‹ Contribution à l'Étude de l'Influence du Moral sur le PhysiqueChapitre 34 sur 38 · EE · texte numérisé non relu

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cils contractés; ses mâchoires et ses lèvres sont serrées. Un tremblement convulsif agite ses membres. Une sueur froide se répand sur tout son corps. Ecrasé, pour ainsi dire, sous le poids de sa colère ce malheureux parfois ne peut ni remuer ni articuler une parole. Il reste immobile et silencieux. Tous ces symptômes éclatent au milieu d'un silence bien plus impressionnant que l’agitation, les cris et la violence des accès de colère expan-

sifs.

Dans la colère, on observe les effets d'une excitation violente du système nerveux sympathique. Dans les formes expansives de la colère, cette partie du système nerveux provoque à la périphérie du corps une dilatation générale de tous les vaisseaux sanguins et une congestion aiguë et presque instantanée de tous nos organes. Dans les autres formes, son excitation amène au contraire un rétrécissement général, une vaso-constriction de tous les vaisseaux sanguins, une anémie rapide et générale de la peau et de la congestion seulement dans les organes profonds.

Les troubles organiques dépendent tous de l'excessive activité du système. La rougeur de la face, de la tête et des autres parties, la dilatation des veines du tronc, du cou, sont le résultat des battements plus rapides du cœur, il y à une stase passagère du sang. Si la respira-

tion demeure suspendue pendant quelques instants et le

cœur semble cesser de battre, la colère provoque dans ce cas une pâleur extraordinaire et immédiate. La coloration du visage varie suivant les sentiments qui la provoquent.

Un pareil bouleversement de l'économie entraine les troubles organiques variabies dans leur gravité.

La colère qui, dans ces manifestations physiques, peut simuler si exactement la folie (tra furor brevis est) détermine plus rarement des troubles mentaux et arrive quelquefois à donner la mort.

Tissot cile quelques cas, en partie authentiques, de morts soudaines survenues dans un violent accès de fureur.

Dans de violents accès de colère, on a vu plusieurs fois les artères devenir anévrysmatiques, se rompre et déterminer la mort subite. Syla, Valentinien, Nerva, Venceslas, Isabeau de Bavière et de nombreux personnages illustres moururent à la suite d’un accès de colère.

La colère peut déterminer l'apparition de désordres sérieux. On a observé des cas où une vive colère provoque des hémorragies nasales, pulmonaires. Dans les nuits qui suivaient les luttes émouvantes de la Convention, Robespierre éprouvait des hémorragies nasales qui inondaient son lit. Marat ne pouvait soutenir une discussion un peu vive sans être saisi d’un accès de fièvre.

L'influence de la colère sur le foie est particulièrement directe et certains observateurs, prenant indüment l'effet pour la cause, ont considéré que la source de la colère

résidait dans une altération de cet organe. Imimédiate-

ment après un accès de colère il n'est pas rare de voir survenir des déjections ou des vomissements bilieux, quelquefois même l'ictère et l'hépatite, ainsi que les hernies plus ou moins volumineuse.

Les anciens médecins avaient déjà remarqué que la syncope, les convulsions, l'épilepsie, l’apoplexie, La paralysie, l’'encéphalite, l'hystérie et la manie furieuse ne sont que trop souvent le résultat de cette funeste émotion.

On a observé aussi l’avortement chez les femmes enceintes dans les violents accès de colère.

M. Darwin a observé chez un enfant de quatre mois que le premier symptôme d'une manifstation approchante de colère était l’affluence du sang dans le crâne découvert. Dans une colère excessive, comme dans toutes les passions violentes, l'action du cœur est empèchée, la face devient pâle, livide, les fonctions digestives et autres souffrent nécessairement du retrait du sang et de la puissance nerveuse.

La colère peut aussi accroître les forces musculaires et

motrices, en quelque sorte indéfiniment.

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