‹ Contribution à l'Étude de l'Intervention d'Urgence dans les Cas d'Inondation Péritonéale: par rupture de grossesse tubaireChapitre 7 sur 23 · EVOLUTION GÉNÉRALE DES IDÉES · texte numérisé non relu

EVOLUTION GÉNÉRALE DES IDÉES

Dans lhistoire des hémorragies périutérines la phase thérapeutique commence à la période contemporaine. En effet, jusqu'en 1850, les faits restent rares, ils se réduisent à des trouvailles d’autopsie. Entre l’année 1850 et l’année 1885 se déroule la période clinique de fa question. Nélaton donne le premier une description anatomopethologique parfaite des hémorragies périutérines, mais l1 pathogénie en reste absolument obscure. Elle s'éclaire par la thèse d’agrégation que lui consacre M. le Professeur Poncet, mais c’est à Lawson-Tait que revient l’honneur de montrer en 1885 que les neuf dixièmes des cas d'hémorragies périutérines sont dus à la rupture d’un kyste fœtal de grossesse tubaire.

Les travaux de Lawson-Tait n’ont pas seulement le mérite d’élucider clairement l’étiologie et la pathogénie de Faffection, mais aussi de poser pour Ia première fois la question du traitement et d'y répondre par une formule précise : « L'intervention rapide dans tous les cas ».

Dans son livre paru en 1886 (Lectures en ectopic pregnancy and pelvic hæmatocele) il'écrit : « Pour combattre une hémorragie chirurgicale il faut inciser et lier le vais-

seau qui donne. Si une branche de l'artère fémorale était

lésée, ceux de mes collègues qui s'occupent de chirurgie n’hésiteraient pas à intervenir et ils Jieraient le vaisseau. Pourquoi le ligament de Poupart devrait-il être la ligne de démarcation que,ne doivent pas franchir les grands principes de la chirurgie moderne ? »

Une date : 1883, et un nom : Lawson-Tait, marquent done le point de départ historique de fa question.

La thèse de Gestan en 1894 vint confirmer les vues de ce premier auteur. Îl préconisait la laparatomie hâtive et apportait une slatistique particulièrement éloquente. (L'abstention opératoire donnait 85,8 o/o de mortalité ; l'intervention immédiate 8,7 o/o de guérisons).

En 1900, au Congrès de Gynécologie de Marseille, le rapport de Sezond fut un plaidoyer en faveur de l'intervention immédiate. ; :

Depuis cette date la doctrine de la nécessité de l’opération précoce devint classique. Nous ne saurions mieux la résumer que dans ces lignes du Professeur Pozzi

« La question du traitement par la laparatomie discutée il y a quelques années ne l’est plus aujourd’hui... Femporiser, compter sur l'hémostase spontanée, c'est dans la grande majorité des cas laisser mourir la femme pour ne pas assumer la responsabilité d'une opération cent fois moins graye que l'attente. » (Pozzi. Traité de Gynécologie, 1907).

La théorie de l'intervention immédiate dans les accidents dramatiques d'inondation péritonéales régnait donc généralement sans contestation jusqu’au jour où, en 1907, élle fut vivement battue en brèche par deux gynécologues américains Hunter Robb et F. F. Simpson. Hs

‘furent les promoteurs d'une conception opératoire nouvelle, celle de la temporisation.

La question fut très discutée au Congrès Américain de Gynécologie de-Philadelphie, en 1908. MM. Robb et Simpson y exposèrent leurs idées et les formulèrent dans Ja revue ainéricaine «American Journal of Obstetrics ».

Dans un article de « La Semaine Médicale » du 4 novembre 1908, M. le Professeur De Bovis, de Reims, exposait les argumentations en présence : théorie classique et théorie temporisatrice de MM. Robb et Simpson.

La question ainsi remise à l’ordre du jour, fut examinée et discutée au xxr° Congrès français de chirurgie de 1908 : Les deux conceptions s’opposèrent l’une à l'autre avec chacune d’ardents défenseurs. Les professeurs Pinard et Pozzi furent les champions de l'opinion classique: Parmi les partisans résolus de la temporisation, M. Albertin, chirurgien des Hôpitaux de Lyon, à propos de soixante cas personnels d'intervention pour rupture de grossesse tubaire, souleva le débat qui d’ailleurs ne fut as tranché. M. Aïbertin, en collaboration avec M. Des-

gouttes, reprit ses idées dans deux article du « Lyon- Chirurgical », mars et avril 1909, où est exposée sous sa forme définitive la théorie de l'intervention retardée.

- Parmi les temporisateurs citons en France outre MM. Albertin etDesgouttes, dès 1000 et 1905 MM. Laroyenne et Condamin, à Lyon. En Amérique avec Robb et Simpson, M. Boldt ; Engstrôm, en Finlance ; Gossmann. en Allemagne. En Hollande, Kouwer et le Professeur Freub, qui apporta à la Société d’'Obstétrique de France , (Session d'octobre 1408) dans une communication basée

sur 151 cas personnels et 331 cas étudiés par son assis-

tante, Mademoiselle Van-Kæsteren, des faits absolument favorables à une méthode de temporisation. ;

Depuis cette époque le débat reste ouvert et l'on retrouve dans la littérature médicale des observations s'efforçant d'apporter des éléments favorables à l'une ou à l’autre conception opératoire.

La discussion est encore une fois reprise sur ce sujet à la Société d’obstétrique de Paris (Séance du r2 juillet 1909). Mentionnons encore un article de M. Muller, avec une observation très détaillée, paru dans « Lyon-Chirurgical » de décembre 1909, favorable aux idées temporasatrices et une discussion sur ce sujet à la Société de Chirurgie de Lyon, dans la séance du 17 février 1910.

En 1910, la thèse de Gesswiller, à Lyon, met en valeur

les avantages de Fintervention tardive.

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