OBSERVATION X
Coma complet : Mort d’affection secondaire
(CHABANIER, LoBo ONELL, M. LEBERT)
Mme L.., 63 ans, diabétique depuis décembre 1922. En mai 1923, amaigrissement et perte des forces; glycosurie: 44 gr. 68 pour 1.000 avec un volume de 3 à 4 litres par 24 heures.
A ce moment, la malade fait un érysipèle de la face qui dure dix jours, mais, quoique guérie, elle demeure faible avec un état marqué d’agitation nocturne et de prostration diurne. Température: 37°. Le médecin, redoutant la possibilité d'accidents acidosiques, postinfeetieux, fait rechercher les corps cétoniques: la recherche est négative.
Le 8 juin débute une somnolence qui va en augmentant; appétit presque nul.
Le 1% juin, l’état est devenu précomateux : somnolence, respiration ralentie (12) avec ébauche de Kussmaul. Cœur bien frappé. Rien au poumon.
Les urines contiennent en abondance des corps cétoniques. Dans la soirée on injecte à cette malade sous la peau 1 ce, d’une préparation commerciale d'insuline,
Le 15 juin, la somnolence augmente malgré l'injection de 2 ce. d'insuline et le 16 au matin, le coma est complet avec inconsciente totale, immobilité et sensibilité nulles: dyspnée intense (37): respiration pénible
\ / entrecoupée de soupirs profonds. La température, qui est à 38°, semble en rapport avec une escarre sacrée apparue la veille; pouls faible et accéléré.
Azotémie: 0 gr. 683; Constante d'Ambard: 0,340.
Il y à donc une déficience marquée de la fonction rénale.
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Glycémie: 3 gr. 40; glycosurie: 33 gr. 40 par 24 heures.
Dans l’après-midi de la même journée, on fait une injection sous-eutanée de 5 unités de l'insuline, préparée par Chabanier. Toutes les 5 heures, on injecte sous la peau 5 unités et on administre chaque fois 20 grammes de glucose.
A 10 heures 30 du soir, même état: Glycosurie: 96 grammes 79 pour 1.000; corps cétoniques: 0 gr. 142; urée dans l'urine: 12 gr. 20 par litre.
Le 17 juin, au matin, début de réveil; dyspnée presque nulle. On continue le traitement insuline glucose.
Glycémie : 3 gr. 89; azotémie: 0 gr. 94; température à 97° 4; pouls à 112; glycosurie: 92 gr. 45 pour 1.000; urée dans l'urine: 12 gr. 71 ; acétonurie: 0.
On continue le traitement dans l'après-midi: Réveil plus marqué; la malade parle et demande à manger. On fait une injection intraveineuse de 2 ec. 1/2 d’insuline.
Le 18 juin, le réveil est complet. :
Glycémie à 2 gr. 44: azotémie à 0 gr. 68; glycosurie à 31 gr. 35; urée dans l'urine à 12 gr. 35.
On continue à raison de 2 par jour les piqûres d'insuline intraveineuses de 3 unités chacune; en même temps, huile camphrée, spartéine.
Le 21 juin, on réduit l'insuline, amélioration continuant et on reprend l'alimentation le 22.
Le 24 juin, l’état général est excellent: température à 37°5 ; azotémie à 0 gr. 212 : constante d'Ambard à 0,087; glycémie à 3 gr. 31; acétonurie à (.
Le 26 juin, la malade, très fatiguée, refuse toute nourriture et urine très peu.
Le 27, grand frisson solennel avec température à 40°5; face vultueuse, langue sèche, dyspnée (60), pouls faible et rapide. L’auscultation révèle une pneumonie de la base droite.
Les urines de la nuit contiennent 2 gr. 60 de glucose pour 1.000, la glycémie est à 2 gr. 23; l’azotémie à 0 gr. 22; l'acétonurie à 0 et le 28 juin, mort à 6 heures du matin.