‹ Contribution à l'Étude de l'Insuline dans le traitement du Coma et du Précoma diabétiquesChapitre 39 sur 50 · OBSERVATION XX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XX

Coma complet : Mort

(Due à l’obligeance du D' Houer..)

Mme F..., 43 ans, veuve depuis 1922, (mari mort de la grippe). diabétique depuis environ 3 ans : Polyphagie, polydipsie, polyurie (3 litres par jour) ; glycosurie abondante (la dernière analyse pratiquée donnait 183 grammes de sucre par 24 heures) ; malgré cela n’a jamais suivi de régime, ne s’est Jamais soignée régulièrement et n'a pas maigri.

Le 29 Novembre, la malade prend froid et fait une pneumonie du côté gauche.

Le D' Houël prescrit le traitement habituel et demande une analyse d’urines qui révèle la présence de 60 grammes de glucose par litre sans acétone, ni acide diacétique ; mais avec sels biliaires et urobiline.

Il institue cependant un traitement alcalin par le bicarbonate de soude à raison de 15 grammes par jour en ingestion.

Le 15 Décembre, la malade recommence à manger avec appêtit et entre en convalescence. Celle-ci suit son cours jusque dans les premiers jours de Janvier et se poursuit régulièrement, malgré la persistance de râles et d’expectoration, mais plus lentement qu'à l’ordinaire.

Les urines ne contiennent toujours ni acétone, ni acide diacétique.

Brusquement, dans la nuit du 7 au 8 janvier, apparaissent des accidents inquiétants : faiblesses, lipotymies, pâleur du visage, sensation d'angoisse qui persistent jusqu’au matin.

Appelé auprès de la malade le 8 janvier au matin, le médecin est frappé par l’altération de ses traits : visage pâle, yeux cernés, ailes du nez battantes, dyspnée assez intense. Le pouls petit et rapide bat à 120, le cœur est sourd. L’haleine présente une légère odeur de pomme reinette. Le docteur injecte de l'huile camphrée et de la caféine et fait absorber à la malade 20 grammes de bicarbonate de soude.

Les urines sont plus rares et l'analyse révèle la présence d’une quantité importante d’acétone et d’acide diacétique ; la glycosurie est de 40 grammes par litre.

En présence de cet état alarmant, le D' Houél, demande à Monsieur le Professeur Ardin-Delteil de vouloir bien examiner la malade.

La consultation a lieu à 10 heures du matin, mais le coma a déjà débuté depuis 1 heure environ.

La perte de connaissance est absolue, la résolution musculaire totale ; larespiration présente nettement le type de Kussmaul et l’haleine exhale une odeur caractéristique d’acétone, qui emplit la chambre et frappe dès l'entrée.

La malade est étendue sur son lit, le facies pâle, les veux clos. Le pouls petit et défaillant dépasse 120 pulsations ; les bruits du cœur sont assourdis.

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M. le Professeur Ardin-Delteïl confirme le diagnostie de coma diabétique et, tout en portant un pronostic des plus graves, décide de tenter le traitement par l’insuline. La première injection intraveineuse est faite à 10 h. 45, c'est-à-dire environ { h. 45 après le début des accidents comateux et comporte 10 unités physiologiques Byla ( ou 30 unités cliniques).

Par précaution, dans l'impossibilité d’avoir le taux de la glycémie, le D' H... pratique une injection sous cutanée d’un milligramme d’adrénaline.

A 1 h. 30 de l’après-midi, on fait une injection de 10 unités Byla intramuseulaire.

A 4 h. 30 nouvelle injection de 10 unités.

Aucun changement dans l’état de la malade : la dvspnée augmente.

À 5 h. 30, devant l’aggravation de l’état de la malade, nouvelle injection intraveineuse de 5 unités et intramusculaire de 10 unités.

La malade à done reçu dans la journée un total de

9 ampoules de 5 unités chacune dont 3 intraveineuses.

Malgré cette thérapeutique, le coma semble progresser rapidement ; le pouls est très petit, à peine perceptible et très rapide ; la dyspnée s’accentue, les lèvres se cyanosent. Devant ces symptômes, on décide d’injecter par voie intraveineuse un litre de sérum bicarbonaté à 17 p. 1.000. L’injection est réalisée très lentement, sans incident, ni difficulté.

Mais l’état de la malade s'aggrave d'instant en instant ; le pouls devient incomptable, les extrémités se refroidissent, les mouvements respiratoires #’espacent, et malgré l'administration répétée de tonicardiaques,

rire

la mort survient le 9 Janvier 1924, à 4 h. 30 du matin, sans que la malade ait une seule fois repris connaissance, 16 h. 30 environ seulement après le début du coma.

Ole

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