‹ Contribution à l'étude de l'intradermo-réaction à l'histamine: Résultats obtenus dans certaines affections artériellesChapitre 11 sur 52 · J, DE B · texte numérisé non relu

J, DE B

font pas partie non plus du parasympathique — l’injection d’atropine, inhibiteur du vague, n'empêche en rien la vaso-dilatation. Il s’agirait d’un troisième eroupe de fibres réagissant spécialement à lhistamine (fibres histaminergiques), comme les fibres sympathiques réagissent à l’adrénaline et les fibres para-sympathiques à la choline (Un&ar). Leur réaction amèênerait la production d’histamime. UnGar donne comme preuve de ce mécanisme l’histaminogénèse cutanée provoquée mécaniquement sans introduction d’histamine étrangère et que de nombreux faits expérimentaux ont mis en évidence (UNGaR, Tinei, IANKowsKkI, Lewis, FOURNIER).

IL est intéressant de relater ici, succinctement, les plus démonstratifs d’entre eux :

Tinez et UnGar plongent la patte d’un chien dans de l’eau très chaude : il se produit des phénomènes généraux dont le déclenchement de la sécrétion gastrique, comme après injection d’histamine. [an- Kkowsk1 analyse les propriétés physiologiques du sang veineux d’un chien avant et après un bain chaud : le sang de deuxième venue est hypotenseur, déclenche la constriction des muscles lisses et peut déterminer un choc de type histaminique ; il possède, en somme, les propriétés de l’histamine. I] en est de même avec du sang prélevé après une brûlure ou une irradiation par les rayons X ou les ultra-violets. ALECHINSKY provoque une réaction du type Lewis par une simple irritation cutanée (jet d’eau filiforme). Il prélève du liquide dans la boule d’œdème,

l’injecte dans le derme d’un autre sujet et détermine une réaction histaminique caractéristique.

Voici les conclusions auxquelles ces différents auteurs ont été amenés : l’histaminogénèse cutanée, qu’elle soit provoquée par un facteur mécanique, tel une irritation par la chaleur, une brûlure, une irradiation, une injection intradermique d’eau distillée, une pointe de feu, ou qu’elle soit le résultat de l’introduction dans le derme d’une histamine étrangère, provoque la plaque érythémateuse.

Il est encore un point que nous n’avons pas abordé — le terme d’aréole, d’érythème, a été qualifié de réflexe, Les théories proposées le font penser. Mais la nature de ce réflexe est encore obscure. Certains, par ailleurs, le nient, pensant qu’il y a simple propagation de la substance le long des filets nerveux de la peau, filets disposés en réseaux particulièrement riches autour des vaisseaux capillaires.

$ 4. La réaction cutanée à l’histamine en pathologie.

Il était naturel qu'on se serve de la réaction histaminique comme moyen de déceler une perturbation dans le fonctionnement du système capillaire cutané, qu’il résulte d’une lésion locale ou d’un trouble général, qu'il soit le fait d’altérations portant sur le système circulatoire ou sur le système nerveux. Certes, l'interprétation des résultats n’est pas toujours aisée ; la sensibilité même de l'épreuve et les facteurs individuels ne manquent pas d’en multiplier la difficulté. I] faut, par ailleurs, choisir le signe de

la triade qui semble présenter les variations les plus nettés en face d’une altération pathologique donnée. Certains auteurs tiennent en considération la réponse vaso-dilatatrice que traduit l’érythème, d’autres les variations dé la perméabilité capillaire que traduit l’œdème, d’autres enfin envisagent AO sle de la triade. |

‘Ainsi, des réactions à l’histamine ont été pratiquées chez toutes sortes de malades.

