‹ Contribution à l'étude de l'intoxication phosphoréeChapitre 11 sur 12 · AT E · texte numérisé non relu

AT E

Tâches purpuriques sur l’épiploon, le péricarde, lecœur, le rein, le pancréas et surtout à la face postérieure des deux plèvres.

Le foie déborde à peine le rebord costal. Il pèse 1 k. 850. Il est gras : uniformément jaune, tant sur sa surface que sur les coupes.

Estomac : hémorragie diffuse.

Rate : banale.

Reins : gros, mous, blancs, paraissent totalement

dégénérés comme le foie.

Cœur : macroscopiquement on ne note que des hémorragies.

Adhérences à la base du poumon droit.

Larynx normal.

Cerveau et méninges : aspect normal.

EXAMEN HISTOLOGIQUE. — La structure du foie est profondément modifiée : la majorité du protoplasme des cellules hépatiques est granuleux et en voie de dégénérescence graisseuse, dans la majorité des cellules qui prennent un aspect vacuolé. En beaucoup de régions le noyau est refoulé à la périphérie ou même a disparu et la cellule a subi une dégénérescence totale prenant l’aspect d’un lobule graisseux.

Le rein, le cœur, un hémisphère cérébral sont ba-

haux.

En résumé, il s’agit d’une jeune femme ayant succombé cinq jours et demi après absorption de phosphore blanc, à des accidents brutaux d’insuffisance

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hépatique, et il y a tout lieu de croire que le bulbe de scille qu’elle a aussi ingéré n’a pas modifié le tableau clinique d’une manière bien sensible.

Nous n’insisterons pas à nouveau sur les éléments du diagnostic tant ils sont calqués sur ceux du cas précédent, et nous mentionnerons un certain nombre de points qui nous ont paru dignes de quelque intérêt et justifier cette étude.

Un point a particulièrement frappé ceux qui ont assisté à l’évolution de ces cas : c’est la brutalité de l’évolution de l’ictère grave, qui nous a semblé conslituer un des éléments essentiels du tableau clinique.

Pendant la première période, pendant la période dite de rémission et dans le deuxième cas pendant les premiers jours de la troisième période, les malades ont paru supporter très bien leur intoxication. Seuls lictère et l’oligurie engageaient à n’améliorer en rien le pronostic très grave de l’intoxication phosphorée.

Et c’est subitement, en quelques heures, que Pétat général s’est aggravé, que sont apparus simultanément la polypnée, la tachycardie, l’hypotension, la somnolence ; et alors il a été impossible d'amener plus que la rétrocession très légère et momentanée de

ces signes ; et les malades sont morts en quelques Beures. |

Dans les deux cas on a noté, dans les dernières heure5, des douleurs abdominales d’une violence qui semblait vraiment très vive et l’on a pensé qu’elles étaient

probablement en rapport avec le purpura abdominal qui a été trouvé à l’autopsie.

Quant au traitement, la classique essence de thérébenthine ne semble pas avoir eu ici plus de résultats que dans beaucoup d’autres cas. On a administré plusieurs grammes en sirop le premier jour.

Dès le début, on a essayé les extraits hépatiques à forte dose, 50 gr. par jour pendant quatre jours. D’ailleurs, le fait que des deux extraits utilisés l’un aurait une concentration cent fois supérieure à celle de Pautre suggère qu’il y a encore beaucoup à apprendre dans ce domaine.

Enfin, dans un cas, le sérum sucré à forte dose, essayé in extremis, a paru soulager nettement la malade.

Nous n’avons pu essayer la lipase hépatique qui a donné des succès en Indochine.

Avant de conclure, on peut se demander quelles ont été les doses ingérées par les malades,

Nous ne le savons pas.

En effet, nous ne savons pas s'ils ont ingéré tout ce qu'ils ont avoué avoir absorbé; nous ne savons pas s’ils en ont rejeté après les premiers vomissements, qui ont eu lieu avant leur arrivée à l’hôpital.

Aussi ce n’est qu’à titre d'indication que nous relevons ce qui suit.

Le premier malade avoue « plusieurs » flacons de mort-aux-rats. Le deuxième un flacon entier de pâte phosphorée.

EDR

Nous avons pu retrouver dans la littérature la composition suivante pour une pâte raticide phosphorée

fraîche : ë NS eau 80 % graisse 1,85 phosphore blanc 0,25 à 0,30 phosphore oxydé 0,40 à 0,45 excipient | 17,45

ce qui représente 250 à 300 milligrammes pour 100 grammes.

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