‹ Contribution à l'Étude de l'Insuline dans le traitement du Coma et du Précoma diabétiquesChapitre 26 sur 50 · OBSERVATION VIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VIII

Coma complet - Guérison

(Lion, CHABANIER, MINVIELLE.)

Mme Céj.…., 34 ans. Entre à l'hôpital le 27 décembre 1923 dans un état comateux.

A. H. Rien à signaler. Pas d'antécédents diabétiques.

A. P. Rougeole. Mariée en 1910: 4 grossesses, la quatrième en 1922 avec accouchement en 1923. 4 enfants morts en bas-âge.

Le début du diabète est difficile à préciser, mais semble remonter à juillet 1922.

En décembre 1922, début de grossesse; vomissements incoercibles. On trouve de l’albumine dans ses urines, mais on ne cherche pas le sucre et la malade, qui était allée à la campagne se reposer, fait un accouchement prématuré de 6 mois et demi, en juillet 1925.

En septembre 1923, troubles visuels (brouillards).

On trouve alors une glycosurie de 75 gr. pour 1.000 qui disparaît en trois semaines sous l'influence d’un régime.

La malade cesse son régime et les troubles généraux réapparaissent avec aggravation: Asthénie, polyphagie, polvdipsie et polyurie.

En octobre 1923: glycosurie: 25 grammes pour 1.000. L'état général s’altère rapidement et lamaigrissement devient considérable.

Le 25 décembre, la malade ressent brusquement une douleur épigastrique violente avec troubles visuels et, dans la soirée, elle entre assez brusquement dans le coma. On la transporte à l’hôpital le lendemain matin.

Examen. — Coma presque complet, pas de réponse aux questions, faible réaction au pincement ; de temps à autre phases d’agitation; facies pâle, yeux cernés, hypotension oculaire, langue sèche; odeur d’acétone perceptible à distance, respiration irrégulière (polypnée avee quelques pauses); pression abdominale profonde très douloureuse, vomissements, incontinence d'urine et des matières, diarrhée verte; abolition des réflexes; pupilles en myosis, mais réagissant à la lumière, bruits

du cœur très faibles (pouls à 150); température à 37°. Le cathétérisme de la vessie donne 10 ce. d'urine contenant en abondance de l’albumine, du sucre et de l’acétone qu'on ne peut doser; la glycémie est de 3 gr. 90. A 8 heures du matin, on injecte sous la peau 2 ampoules d'insuline (30 unités américaines) d’une solution du commerce.

À 13 heures, on refait une injection de 15 unités.

A 19 heures, on injecte 5 ce. d'insuline de Chabanier et du sérum glucosé isotonique.

Le 27, l’état reste stationnaire.

Le 28, on fait dans la journée 200 unités américaines.

Les urines contiennent 8 gr. de sucre sans acétone et à 18 heures, ni sucre, ni acétone.

Dès le matin, état meilleur: la malade répond aux questions parfois.

Le 29 décembre, amélioration et réveil devenant complet dans la journée. Plus de vomissements ni de diarrhée, langue meilleure, pouls à 112.

On trouve au matin 5 gr. de sucre dans les urines, qui disparaissent un peu plus tard et pas d’acétone, ni d’albumine.

Glycémie : 2 gr. 75. Urée dans le sang: 1 gr. 22.

Même dose d'insuline que la veille et ingestion de 150 grammes de sucre dans les 24 heures.

Le 30 décembre, aspect encore meilleur et injection en trois fois de 104 unités américaines: ni sucre, ni acétone dans ies urines.

Le 31, le rétablissement s’accentue. 120 unités en 3 piqûres. Glycémie à 1 gr. 80.

Le 4° janvier, rétablissement complet, réalimentation tout en continuant l'insuline ‘dont on injecte 80 unités

RTE

en ? fois. On augmente progressivement la ration d’hydrates de carbone de 90 à 170 grammes.

La malade se transforme et le taux de l’urée retombe à 0 gr. 22 dans le sang le 19 janvier 1924, sans que la glycosurie et l’acétonurie ait cessé d'être nulle ou minime.

Page 1