a) Chez des sujets hypersensibles, présentant un syndrome relevant de l’anaphylaxie — tels l’urticaire, l’asthme, la migraine, — l'intensité de la réaction serait considérable, l’œdème beaucoup plus grand que chez les sujéts normaux, souvent très polycyclique avec des prolongements, l’érythème atteindrait des dimensions extrêmes, entouré de nombreuses plaques ‘aberrantes ; le prurit serait intense ; tous les signes, en somme, seraient exagérés et d’une importance double ou triple des réactions normales moyennes. Des expériences et dosages de Parroï, il semble qu’au cours de l’accès d’asthme, l’histaminémie augmente, de même au cours d’une crise de migraine ; le déclenchement d’une crise d'asthme ou d’un accès de migraine a pu se produire sous l’influence d’une injection d’histamine. Il semble que ce ne soit qu'au moment de l'élévation du taux de l’histamine sanguine que la réaction cutanée prend une intensité exagérée. Mais alors que tous les individus atteints d'asthme, de migraine ou d’urticaire ne font pas de telles réactions, il y a des sujets, clini-

quement, indemnes de manifestations. anaphylactiques et chez: lesquels l’interrogatoire n’en, relève aucun indice antérieur, qui répondent intensément. Nous avons observé chez trois femmes jeunes (15. 18 et 32 ans), en excellente santé, des réponses tout à fait excessives : des boules d’œdème un peu plus grandes que normalement, des plaques d’étythème géantes, à tel point, qu’il y avait fusion entre celles du bras et de l’avant-bras et celles de la cuisse et de. la jambe, que les membres supérieurs et inférieurs étaient presque uniformément rouges — à -peine pouvait-on délimiter un espace de peau normale, d'ailleurs parsemée de plaques rouges aberrantes — un syndrome général important — rougeur et chaleur de la face, larmoiement, tachycardie. Rapides dans leur apparition, intenses dans leurs manifestations, ces réactions persistèrent un peu plus d’une heure dans les trois cas.

b) FIESSINGER, ‘: Rôrok et © RAJKA, (GaAJDos, Roussy et MosiNGER ont remarqué la diminution de la plaque érythémateuse au cours de troubles nerveux périphériques et centraux, voire même son absence. D'après les recherches de Fournier, il ne semble pas que ce comportement soit la règle. Nousmême avons observé plusieurs hémiplégies dans lesquelles. les réactions étaient normales. On ne pouvait même pas noter de différence sut entre le côté Sain et le côté malade. |

n) Les troubles circulatoires peuvent. modifier la réponse. cutanée à l'introduction de l’histamine, de

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même les troubles vaso-moteurs. Ceci fut mis en lumière par E. Dicker au cours de diverses variétés d’hypertensions et par SrarrR au cours d’artérites diabétiques. Voici leurs conclusions :

— La réaction cutanée à l’histamine dans l'hyper- : tension et la néphrite hypertensive. —. De nombreuses observations de E. Dicker portent sur des cas d’hypertension essentielle, des cas d’hypertension accompagnée de néphrite et des cas de néphrite hypertensive apparue au cours de maladies infectieuses. Son étude envisage les réactions des capillaires à l’histamine d’une part, à l’acétylcholine d'autre part ; les résultats obtenus sont parallèles.

Chez les sujets atteints d’hypertension artérielle solitaire, la surface de l’érythème que provoque l'introduction intradermique d’histamine, est en môyenne sensiblement la même que celle obtenue chez les individus normaux ; si, dans certains cas, l’auteur a pu noter une légère diminution de cette surface, il n’a pas remarqué de différence nette dans l’intensité. Ces remarques sont déduites de l'observation de 45 cas d’hypertension bénigne avec sclérose vasculaire périphérique (hypertension essentielle).

Chez les hypertendus, où entre en ligne de compte un facteur rénal de néphrite ou de néphro-angiosclérose, 1l n’en est pas de même. Dans 25 cas d’hypertendus dits « pâles », selon l’expression de VozHARD la surface de l’étythème est très diminuée dans son intensité et dans ses dimensions ; c’est ainsi que les chiffres évoluent entre 3 cm? et 12 cm? ; 8 em? en

moyenne. Dans les affections susceptibles de déterminer une variation tensionnelle passagère par atteinte rénale, telle la scarlatine ou une angine à streptocoques, où l'observation d’une néphrite aiguë s’accompagne fréquemment d’une hypertension de durée variable, l’érythème provoqué est également d’intensité et de dimensions réduites comme dans les cas de néphropathies hypertensives chroniques. Deux réactions pratiquées chez le même malade, l’une avant la complication rénale hypertensive, l’autre au cours de cette complication, ont donné respectivement des érythèmes de 22 em? et de 9 cm2.

