OBSERVATION XVII
Coma complet : Mort
(Devic et CONTAMIN)
Mademoiselle X..., 25 ans, qui maigrissait depuis 3 semaines, avec polydipsie, présente quelques vomissements ; le lendemain matin, à 6 heures, elle se dit lasse et dyspnéique. Vers 10 heures, elle devient somnolente. À 2 heures de l'après-midi on la trouve dans le coma complet, sans autres signes qu'une respiration accélérée avec expiration très brève. La malade est aussitôt transportée dans le service de M. Bériel et, à 5 heures du soir, les urines donnent une réaction d’Imbert et Bonnamour positive et contiennent de grosses quantités de sucre. Abolition des réflexes. Ce n'est qu'à 71 heures qu'on peut faire la première injection d'insuline, 3 ce. intramuseulaire, suivie trois heures après de 2 cc. 5 intraveineux et 1 heure du matin à nouveau de 5 centimètres cubes. On fait également du sérum glucosé intraveineux. La malade ne sort pas du coma et meurt à 8 heures du matin avec une température
de 40°3. C'est seulement quelques heures avant la mort que l’odeur d’acétone est perçue.
L’urée sanguine s'élevait à 1 gr. 58 par litre : le dosage du sucre sanguin n'a pu être fait.
La malade n'avait jamais été vue par un médecin et n'avait donc jamais eu de régime.
L'autopsie est faite trente heures après la mort, ïe cadavre étant dans un état de putréfaction vraiment extraordinaire. Ni le cerveau ni l'hypophyse ne présentent de lésions visibles macroscopiquement.
L'examen histologique montre seulement un peu d’inflammation rénale et, sur le foie, de la dégénérescence graisseuse, mais les résultats restent douteux vu l'intensité de la putréfaction. Quant au pancréas, il à été impossible d'interpréter les coupes.