d’une vaccination de la mère, de la création d’une immunité maternelle
qui sauvera nombre d'enfants.