Dans un cas d’hypertension survenue au décours d’une angine streptococcique, l'atteinte rénale est apparue cliniquement alors que la réaction histaminique présentait déjà des altérations de son intensité et de sa surface ; ces altérations se sont accentuées au cours de l’évolution de la néphrite qui, par la suite, devint chronique et entraîna la mort par urémie.

E. Dicxer conclut que ces faits donnent à la conception de VocHARD des arguments de grande valeur. D’après l’opinion de Vocxar», l'hypertension essentielle relèverait d’un trouble de la régulation neuro-humorale qu’accompagnerait une perte de l’élasticité artérielle, tandis que l'hypertension maligne, celle des néphropathies, serait déterminée par un spasme artériolaire provoqué par des subs- ‘tances vaso-constrictives répandues dans la circulation. On constate, en effet, que l’action dilatatrice locale de l’histamine s’exerce dans le premier cas

alors que dans le second elle s'oppose à une:résistance constringente des vaisseaux artériolaires. La troisième conclusion que tire de ses recherches E. DIÈkER, : concerne la précession, de l’état hypertensif et de la vaso-constriction périphérique qui s’installe en même temps sur la néphrite, «si l’on considère, dit-il, que . le début de la néphrite est marqué par l'apparition de l’albuminurie ». |

— La réaction cutanée à l’histamine dans le diabète. — Srarr, aux États-Unis a publié, en 1934, le résultat de ses recherches sur la valeur pronostique de la réaction à l’histamine dans l’apparition possible de gangrène du pied au cours du diabète. Les conclusions portent sur 89 malades suivis pendant cinq ans. STARR ramène les réponses obtenues. à trois types ; la réaction normale d’apparition totale en cinq minutes ; la réaction du type I, caractérisée par l’apparition un peu retardée, mais de cinq minutes au plus, de l’érythème ou de la papule d’œdème ou des deux à la fois, et la réaction. du type IIT qui comprend d’une part les réactions complètes mais retardées au delà de la dixième minute et accompagnées de la diminution d'intensité et de surface de l’érythème, d’autre part les réactions incomplètes où fait défaut l’œdème ou l’érythème ; lPintroduction d’histamine est faite au pied et à Ja jambe. Voici les conclusions de l’auteur : «Aucun des malades, chez qui la réaction fut normale en. 1929. n'a présenté d'accidents circulatoires au niveau des pieds durant les cinq années consécutives.

Aer

«Sur les 32 patients, dont les réactions furent du type Tlen 1929, 5 séulement n’ont pas fait d’accidents sérieux ; 4 ont fait de la gangrène ; 4 ont présenté des ulcérations et de l'infection chronique réclamant lhospitalisation, et 6 ont souffert de troubles circulatoires des pieds sans lésion importante. »

«Associé: aux constatations ‘cliniques, ce test procure un moyen simple de diviser les cas de diabète sucré en trois groupes : celui des malades non immédiatement menacés de perturbations vasculaires périphéri ques ; celui des malades chez lesquels il sera nécessaire de prendre des précautions particulières pour éviter leur développement ; et enfin un troisième groupe intermédiaire. »

d) La réaction cutanée à l’histamine chez les hépatiques. — Signe de KLEIN. s

Dans la thèse dé R. SprrA, inspirée par M. Lorrer, la boule d’œdème, second élément de la triade de Lewis, a été étudiée dans ses variations de colorabilité chez les hépatiques et les ictériques. Au bout de dix à quinze minutes, l’œdème histamimique prend une teinte jaune variable dans $on intensité, aussi bien chez des malades non attemnts d’ictère où la coloration est alors relativement pâle, que chez des ictériques où elle est très franche. Due à la présence de bilirubine dans le sang, cette coloration — cet ictère provoqué — Jui est proportionnelle, c’est-à-dire qu’elle est de plus en plus nette au fur et à mesure que croît la bilirubinémie. Ainsi chez des hépatiques, l’intradermo-réaction à J’histamine représente un

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