OBSERVATION IX
Coma complet : Guérison,
mais mort par infection secondaire
(P. Mauriac, F. PIÉCHAUD, AUBERTIN et SERVANTIE)
M. D... 42 ans, diabétique depuis 1915, vient consulter parce qu'il a maigri de 12 kilogr. en six mois.
Polyurie 3 lit. ; glycosurie 61 gr. 40 pour 1.000 ; acétonurie 3 gr. 50 pour 1.000 ; glycémie 4 gr. 40.
Du 19 Décembre 1923 au 22 Janvier 1924, il est soumis à une cure quotidienne d'insuline, à raison de 15 unités par jour. L'acétone disparaît dès le 24 décembre, le sucre tombe à 43 grammes ; la glycémie se maintient à 2 gr. 30. Le malade engraisse de 6 kilogs.
Les régions où étaient pratiquées les injections devenant douloureuses, on interrompt le médicament pro-
gressivement, en faisant une piqûre par jour pendant cinq jours. Le 13 Janvier, on cesse complètement le traitement et on institue un régime sévère.
Le 22 Janvier, on trouve le malade étendu, dyspnéique, somnolent, dans un subcoma, ne s'apercevant pas de notre présence, mais ouvrant les yeux lorsqu'on appelle avec insistance. Une forte odeur d’acétone règne dans la chambre.
Polyurie 3 lit. ; glycosurie 34 gr. pour 1.000 ; acétonurie 3 gr. 92 pour 1.000.
A 5 heures du soir, le même jour, on pratique une injection intraveineuse d’Insuline de 5 ce. et une seconde injection sous cutanée. À 11 heures du soir, troisième injection sous cutanée de 5 ce. Le malade ne se rend pas compte des piqûres. À 10 heures le lendemain matin, quatrième injection. Entre temps, lavement glucosé de 500 grammes à 20 pour 1.000 et tisanes sucrées dès que le malade se réveille. En effet, le 23 Janvier au matin, le malade ouvre les veux. parle, reprend connaissance. Ainsi, en 24 heures, on a injecté 25 ce. d'insuline, dont 5 intaveineux et le malade est tiré de son coma.
Par la suite, la cure fut continuée et le 30 janvier, les urines ne contenaient plus que 11 grammes de sucre par litre et 0 gr. 07 d’acétone.
Malheureusement, à la suite des nombreuses piqûres qu'il avait reçues dans les fesses, le malade fit de chaque côté un gros abcès, excessivement douloureux, el qui nécessita une ponction. Le pus était d'abord aseptique, mais rapidement le staphylocoque apparut et peu à peu l'infection se généralisa et le malade mourut de pyohémie.
Ni